Bertrand d'Abzac

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Bertrand d'Abzac, ou Bertrand d'Abzac de La Douze, né vers 1375 et mort exécuté à Limoges le , est un noble et capitaine périgourdin de la guerre de Cent Ans. Seigneur de Montastruc, Bellegarde, Siorac, Domme, La Force et Masduran, il est l’un des représentants de la famille d'Abzac impliqués dans les luttes entre les partis français et anglais en Guyenne.

Naissancevers 1375
probablement Montastruc
OriginePérigord
Faits en bref Naissance, Décès ...
Bertrand d'Abzac
Bertrand d'Abzac de La Douze
Naissance vers 1375
probablement Montastruc
Décès
Limoges
Origine Périgord
Allégeance Royaume de France puis Royaume d'Angleterre
Grade Lieutenant général
Commandement Domme
Conflits Guerre de Cent Ans
Famille Famille d'Abzac
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D’abord lié à des fonctions exercées dans l’espace politique du roi de France, il choisit ensuite le parti anglais et devient lieutenant général du roi d’Angleterre en Guyenne ainsi que gouverneur de Domme[1],[2]. Capturé après la reprise de la place de Domme par les Français en 1438, il refuse de se rallier à Charles VII et est décapité à Limoges[1]. Sa dalle funéraire, conservée dans l’église Saint-Pierre-ès-Liens de La Douze, est classée au titre des monuments historiques depuis 1908[2].

Biographie

Origines familiales

Bertrand d'Abzac appartient à la famille d'Abzac, maison noble du Périgord implantée notamment à La Douze, Montastruc, Bellegarde et Siorac. Dans le résumé d’une communication consacrée à son destin, la Société historique et archéologique du Périgord le présente comme fils d’Adhémar d’Abzac, seigneur de La Douze, de Montastruc, de La Cropte, de Bellegarde, de Beauregard, de Siorac et du château Barrière à Périgueux, et de Guillemette de Boniface[1].

Les travaux généalogiques anciens de Courcelles le rattachent également à la maison d’Abzac et à la lignée des seigneurs de Montastruc et de Bellegarde, en faisant une figure importante de la branche dont sortirent notamment les rameaux de Montastruc, Bellegarde, Campagnac, La Serre, La Boissière-Bellegarde et Juvénie[3].

Entre parti français et parti anglais

Bertrand d'Abzac apparaît dans un contexte de forte instabilité politique et militaire. À la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle, le Périgord et la Guyenne sont disputés entre les fidélités au roi de France et au roi d’Angleterre, dans le cadre de la guerre de Cent Ans. Le résumé de la communication d’Anne Bécheau souligne que sa jeunesse se déroule dans un climat de violence, au sein d’une famille déjà engagée dans les conflits de la région[1].

Au début du XVe siècle, Bertrand d’Abzac hérite notamment de Montastruc et de Bellegarde, et acquiert des droits ou rentes dans les juridictions de Siorac, Bigaroque et Castelnaud. Cette position seigneuriale le place dans une situation complexe, à la fois dans la mouvance du roi de France et dans des espaces soumis à la puissance anglaise en Guyenne[1].

Selon la même source, il choisit finalement le parti anglais, tout en contractant en 1414 une alliance avec Jeanne de Beynac, issue d’une famille puissante de la vallée de la Dordogne ralliée au parti français[1].

Domme et la guerre de Cent Ans

La carrière de Bertrand d’Abzac est étroitement liée à Domme, place stratégique dominant la vallée de la Dordogne. Son beau-frère Pons de Beynac lui confie la garde du château de Domme-Vieille, dont l’importance est majeure entre le Périgord méridional et le Quercy[1].

En 1415, Bertrand d’Abzac est présenté comme gouverneur du château de Castelnaud pour le roi Charles VI. Quelques années plus tard, il est lieutenant général du roi d’Angleterre pour la province de Guyenne, signe de son basculement vers le camp anglais et du rôle militaire qu’il joue dans la région[1].

La base POP du ministère de la Culture le qualifie de seigneur de Montastruc, Bellegarde, Siorac, Domme, La Force et Masduran, ainsi que de lieutenant général du roi d’Angleterre en Guyenne[2].

Le Dictionnaire de la guerre de Cent Ans, dirigé par Jean-Marie Moeglin, consacre une entrée aux seigneurs d’Abzac et indexe Bertrand d’Abzac parmi les personnages mentionnés, ce qui rattache son parcours à l’historiographie récente de la guerre de Cent Ans[4].

Capture et exécution

En 1438, les Français, conduits par Jean de Carbonnières de Jayac, s’emparent par surprise du château de Domme. Bertrand d’Abzac, son épouse Jeanne et son frère Archambaud sont faits prisonniers. Ses fils Jean et Gantonnet, qui tiennent encore la ville de Domme, négocient alors la remise de la place au roi de France dans le cadre d’une capitulation signée à Gourdon les 14 et 15 septembre 1438[1].

Cette négociation prévoit la liberté de Bertrand à condition qu’il se range au parti français. Toutefois, possédant encore des biens situés sous suzeraineté anglaise, Bertrand refuse de trahir le camp anglais. Son exécution est alors décidée et ses biens sont confisqués[1].

Il est conduit à Montignac, puis à Limoges, où il est décapité le selon le résumé de la communication d’Anne Bécheau publié par la Société historique et archéologique du Périgord[1]. La notice Palissy de la base POP donne quant à elle la date du [2].

[Note 1]

Après sa mort, son corps est inhumé à La Douze[1].

Famille

Bertrand d’Abzac épouse, par contrat du , Jeanne de Beynac, fille de Pons de Beynac, seigneur de Beynac et de Commarque. La notice Palissy de la dalle funéraire la donne comme fille de Pons de Beynac et de Philippa de Beynac, et indique qu’elle meurt après 1449[2].

Courcelles attribue au couple plusieurs enfants, dont Jean d’Abzac l’aîné, Jean d’Abzac dit Pochy ou Pochin, Jean d’Abzac dit Pitro, Bernard d’Abzac, Raimonde ou Marquise d’Abzac, Jeanne d’Abzac et Philippe d’Abzac[3].

La postérité de Bertrand d’Abzac est importante pour l’histoire des branches cadettes de la maison d’Abzac. Courcelles rattache à ses descendants les seigneurs de Montastruc, Campagnac, La Serre, Bellegarde, La Boissière-Bellegarde et les barons de Juvénie[3].

Dalle funéraire

Dalle funéraire de Bertrand d’Abzac et de Jeanne de Beynac, dans l’église Saint-Pierre-ès-Liens de La Douze.

La dalle funéraire de Bertrand d’Abzac et de Jeanne de Beynac est conservée dans l’église paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens de La Douze, en Dordogne. La notice Palissy la décrit comme une dalle de pierre taillée, à décor gravé, portant des armoiries sculptées[2].

La dalle est localisée dans la chapelle latérale gauche de l’église. Elle est datée du deuxième quart du XVe siècle et classée au titre des objets mobiliers des monuments historiques par arrêté du [2].

La notice signale également une question héraldique : elle précise que les armoiries longtemps attribuées à la famille de Barrière sont en réalité celles des Boniface, erreur déjà relevée à partir d’un article de l’abbé Brugière publié en 1880[2].

Notes et références

Voir aussi

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