Black Irish
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Aux États-Unis, l'expression « Black Irish » a d'abord été utilisée au XIXe siècle pour désigner de manière péjorative les réfugiés irlandais de la Grande Famine[1]. Elle a ensuite évolué pour désigner les personnes d'origine irlandaise ayant les cheveux noirs ou foncés, les yeux bleus ou foncés, ou un teint foncé en général[2],[3],[4].
L'usage le plus courant du terme « Black Irish » est lié au mythe selon lequel ils descendraient de marins espagnols ayant fait naufrage lors de l'Armada espagnole de 1588[5],[6],[7],[8],[9],[10]. Cependant, aucune recherche anthropologique, historique ou génétique ne corrobore cette hypothèse.
Deux études génétiques menées dans les années 2010 n'ont révélé que très peu, voire aucune trace d'origine espagnole dans l'ADN irlandais, ce qui a conduit le généticien des populations Dan Bradley, du Trinity College de Dublin, à réfuter le mythe de l'origine espagnole[9],[11],[10].
Selon une étude menée en 2022 par la professeure Mary M. Burke de l'Université du Connecticut, l'expression « Black Irish » serait apparue aux États-Unis dès les années 1830, avant de se répandre dans les années 1840 dans le sillage de la Grande Famine. Elle désignait alors les immigrants irlandais fuyant cette catastrophe et fonctionnait comme un marqueur d'exclusion, visant à tenir ces nouveaux arrivants à l'écart de la société blanche américaine[1].
charge raciale pour revêtir une coloration plus romantique. L'universitaire Christopher Dowd décrit d'ailleurs cette identité comme une construction littéraire délibérément « mise en scène » par les auteurs irlando-américains de l'époque, tels que : F. Scott Fitzgerald, James T. Farrell, Margaret Mitchell et Robert E. Howard[1],[12]. Ces auteurs « se sont appropriés l'identité irlandaise de la même manière que tous les Des auteurs américains d'origine irlandaise ont contribué à façonner et à diffuser le mythe du « Black Irish » dans leurs écrits, en projetant certains traits sur une communauté irlandaise largement fantasmée. Ce faisant, ils ont opéré une transformation sémantique notable : l'expression, initialement chargée d'une connotation de infériorité raciale, s'est mue en marqueur ethnique. Elle en est venue à désigner une frange de la population irlandaise — reconnaissable à sa chevelure sombre — réputée pour son tempérament mélancolique et sa propension à la tristesse[1].
