Bilal Hamdad
peintre algérien
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Bilal Hamdad (né à Sidi Bel Abbes en 1987), est un peintre franco-algérien connu pour ses peintures de la vie quotidienne de Paris.
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Biographie
Bilal Hamdad nait à Sidi Bel Abbes en 1987[1]. Rêvant toute son enfance de devenir footballeur, où il joue libéro, il ne peut concrétiser ses ambitions et s'inscrit en école d'art, poussé par ses parents[2],[3]. Iniatialement peu convaincu, il se découvre une nouvelle vocation[2].
Diplômé de l'École des Beaux-Arts de Sidi Bel Abbès, Hamdad s'installe ensuite en France où il étudie à l'École des Beaux-Arts de Bourges puis à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier de Djamel Tatah[2],[4].
Œuvre
Méthode de travail
Hamdad travaille en deux temps : d'abord, un travail de photographie urbaine, où il parcours Paris à la recherche de scènes, postures, ou couleurs ; puis, à partir de ce stock d'images, il crée des compositions inédites, qu'il reconstitue par la peinture à l'huile[5].
Style
Philippe Dagen trouve, dès sa première exposition en 2020, que l'œuvre de Bilal Hamdad a le potentielle de devenir majeur[6]. Il note le réalisme de la peinture d'Hamdad, dans sa palette et ses sujets : le peintre ne cherche alors pas à avoir une portée symbolique ou narrative, mais simplement de montrer la réalité d'un instant[6]. Il rapproche le style d'Hamdad, dans sa représentation géométrique de la ville, de ceux d'Edward Hopper et Tim Eitel (de)[6]. Les journalistes d'art Malika Bauwens et Maïlys Celeux-Lanval notent la virtuosité du peintre dans sa capacité à faire naître l'émotion dans la représentation minutieuse des détails de la vie quotidienne[7],[8]. L'équipe de France inter qualifie cette approche de « transposer du sacré dans l'ordinaire »[9]. Ils jugent aussi que talent de Hamdad s'exprime dès son travail photographique, dont la précision évoque pour eux les œuvres d'Eugène Atget[9].
Solitude
Pour la H Gallery, l'évocation de la solitude des personnages des toiles de Hamdad se fait à travers la représentation des visages, qui sont soient camouflés, soient avec des jeux de regards indirects, symbolisant le détachement avec l'environnement[10]. En 2022, Hamdad réalise une exposition au Suquet des artistes, à Cannes, sur le thème « solitudes croisées »[11]. Pour Hanna Baudet, directrice du Pôle d'Art Contemporain de la ville de Cannes, ces regards indirects empêchent le spectateur de rentrer dans l'intimité des personnages représenter, créant un sentiment de malaise, d'irruption[11].
Peinture humaniste

Pour Hélianthe Bourdeaux-Maurin, directrice de la H Gallery, la singularité de l'œuvre d'Hamdad tient dans sa manière de représenter l'intimité qui se dégage de scènes de vie, mais aussi la solitude de la vie urbaine[4]. Radio France note que Hamdad a la capacité de rendre fascinante des scènes banales[5]. Faire face, le magazine de l'APF France handicap, salue la représentation du handicap dans l'œuvre d'Hamdad, notamment la trisomie 21 dans une scène où un jeune homme attend le métro à la station Barbès - Rochechouart avec sa mère et un inconnu[4]. Pour Malika Bauwens, la portée politique du travail de Hamdad vient de sa volonté de rendre visible les personnes ignorées : livreurs Deliveroo, serveurs, agents de nettoyage ou vendeurs ambulants[7]. RFI le formule plutôt comme une volonté de « peindre tout le monde »[12]. Pour Hanna Baudet, Hamdad force le spectateur à regarder les personnes qu'il ignore dans la vie quotidienne[11].
En plus de ses peintures naturalistes, Hamdad réalise une série plus explicitement politique et symbolique : en hommage aux personnes traversant la Méditerranée, il représente des personnes immigrées allongées dans de l'eau noire[12]. Leur état, mort ou endormi, est laissé volontairement ambigü[12]. Cette série est inspirée d'Ophélie de John Everett Millais[12].
Inspirations classiques

Hamdad évoque comme inspiration de ses peintures les peintres Velázquez, Titien, Rubens, Goya, Le Caravage et Manet[5],[9]. Bauwens décèle dans Reflets et Le Mirage l'influence des Ménines de Valázquez[7], tandis que Baudet y voit, en particulier dans la gestion des reflets et l'ambiguité de la scène, une version moderne d'un Bar aux Folies-Bergère[11]. Elle rapproche enfin la manière dont Hamdad représente le quotidien du courant impressionniste[7]. Baudet, elle, voit en Hamdad un successeur d'Hammershoi[11]. Paname, une représentation d'un marché à Porte de la Chapelle créée spécifiquement pour son exposition au Petit Palais, est inspiré de Les Halles de Léon Augustin Lhermitte et de Pompiers courant à un incendie de Courbet[13],[14]. Comme Lhermitte dans Les Halles, Hamdad a glissé un autoportrait dans Paname[14].
En plus des influences, il incorpore parfois directement des œuvres classiques dans ses compositions : dans son Odaslique, il dépeint une affiche du métro figurant l'Odaslique brune de Boucher ; Rive droite comprend le modèle nu de L'Atelier du peintre[7] ; quant à Angélus, il reprend, sous forme d'ombre, la silhouette du village de l'Angélus de Millet[12].
Expositions
Il expose pour la première fois en 2012, à la maison de la culture Kateb Yacine[15].
Il réalise sa première exposition personnelle à Paris en 2019 à la H Gallery, pour laquelle il reçoit le Prix de la Fondation Colas[6],[15]. En, 2024, la galerie Templon de Bruxelles lui consacre une monographie[8].
Fin 2025, le Petit Palais l'expose, au milieu d'autres représentations de Paris du 18ème et 19ème siècle[5]. Annick Lemoine, directrice du Petit Palais, remarque que l'exposition de Hamdad permet au musée d'attirer un public plus jeune qu'à son habitude[12].