Blaise Pangalo

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Blaise Pangalo ou Biaggio Pangalo (né vers à Forio sur l'île d'Ischia - mort le à Brest), connu aussi comme maistre Blaise, est un maître charpentier, maître constructeur des navires du roi Louis XIV de 1681 à 1714. Les plans de ses navires ont servi de modèles pour les vaisseaux de cette époque.

Famille

Blaise Pangalo est né à Forio sur l'île d'Ischia vers 1650[1]. Il se prénomme alors Biaggio Pangalo[2]. Constructeur napolitain, il travaille à Tunis lorsqu'il suit Tourville en France[3]. Il obtient des « lettres de naturalité », dès son arrivée en France (1679)[4], qu'il n'a pas fait enregistrer pour éviter le paiement des droits qui sont très élevés[5]. Ce ne sera qu'en 1705, après maints rappels du roi et subséquents oublis de Pangalo, que le procureur général de La Tullaye, fait enregistrer ces lettres[5].

Il sert comme maître charpentier et son premier travail ordonné par Tourville concerne la refonte de la frégate La Favorite construite en 1678-1679 par F. Pomet. Le charpentier agrandira la frégate de 6 pieds[4]. En 1680, à la demande de Tourville, il réalise un modèle réduit de vaisseau deux-ponts au port de Rochefort et qui doit être confronté à des modèles réduits construits par d'autres maîtres-charpentiers[6]. En cette même année 1680, Tourville le considère comme le « meilleur charpentier de France et même d'Europe » et recommande même qu'il forme les fils des maîtres-charpentiers Hubac, Honorat et Coulomb[7]. Le modèle de vaisseau deux-ponts est démonté pour être présenté au roi sur le Grand Canal de Versailles; il y sera nommé le Modèle[8]. Le chevalier de Tourville et Blaise Pangalo surveillent le remontage du modèle qui ne se terminera qu'en pour être confronté finalement au modèle de Duquesne[6]. Entre-temps, Blaise Pangalo passe de Rochefort à Brest en afin d'y construire un autre modèle réduit de vaisseau qui sera opposé à celui du maître-charpentier Laurent Hubac lors d'épreuves au mois d'[6]. Finalement, les deux modèles réduits de Brest seront utilisés comme navires de servitudes, celui de Pangalo sous le nom de Ardente et celui de Hubac sans nom[8].

Blaise Pangalo exerce comme constructeur naval de 1681 à 1689 à Toulon et Brest avec un passage exclusif à Brest de 1683 à 1686. En 1689, il est définitivement attaché au port de Brest[9].

En 1701, il reçoit une médaille d'or du roi[4]. Les navires conçus par Pangalo sont alors considérés comme meilleurs manœuvriers et plus rapides que ceux de ses concurrents constructeurs[2]. C'est pour cela, que lorsque Duguay-Trouin se voit autorisé la construction de deux vaisseaux de 54 canons à Brest, il demande qu'ils soient conçus par Blaise Pangalo[10]. Pour des raisons administratives, seul un des deux vaisseaux, le Jason est construit par Pangalo (celui que choisi Duguay-Trouin), alors que le vaisseau Auguste est conçu par Hubac. Le Jason s'avère faire 3 lieues à l'heure et est capable de bien manœuvrer[11] tandis que l'Auguste s'avère être un navire lent[2]. En 1706, Louis XIV avait beaucoup plus confiance en Pangalo qu'aux autres constructeurs brestois pour l'engager à la construction de deux vaisseaux de 70 canons.

Blaise Pangalo meurt le à Brest[11].

Il est marié à Marie Geslain d'Ennezart, issue d'une famille de constructeurs navals[12]. La couple a trois enfants, Joseph né à Brest en 1684 dans le quartier de Recouvrance, Madeleine qui meurt en 1695 et Claire-Lucie. Sa fille Claire-Lucie épouse le le capitaine de navires marchands et futur armateur, Pierre Laporte-Le Maître (de Saint-Malo)[5]. Son épouse décède le âgée de 40 ans[13]. Il entretient ensuite une relation avec sa servante, Mathurine Savet, dont il a un enfant Antoine Blaise qui fut reconnu enfant naturel et non légitime d'Antoine Blaise Pangalo et de Mathurine Savet[13].

Blaise Pangalo devient aussi le parrain du fils de son beau-frère Julien Geslain (sous-constructeur) dont l'enfant né en 1706 se prénomme Blaise[4].

Son fils Joseph, qu'il forme, est sous-maître-constructeur et reçoit aussi des lettres de naturalité[14]. En 1702, il coécrit un mémoire avec Hubac sur les qualités et défauts de la construction de différents navires. En 1703, il est maître-constructeur au port de Brest[15] et devient aussi un constructeur reconnu, notamment en Russie où il se rend en 1720 et où il décède en 1722[4].

Références

Voir aussi

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