Biais de genre
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Un biais de genre ou biais sexiste « permet de pointer la récurrence d'un phénomène conduisant à une inégalité ou à une différenciation liée au genre ». Il est souvent envisagé de façon quantitative, mais est susceptible de traduire des discriminations institutionnelles[1].
Ce terme utilise par métaphore le mot biais, notion empruntée aux études statistiques pour désigner une anomalie systématique.
Domaines
Dans la science moderne
Le sexisme dans la science moderne se traduit par une représentation biaisée des hommes et des femmes dans le discours scientifique, censé pourtant respecter un principe de neutralité. Les femmes sont définies par rapport à l'homme, ou inscrites dans une hiérarchie et infériorisées, ou assignées à un rôle unique (celui de reproductrices par exemple) ; le choix des thèmes de recherche peut également révéler un parti pris sexiste. Les sciences modernes, tout particulièrement les sciences de la vie, ont ainsi perpétué des stéréotypes de genre, et justifié quelquefois les inégalités entre hommes et femmes[2],[3]. L'intervention de valeurs sociales androcentriques dans la production du savoir scientifique a été mise en lumière depuis les années 1990 par les gender studies[2]. Cet article aborde ces questions pour la période du XIXe au XXIe siècle.
Les biais de genre qui affectent la connaissance peuvent éventuellement s'expliquer par la prépondérance des hommes dans les milieux scientifiques ; le problème de la sous-représentation des femmes dans les échelons supérieurs des institutions scientifiques est traité dans un article séparé, Place des femmes en sciences.Sur Wikipédia

Le biais de genre sur Wikipédia est un biais lié à la représentation des genres parmi les personnes contribuant à cette encyclopédie en ligne, au faible nombre d'articles consacrés aux femmes comparé au volume d'articles dédiés aux hommes, ou qui confortent les rôles de genre occidentaux traditionnels et aux différences qualitatives dans la rédaction des articles.
Divers projets cherchent à le réduire, tels que Women in Red sur Wikipédia en anglais et Les sans pagEs sur Wikipédia en français. Un edit-a-thon spécialisé sur les femmes artistes, Art+Feminism, a lieu chaque année.Dans d'autres domaines
Dans les années 2020, on en trouve notamment dans la traduction automatique neuronale[4],[5], mais aussi dans les évaluations des enseignements au secondaire[6] et à l'université[7].
Notes et références
Notes
Références
- ↑ Arthur Vuattoux, Adolescences sous contrôle : genre, race, classe et âge au tribunal pour enfants, Presses de Sciences Po, (ISBN 978-2-7246-2697-1, lire en ligne), « Qualifier les différences de traitement. Justice personnalisée, biais de genre ou discrimination institutionnelle ? »
- 1 2 Pauline Gandré, « Les sciences : un nouveau champ d'investigation pour les gender studies », Idées économiques et sociales, vol. 1, no 167, , p. 52-58 (lire en ligne).
- ↑ Nicky Le Feuvre, « Femmes, genre et sciences : un sexisme moderne ? », dans : Margaret Maruani éd., Travail et genre dans le monde. L’état des savoirs. Paris, La Découverte, « Hors collection Sciences Humaines », 2013, p. 419-427, lire en ligne
- ↑ Guillaume Wisniewski, Lichao Zhu, Nicolas Ballier et François Yvon, « Biais de genre dans un système de traduction automatique neuronale : une étude préliminaire », Actes de la 28e Conférence sur le Traitement Automatique des Langues Naturelles. Volume 1 : conférence principale, ATALA, , p. 11–25 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Eleonora Marzi, « La traduction automatique neuronale et les biais de genre : le cas des noms de métiers entre l’italien et le français », cris.unibo.it, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Camille Terrier, « Un coup de pouce pour les filles ? Les biais de genre dans les notes des enseignants et leurs effets sur le progrès des élèves », Notes IPP, no 14, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Arianna Giorgi et Sara Aguirre Sánchez-Beato, « Les biais de genre dans les évaluations des enseignements par les étudiant·es à l’université », Genre Éducation Formation, no 7, (ISSN 2571-7936, DOI 10.4000/gef.1309, lire en ligne, consulté le )