Blue Solutions

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Création
Forme juridiqueSociété par actions simplifiées
Siège socialAvenue de Pen Carn Lestonan, Ergué-Gabéric
Drapeau de la France France
DirectionRichard Bouveret, Président
Blue Solutions
Création
Forme juridique Société par actions simplifiées
Siège social Avenue de Pen Carn Lestonan, Ergué-Gabéric
Drapeau de la France France
Direction Richard Bouveret, Président
Activité Fabrication de piles et d'accumulateurs électriques
Produits Cellules, modules et pack batteries LMP
Société mère Bolloré[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 500 (en 2022)
SIREN 421090051Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.blue-solutions.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Blue Solutions est une entreprise française spécialisée dans la conception et la fabrication de batteries Lithium Métal Polymère tout solide (accumulateur lithium), et de véhicules électriques[2],[3] dans ses usines à Ergué-Gabéric en Bretagne et à Boucherville près de Montréal (Canada). Blue Solutions est une filiale du Groupe français Bolloré.

Au début des années 1990, un ingénieur et deux techniciens travaillent sur un projet de batterie basée sur la technologie lithium métal polymère (LMP) à Ergué-Gabéric, site historique du groupe Bolloré. Au début des années 2000, une cinquantaine de personnes travaillent sur cette recherche[4], et en 2001, le groupe Bolloré crée Blue Solutions[5].

Électricité de France possède une part du capital de l'entreprise et fournit des chercheurs, qui travaillent avec des universitaires de Grenoble, du CNRS, du CEA et des équipes de Bolloré. Le projet requiert une part de recherche fondamentale[4].

En , la société annonce avoir mis au point un premier prototype de batterie, 12 ans après le début des recherches et des investissements se portant à 70 millions d'euros[6].

En 2007, le groupe Bolloré acquiert les actifs d'Avestor, au Canada, et créé Blue Solutions Canada (anciennement Bathium)[4]. En 2011, est lancée une campagne d'investissements importants en vue d'augmenter significativement ses capacités de production et en 2013 a lieu l'inauguration d'une nouvelle usine de production sur le site de Ergué Gabéric (en Bretagne). En ce lieu est produit l'équivalent de 10 000 batteries de 30 kWh. C'est alors que Blue Solutions entre en Bourse.

En 2015, c'est l'inauguration d'une usine en Bretagne dédiée à la construction de tramway électrique.

En 2016, est inaugurée, toujours en Bretagne, une nouvelle usine pour la construction du Bluebus 12 mètres. Bluetorino, un service italien d'autopartage 100 % électrique, est développé à Turin.

Blue Solutions compte plus de 400 chercheurs, ingénieurs et techniciens présents sur deux sites de production situés en Bretagne et au Canada. Sa capacité de production annuelle annoncée s'élève en 2016 à 300 MWh soit 10 000 batteries de 30 kWh[7].

En 2018, la presse indique que l'entreprise connaît un « coup dur », avec la fin d'Autolib à Paris. Blue Solutions fabriquait les voitures électriques pour l'autopartage à Paris depuis 2011, mais le service ayant un déficit d'au moins 230 millions d'euros[8], la société perd le contrat. Autolib, avec une flotte de 4 000 véhicules, était son premier marché devant 6 autres villes  Lyon, Bordeaux, Turin, Indianapolis, Los Angeles, Singapour  où le nombre de véhicules est seulement de quelques centaines. L'Agence France Presse signale cependant que l'entreprise ne visait pas le marché des voitures électrique, mais celui des batteries électriques. La société fabrique des batteries solides en LMP (lithium, métal, polymère), une technologie originale. Michael Salomon, spécialiste du stockage d'électricité, estime que cette batterie a pour avantage d'être plus sûre et présente moins de risque d'incendie. Mais ce type de batterie a la caractéristique de devoir rester à une température de soixante degrés, ce qui oblige à la laisser en recharge en permanence pour compenser la petite perte d'électricité systématique. France info signale que les batteries trouvent peu de clients, et que les asiatiques représentent une concurrence de plus en plus importante. La société défend son type de batteries en arguant qu'elles contiennent ni cobalt ni terres rares. Elle indique par ailleurs qu'elle s'oriente vers la fabrication de bus électriques « Bluebus », avec une usine capable d'en sortir 200 par an[9],[10],[11].

En 2019, le magazine Capital indique que les batteries sont un échec commercial : elles ne se vendent pas. Au premier semestre 2018, 500 000 voitures électriques se sont vendues dans le monde, et Blue Solutions n'a vendu que 232 batteries. Par ailleurs, Autolib était une vitrine permettant de faire la publicité des batteries électriques, mais également le principal débouché de l'entreprise. En 2018, le chiffre d'affaires de l'entreprise baisse de 60%. Et le volume des pertes augmente, passant à 17 millions d'euros. Pour Capital, le problème vient du fait que la batterie LMP doit être en permanence en recharge lorsqu'elle n'est pas en circulation : cela est concevable pour des voitures en auto-partage qui sont en charge 75% du temps, mais cela est rédhibitoire pour une voiture vendue à un particulier, qui n'acceptera pas de devoir laisser la voiture sur le secteur tout le temps[12].

En 2022, Blue Solution ouvre deux laboratoires à Nantes et à Grenoble avec des partenaires universitaires et le CNRS, afin de travailler sur une nouvelle génération de batterie solide lithium-métal-polymère, qui diffère des batteries usuelles, ces dernières ayant un électrolyte liquide[13]. Au total, ce sont environ 100 chercheurs qui sont impliqués dans le projet[14].

Les 4 et , deux bus de la série Bluebus 5SE brûlent à Paris, et la RATP annonce le retrait de la circulation de 149 véhicules du même type[15]. Les incendies ont commencé sur le toit des bus, où se trouvent les batteries[16]. La première raison annoncée en 2022 est un problème « d'assemblage d'un composant électronique »[17]. En , alors que les 149 bus sont toujours écartés de la circulation, la cause retenue est qu'il s'agirait d'un mauvais positionnement d'un film polyester dans la batterie[18].

Le , un incendie s’est déclaré au sein d’un entrepôt situé sur la commune de Grand Couronne (76)[19], propriété de la société Highway France Logistics 8 et loué au transporteur Bolloré Logistics, dans lequel étaient stockées 12 000 batteries de Lithium usagées appartenant à Blue Solutions. A la suite de l'incendie, un rapport post-incident établi par l'administration[20] a révélé une importante pollution des eaux souterraines au Lithium[21]. Blue Solutions, Bolloré Logistics et Highway France Logistics 8 sont actuellement mises en cause dans le cadre d'une enquête ouverte par le Parquet de Rouen[22].

En 2023, la société établit des partenariats avec Forsee Power pour des batteries solides pour les véhicules lourds et avec le taïwanais Foxconn pour les batteries à destination des deux roues, destinées dans un premier temps à l'important marché indonésien[23],[24].

En , Blue Solutions lance une levée de fonds pour financer la construction d'une ligne pilote de 250 MW à Quimper, destinée à produire les échantillons préindustriels de la nouvelle génération de batteries solides du groupe, où l'électrolyte est un polymère et l'anode se compose d'une couche de lithium métal, bien plus fine que celle en graphite actuellement utilisée dans les voitures électriques, ce qui permet de délivrer jusqu'à 40 % d'autonomie en plus pour le même poids de batterie. L'étape suivante sera la construction d'une gigafactory dans l'est de la France, prévue pour la fin de la décennie[25].

Activités

Notes et références

Lien externe

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