Blouson noir (sous-culture)

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Le terme blouson noir fait référence à une sous-culture juvénile apparue en France dans les années 1950. Elle a connu son apogée entre 1958 et 1961 avant de s'effacer progressivement dans la seconde moitié de la décennie 1960.

Un blouson noir québécois (Canada, vers 1960).

Une psychose et une mode

C'est durant l'été 1959 que l'appellation « blousons noirs » apparaît pour la première fois dans la presse, avec un article de France-Soir du relatant un affrontement entre bandes survenu au square Saint-Lambert, dans le 15e arrondissement de Paris[1]. Cette désignation s'impose soudain comme synonyme de jeunes voyous. Les journaux se mettent alors à surenchérir[2] en évoquant des bandes caractérisées par leur taille importante (il est question de groupes comptant jusqu'à une centaine de jeunes) et par leur violence. Les méfaits de ces jeunes inondent les ondes, donnent lieu à de nombreuses publications[3] et études[4].

Cette campagne de presse tourne à la psychose collective et à la panique morale[5].

« Combinant les angoisses provoquées par l'augmentation des statistiques de la délinquance juvénile, les fantasmes suscités par les bandes de jeunes et les craintes générées par l'émergence d'une émancipation de la population adolescente, le phénomène blouson noir traduit les inquiétudes de la société vis-à-vis de sa jeunesse. Il sert aussi de réceptacle aux peurs de Français confrontés à la modernisation économique, à l'américanisation de la société et à la transformation de la structure urbaine du pays, chamboulée par la construction des grands ensembles »[6].

Dans les autres pays

Cette sous-culture a eu des équivalents dans d'autres pays :

Les suites dans la culture populaire

Le personnage de Fonzie un blouson-noir, interprété par l'acteur Henry Winkler en 1977.

En France, le tournant s'est amorcé, notamment avec les incidents et dégradations liés au Premier festival international de rock au Palais des sports de Paris, en . L'histoire se répète le , lorsque cette fois encore, des bandes venues de banlieue dévastent le même lieu, chauffé à blanc à l'occasion du troisième et ultime Festival de rock'n'roll (qui verra Vince Taylor empêché de chanter devant l'étendue des dégâts[7]). En quelques minutes, la salle vire au champ de ruines[8].

Le , lors de la « folle nuit de la Nation » : un concert gratuit organisé par Salut les Copains à Paris sur la Place de la Nation attire une immense foule, des incidents graves ont lieu : des blousons noirs cassent sur leur chemin vitrines et voitures avant de s'en prendre aux spectateurs. La presse leur attribue le viol d'une jeune fille. Le lendemain, Pierre Charpy titre dans Paris-Presse « Salut les voyous ». Dans L'Aurore, Philippe Bouvard écrit : « Quelle différence entre le twist de Vincennes et les discours d'Hitler au Reichstag, si ce n'est un certain parti pris de musicalité [9]? »

Notes et références

Voir aussi

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