Bertrand Ludes
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Université Strasbourg-I (jusqu'en )
| Directeur Institut médico-légal de Paris | |
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| depuis le | |
| Doyen Faculté de médecine de Strasbourg | |
| - | |
Pierre Gerlinger (d) Jean Sibilia (d) | |
| Directeur Institut de médecine légale de Strasbourg | |
| - | |
André-Jean Chaumont (d) Jean-Sébastien Raul (d) |
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Bertrand Pierre Ludes |
| Nationalité | |
| Formation |
Université Strasbourg-I (jusqu'en ) Université Strasbourg-I (jusqu'en ) |
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| A travaillé pour | |
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Médaille d'or de la Renaissance française (d) () Chevalier de la Légion d'honneur () Officier de l'ordre national du Mérite () |
Bertrand Ludes, né le à Strasbourg, est un médecin légiste français, directeur de l’Institut médico-légal de Paris depuis le .
Bertrand Pierre Ludes naît le , il est le fils de Paul Ludes, fonctionnaire territorial et de Monique Gabel.
Après des études secondaires au lycée international des Pontonniers, il débute ses études de médecine à la faculté de médecine de Strasbourg en 1977[1].
Il s’oriente très tôt[Quand ?] vers la médecine légale et obtient en 1992 un poste de maître de conférences à la faculté de médecine de Strasbourg. Dans cette même université, il devient ensuite professeur et accède aux fonctions de doyen de la faculté de médecine, marquant l’histoire de l’institution par son engagement dans la formation et la recherche en sciences forensiques[2].
En 2013, il succède à Dominique Lecomte et prend la direction de l’Institut médico-légal de Paris, situé quai de la Rapée. À ce poste, il conduit de profondes réformes : introduction des technologies d’imagerie post-mortem comme le scanner, modernisation des procédures informatiques, amélioration de l’accueil des familles, et renforcement des liens entre l’IML, les universités et les laboratoires de recherche[3],[4].
Sur le plan scientifique, Bertrand Ludes est reconnu pour ses travaux en analyse d’ADN ancien, qui ont contribué à élargir les méthodes d’identification des corps dans les enquêtes médico-légales et anthropologiques. Il a également développé des recherches sur le diagnostic de la noyade grâce à l’analyse des diatomées (microalgues présentes dans l’eau), ainsi que sur la thanatologie, les traumatismes et l’évaluation des dommages corporels. Ses publications et son enseignement ont contribué à former plusieurs générations de médecins légistes et d’experts judiciaires[5].
Expert judiciaire inscrit sur la liste nationale, il est agréé auprès de la Cour de cassation et occupe des responsabilités au sein de la Compagnie Nationale des Experts Médecins de Justice. Il est également élu correspondant de l’Académie nationale de médecine depuis 2012, au sein de la division « Santé publique, médecine et société »[6].
Par son parcours, Bertrand Ludes incarne la médecine légale contemporaine, à la croisée de la science, de la justice et de l’humain, œuvrant à la fois pour la recherche, l’innovation technologique et la rigueur judiciaire.
Interventions publiques et prises de position
Procès des attentats du 13 novembre 2015
Lors du procès des attentats du 13 novembre 2015, Bertrand Ludes, en qualité de directeur de l’Institut médico-légal de Paris, est appelé à témoigner sur les opérations d’identification et d’examen post-mortem menées après les attaques[7].
Il décrit devant la cour l’ampleur des travaux médico-légaux réalisés, précisant que l’Institut avait reçu 139 corps et de nombreux fragments, et que chaque victime avait fait l’objet d’examens radiographiques, odontologiques et balistiques afin d’assurer une identification fiable[7],[8].
Au cours de son témoignage, il reconnaît la difficulté des conditions d’accueil des familles venues identifier leurs proches, ainsi que certaines erreurs d’attribution de corps survenues dans l’urgence des premières heures. Il exprime publiquement ses regrets face aux traumatismes supplémentaires que ces circonstances ont pu provoquer[9].
Son intervention, marquée par un ton sobre et technique, a contribué à éclairer la cour sur la réalité médico-légale du travail de reconnaissance des victimes dans un contexte de crise terroriste sans précédent[10].
Scandale du don des corps à l’Université Paris-Descartes
En 2018, Bertrand Ludes est nommé directeur scientifique du Centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes, quelques mois avant la révélation publique d’un scandale concernant les conditions de conservation et d’utilisation des corps donnés à la science.
Lorsqu’il prend ses fonctions, il constate un état de dégradation avancé des installations et entreprend une réorganisation des locaux et des procédures internes.
Dans les entretiens qu’il accorde à la presse, Ludes indique avoir voulu rétablir des normes éthiques et sanitaires strictes au sein du centre. Il affirme notamment vouloir mettre un terme à la pratique du « démembrement » — l’utilisation séparée de parties de corps humains — afin que les dons soient traités dans le respect de la dignité des défunts.
Il se prononce également pour une plus grande transparence dans les relations entre le centre et les entreprises privées, appelant à la mise en place de conventions plus encadrées et de procédures de contrôle renforcées. Ludes déclare enfin qu’il quitterait ses fonctions si les pratiques jugées contraires à l’éthique persistaient, soulignant la nécessité d’un profond changement de culture institutionnelle[11].
Affaire judiciaire
En , Bertrand Ludes et son confrère Bernard Goichot sont condamnés par le tribunal judiciaire de Nancy dans le cadre de l’« affaire Louna ». Les deux médecins et experts judiciaires sont reconnus responsables d’une faute dans leur rapport d’expertise ayant conduit à accuser à tort les parents de la petite Louna de maltraitance sur leur enfant, plus tard diagnostiquée atteinte d’une maladie rare. Ils sont condamnés à verser 140 000 euros de dommages et intérêts à la famille[12],[13].
Publications
- Bertrand Ludes et Patrice Mangin, Les empreintes génétiques en médecine légale, Tec & Doc, , 148 p. (ISBN 978-2-852-06813-1) ;
- Bertrand Ludes et Michel Coste, Diatomées et médecine légale : applications de la recherche des diatomées au diagnostic de la submersion vitale, Tec & Doc Lavoisier, , 258 p. (ISBN 978-2-743-00070-7) ;
- Pascal Kintz (dir.), Antoine Tracqui et Bertrand Ludes, Toxicologie et pharmacologie médicolégales, Elsevier, , 719 p. (ISBN 978-2-842-99037-4), chap. 15 (« De l’autopsie au prélèvement ») ;
- Eric Crubézy, Bertrand Ludes et Jean Poujol, Pratiques et espaces funéraires : les Grands Causses au Chalcolithique, Publications de l’UMR 5140 du CNRS, , 162 p. (ISBN 978-2-912-36904-8) ;
- Tania Delabarde et Bertrand Ludes, Manuel pratique d'anthropologie médico-légale, ESKA, , 608 p. (ISBN 978-2-747-22061-3) ;
- Bertrand Ludes, Terrorisme et dommages corporels : Prise en charge des victimes, MA Editions, (ISBN 978-2-822-40592-8) ;
- Silke Grabherr (préf. Bertrand Ludes), La mort n'est que le début... de l'enquête du médecin légiste, Favre, , 156 p. (ISBN 978-2-828-91640-4, lire en ligne) ;
- Jean-Pol Beauthier (préf. Bertrand Ludes et Gérald Quatrehomme), Traité de médecine légale - Et criminalistique, De Boeck Sup, , 1352 p. (ISBN 978-2-807-32145-8).