Bienalsur
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BIENALSUR (acronyme de la Biennale internationale d'art contemporain du Sud, en espagnol : Bienal Internacional de Arte Contemporáneo del Sur) est une biennale d'art contemporain initiée en 2017 par l'Universidad Nacional de Tres de Febrero (UNTREF), une université publique située dans la province de Buenos Aires, en Argentine.
| BIENALSUR | |
Anna Bella Geiger à l'entrée de la BIENALSUR de 2016. | |
| Organisateur | Universidad Nacional de Tres de Febrero (UNTREF) |
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| Site web | bienalsur.org |
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Se distinguant par un format décentralisé, elle se déroule simultanément dans plusieurs dizaines de villes à travers le monde, avec un ancrage principal en Amérique du Sud[1].
Histoire
Le projet naît sous l'impulsion d'Aníbal Jozami, recteur de l'UNTREF, et de la curatrice Diana Wechsler. L'objectif initial est de créer une plateforme artistique depuis le « Sud global » pour contrer l'hégémonie des circuits artistiques traditionnels du Nord (comme la Biennale de Venise ou la Documenta)[2]. Les bases conceptuelles sont établies lors de réunions internationales organisées à partir de 2015.
La première édition est lancée en 2017. Elle rassemble alors plus de 350 artistes dans 16 pays. L'événement gagne en ampleur lors de l'édition 2019, s'étendant à 47 villes dans 21 pays, incluant des collaborations avec des institutions majeures comme le MAXXI de Rome ou le Reina Sofía de Madrid[3].
Malgré les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, la troisième édition (2021) est maintenue avec un format hybride et une forte présence physique, couvrant 120 lieux dans 24 pays[1].
Fonctionnement et organisation
Cartographie et Km 0
Contrairement aux biennales concentrées géographiquement, BIENALSUR fonctionne en réseau. Le « Kilomètre 0 » est symboliquement situé au MUNTREF (Musée de l'Immigration) dans le port de Buenos Aires. Les autres lieux d'exposition sont identifiés par leur distance kilométrique par rapport à ce point, créant une cartographie qui s'étend jusqu'à Tokyo[4].
Le modèle repose sur la collaboration institutionnelle : l'université argentine s'associe à des musées, centres d'art et espaces publics internationaux qui accueillent les expositions.
Sélection et commissariat
La programmation est issue de deux canaux :
- Des appels à projets ouverts internationaux (Open Calls) sans thème imposé.
- Des invitations directes à des artistes renommés.
Un conseil international de curateurs sélectionne les œuvres, qui sont ensuite réparties selon des axes thématiques (écologie, migrations, genre, mémoire politique) plutôt que par nationalité[5].
Direction
- Directeur général : Aníbal Jozami, sociologue et collectionneur, recteur émérite de l'UNTREF.
- Directrice artistique : Diana Wechsler, historienne de l'art et chercheuse au CONICET.
Réception critique et positionnement
La presse spécialisée souligne souvent le caractère atypique et ambitieux de l'événement, parfois qualifié de « biennale la plus longue du monde » ou de pari logistique complexe[1].
L'événement est reconnu pour sa volonté de décentrer le regard artistique vers le Sud et pour sa capacité à faire dialoguer des institutions disparates. En 2019, le forum de Paris sur la Paix a sélectionné BIENALSUR comme projet culturel significatif. Cependant, certains critiques notent que l'immensité du réseau rend difficile une appréhension globale de l'événement par le public, qui n'en voit souvent qu'un fragment local[6].
Éditions
- 2017 : 1re édition. Présence dans 16 pays.
- 2019 : 2e édition. Extension à 21 pays.
- 2021 : 3e édition. Thème transversal sur les « futurs possibles ».
- 2023 : 4e édition. Plus de 70 villes participantes.
- 2025 : 5e édition (prévue).