Blouse Bleue
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Origine du nom
La tenue bleue des travailleurs que les acteurs revêtaient pour jouer a donné son nom à la troupe[3].
Historique du mouvement

Cette première troupe a donné l'exemple et encouragé les travailleurs à fonder d'autres compagnies théâtrales dans tout le pays, puis partout dans le monde.
Les troupes de Blouse Bleue présentaient une forme de « journal vivant », utilisant chansons et sketches pour commenter l'actualité dans une perspective communiste. Les pièces étaient jouées dans des usines, des clubs, des bâtiments publics et en plein air[1],[4].
En 1927, plus de 5 000 troupes Blouse Bleue fonctionnaient en Union soviétique, qui comptaient quelque 100,000 membres. En automne de cette même année, la troupe originale se produit au théâtre d'Erwin Piscator à Berlin, ce qui entraîne la croissance rapide de troupes d'agit-prop à travers l'Allemagne de Weimar ; en 1928, des représentations sont données en Chine. Vers 1928, le nombre de cercles et de collectifs de Blouze bleue atteint 7 000[5].
Un magazine publié sous le même nom de Blouse Bleue, contenant des scripts, des descriptions détaillées de mises en scène et de costumes, les techniques théâtrales de la troupe, ainsi que des bulletins et diverses nouvelles est également édité.
Les interprètes, qui devaient se produire dans des styles de performances variés, devaient avoir une bonne condition physique, être formés au mime, savoir chanter, être audacieux et percutant, être dans le rythme contemporain du grotesque et de la simplicité. Les répétitions sont extrêmement rigoureuses, exigeant des acteurs de rester physiquement et mentalement alertes grâce à un programme d'exercice strict tout en gardant en vue les sujets politiques du jour, ces troupes théâtrales étant également un instrument de propagande socialiste. Ils sont chargés de propagande pour la Sécurité sociale, le Fonds d'Etat pour les assurances, la Caisse d'épargne, l'Organisation internationale d'aide aux combattants de la Révolustion, le système des coopératives, le fordisme, la qualité de la production, le régime de l'austérité, etc.[6].
L'année 1927 voit la fin de l'organisation de la Blouse Bleue, quand les troupes furent contraintes de fusionner avec le plus orthodoxe Théâtre de la jeunesse ouvrière (en russe : Teatr RAbochey Molodyozhi, acronyme TRAM).
Les dernières troupes cessèrent complètement leurs activités en 1933.
Les théâtres ouvriers chinois, créés en 1960 sur le modèle russe, comprenaient également des groupes connus sous le nom de Blouse Bleue. Même en Amérique, le mouvement du théâtre ouvrier comptait une troupe baptisée « Blue Blouses »[1].
Personnalités issues du mouvement
L'un des idéologues de la Blouse Bleue est Ossip Brik[7].
Vladimir Maïakovski, Sergueï Ioutkevitch, Vassili Lebedev-Koumatch, les jeunes écrivains, poètes, dramaturges, Abram Argo (ru), Viktor Ardov (ru), Viktor Goussev, Viktor Tipot (ru), Semion Kirsanov, Nikolaï Adouev (ru), Nikolaï Foregger, fondateur du studio-théâtre Mastfor rue Arbat, Alexandre Chourov (ru), le réalisateur Alexandre Rou, le ministre de la Sécurité sociale de l'URSS en 1952-1961 Nonna Mouraviova (ru), le futur compositeur Iouri Milioutine (ru), les compositeurs Konstantin Listov, Semion Galperine, Matveï Blanter, Sigizmund Katz (ru), Dmitri Pokrass, le poète Sasha le Rouge (de son vrai nom Alexander Brianski), les acteurs Emmanuel Gueller (ru), Gueorgui Toussouzov (ru), Elena Junger, Boris Tenine, Vladimir Zeldine, Mikhaïl Garkavi (ru), Lev Mirov (ru), Evseï Darski, Ksenia Kvitnitskaïa (ru), Alexander Beniaminov (ru), Lydia Koreneva (ru), Boris Chakhet, Mikhaïl Jarov, l'auteur des livres d'études cinématographiques Aleksandr Matcheret, l'artiste Boris Erdman (ru) et bien d'autres encore proviennent tous de troupes Blouse Bleue.
Bibliographie
- (en) Richard Stourac, Kathleen McCreery, Theatre as a Weapon: Workers' Theatre in the Soviet Union, Germany and Britain, 1917-1934 London ; New York : Routledge, 1986 (ISBN 0-7100-9770-0)
- (de) Ilse Heller, "Blaue Bluse" und "Rote Schmiede". Beitrag zu der kulturellen Beziehung der Arbeiter der Industriestadt Halle(Saale) zur Sowjetunion in den Jahren 1923 bis 1933, In: Deutscher Kulturbund Fachausschuss Heimatgeschichte, Ortschronik: Es begann in Petrograd : Beiträge zu 50 Jahre deutsch-sowjetische Freundschaft Berlin : Dt. Kulturbund, 1967, S. 83-88