mais en toute rigueur, c'est le thallium 205 qui est le produit final de la série 4n+1. Cependant, sa très longue période radioactive fait du bismuth un élément à la radioactivité infime, demeurée inaperçue jusqu'au début du XXIesiècle; il peut donc être considéré comme stable et être manipulé et stocké sans précaution particulière en rapport avec sa radioactivité.
Le bismuth 209 est l'isotope radioactif ayant la plus longue demi-vie par radioactivité α, mais il n'a pas la plus longue période radioactive (mesurée): le record appartient au tellure 128, avec une période de double désintégration bêta estimée à (3,49 ± 1,99) × 1024 ans[4].
La période radioactive du bismuth 209 a été confirmée en 2012 par une équipe italienne du Gran Sasso qui a reporté une valeur de (2,01 ± 0,08) × 1019 ans[5]. La même équipe reportait également la première observation de la désintégration du bismuth 209 par radioactivité alpha vers le 1erétat excité du thallium 205, situé à 204keV de l'état fondamental, avec une durée de vie encore plus longue estimée à 1,66 × 1021 ans. Même si cette valeur ne surpasse pas le record de durée de vie mesurée du tellure 128, ces deux désintégrations alpha du bismuth 209 détiennent le record de la plus grande finesse virtuelle d'une excitation physique mesurable, avec des largeurs de raie naturelles estimées respectivement à ΔΕ~5,5 × 10−43eV et ΔΕ~1,26 × 10−44eV en vertu du principe d'incertitude d'Heisenberg[6] (la double désintégration bêta ne donne une raie que dans la mesure où aucun neutrino n'est émis lors de la désintégration, ce qui n'a pas été observé jusqu'ici).
↑ (en) Pierre de Marcillac, Noël Coron, Gérard Dambier, Jacques Leblanc et Jean-Pierre Moalic, «Experimental detection of α-particles from the radioactive decay of natural bismuth», Nature, vol.422, , p.876–878 (ISSN0028-0836, DOI10.1038/nature01541).
↑ (en) B. Pritychenko, «On Systematics of Double-Beta Decay Half Lives», 15th International Conference on Nuclear Data for Science and Technology, , p.1-6 (lire en ligne[PDF], consulté le ).
↑ J.W. Beeman et al., «First Measurement of the Partial Widths of 209Bi Decay to the Ground and to the First Excited States», Phys. Rev. Letters 108(6) 062501.,