Blanche Paugam
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Blanche Lefèbvre |
| Nationalité | |
| Activité |
Blanche Paugam, née le à Wimille dans le Pas-de-Calais, morte le au camp de concentration allemand de Bergen-Belsen, est une résistante française. Arrêtée en , condamnée à mort pour sabotages, elle est la première femme résistante française condamnée à mort pour faits de résistance, en ; sa peine est commuée en travaux forcés, elle meurt en déportation.
Blanche Joséphine Lefèbvre naît le à Wimille, elle est la fille de Louis Marie Lefèbvre, casseur de pierre, et de Marie Gorgonie Dozinel[1]. Elle épouse un radio télégraphiste, Jean Louis Paugam, en 1924 à Boulogne-sur-Mer[1].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, dès le début de l'Occupation, Blanche Paugam effectue des sabotages à Boulogne-sur-Mer, en agissant seule, de sa propre initiative[2]. Elle se fait passer pour une marchande ambulante, fait semblant de sympathiser avec des soldats allemands, et coupe des câbles électriques près de son domicile[2],[3].
Les occupants allemands enquêtent sur ces sabotages et menacent la population par voie d'affiches[2]. Mais Blanche Paugam continue ses actions, jusqu'à ce qu'elle soit repérée par des enfants[2].
Prise sur le fait, une pince à la main, elle est arrêtée par les Allemands le [2],[3]. Elle comparaît devant le tribunal militaire de la Feldkommandantur 678 d’Arras pour actes de sabotage. Elle revendique fièrement son action, affirmant : « J'en ai coupé 36. J'en aurais coupé plus encore si j'avais pu le faire »[2]. Le tribunal militaire la condamne à mort le [2],[1]. Elle est la première femme française à être condamnée à mort pour des actes de résistance[4].
Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité[1]. Elle est déportée en Allemagne le et internée à la prison d’Aix-la-Chapelle, où elle est détenue jusqu'en . Elle est ensuite transférée à la prison de Lauerhof de Lübeck où elle est enfermée jusqu’au avant d'être déplacée à la prison de Cottbus. Elle est internée au camp de concentration de Ravensbrück en (matricule 97 217) puis dans celui de Mauthausen (mars 1945). Le , elle est transférée au camp de concentration de Bergen-Belsen. Elle y meurt d’épuisement au début du mois d’[1],[4],[3]. Elle reçoit tardivement (en 1997) les mentions officielles « Mort pour la France » et « Morte en déportation »[1].
Hommages
Un square commémore son nom à Boulogne-sur-Mer, et une plaque commémorative rappelle son action[1].
Dominique Missika la cite en exemple des « femmes qui ont su concevoir leur propre autonomie. Elles ont pris les armes sans attendre les hommes[4] ».