Bethsabée recevant la lettre de David
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| Artiste | |
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| Date | |
| Type | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L × l) |
103 × 87 × 11 cm |
| Propriétaire | |
| No d’inventaire |
RF 1349 |
| Localisation |
Salle 843 (d), musée du Louvre |
Bethsabée recevant la lettre de David est une peinture à l'huile sur toile du peintre du siècle d'or néerlandais Willem Drost, datant de 1654 et conservée au musée du Louvre (Paris). L'œuvre représente le personnage biblique de Bethsabée.
Le personnage de Bethsabée provient du Deuxième Livre de Samuel. Épouse d'Urie le Hittite, elle est surprise par le roi David alors qu'elle prend son bain. Le roi en tombe amoureux et fait tuer son mari pour l'épouser, et est ensuite puni par Dieu pour son péché[1].
Bethsabée est représentée assise devant un fond noir, tenant à la main la lettre du roi David. Bien que cette lettre ne soit pas mentionnée dans la Bible, il s'agit d'un élément iconographique courant à l'époque[2]. Elle porte un collier, un diadème et des boucles d'oreilles de perle. Elle est dépeinte avec des couleurs froides et des lignes claires, de manière idéalisée, rappelant une statue de marbre[3]. Assise face au spectateur, son corps coupé aux trois-quarts occupe presque tout l'espace disponible[4]. Son vêtement aux plis volumineux dévoile son épaule gauche. La courbe de son bras et l'inclinaison de sa tête forment une composition circulaire[5],[6].
La lumière provenant du coin supérieur gauche du tableau détache Bethsabée du fond plus sombre, et souligne deux parties de son corps : son visage et son sein gauche. L'ombre sous le sein renforce l'impression de volume de celui-ci, tout en répondant aux courbes de son vêtement et de son collier[7].
Analyse
L'influence la plus ancienne de Willem Drost est une peinture du XVIe siècle de Palma le Vieux, aujourd'hui disparue, représentant une femme dénudée debout dans l'encadrement d'une porte[8]. Le style du tableau de Drost se rapproche de celui du Caravage et des peintres caravagesques d'Utrecht comme Gerrit van Honthorst[9].
S'il s'en éloigne par le style, le tableau de Drost se rapproche thématiquement d'un tableau de son maître Rembrandt peint la même année, Bethsabée au bain tenant la lettre de David[3]. Toutefois, le même sujet est représenté de façon différente par les deux peintres. Alors que Rembrandt représente une Bethsabée réaliste et pensive, Drost dépeint une femme idéale et séductrice[10].
L'oeuvre de Drost est en fait plus proche d'une peinture plus ancienne de Rembrandt, La Toilette de Bethsabée[11]. Drost a à son tour inspiré Rembrandt pour son portrait d'Hendrickje Stoffels dans une porte, qui reprend la même composition[12],[13].
- Gerrit van Honthorst, La Chasse aux puces, 1621, Dayton Art Institute.
- Rembrandt, Bethsabée au bain tenant la lettre de David, 1654, musée du Louvre.
- Rembrandt, Hendrickje Stoffels dans une porte, v. 1656, Gemäldegalerie de Berlin.
Historique
L'œuvre appartient au docteur Leroy d'Étiolles puis au comte Louis-Alfred Caroillon de Vandeul, qui en fait don au musée du Louvre en 1902[14].