Blutpalmsonntag
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Le Blutpalmsonntag (Dimanche des Rameaux de sang) est le nom donné au pogrom qui s'est déroulé le à Gunzenhausen, une petite ville de l'actuel arrondissement de Weißenburg-Gunzenhausen du district de Moyenne-Franconie en Bavière où la communauté juive, avec ses 184 membres, ne représentait qu'à peine 3,3 % de la population totale. C'est le premier pogrom en Allemagne après l'arrivée au pouvoir des nazis.
Dès la fin de la Première Guerre mondiale, Gunzenhausen penche vers le national-socialisme, de façon plus tranchée que la moyenne des villes allemandes. Aux élections du Reichstag en 1928, le parti atteint plus de seize pour cent et en 1930, il est à plus de trente-cinq pour cent. Aux élections du Reichstag en , le NSDAP remporte 66,5 % des voix, pour une moyenne en Allemagne de 37,3 %[1]. Lors de la dernière élection raisonnablement « libre » du Reichstag le , le NSDAP obtient 67,1 % des suffrages exprimés contre une moyenne en Allemagne de 43,9 %[2].
Le pogrom
Les émeutes commencent lorsqu'un groupe d'hommes de la SA, dirigé par l'Obersturmfuhrer Kurt Baer entre dans le café juif pour aller chercher un client non juif qu'ils avaient vu là-bas en train de boire du café. Lorsqu'ils y rencontrent le Juif Jakob Rosenfelder, connu pour être antinazi depuis bien avant 1933, ils décident de revenir et de l'arrêter. Lorsqu'ils reviennent un peu plus tard, ils ne trouvent pas Rosenfelder. Ils s'en prennent alors au fils du propriétaire, Julius Strauss. La foule qui s'était alors rassemblée dans la rue crie : « Frappez-le ! Frappez le! ». Le jeune Strauss est brutalement battu jusqu'à ce qu'il tombe inconscient sur le sol. Ses parents, qui se sont précipités à son secours, sont également frappés par Baer et menacés avec un pistolet.
Après cela, Baer sort dans la rue et prononce un discours violemment antisémite. Il demande aux hommes de la SA rassemblés parmi les spectateurs de venir et d'arrêter d'autres Juifs locaux. Les membres de la famille Strauss sont arrêtés en premier et traînés à la prison de Gunzenhausen, la foule excitée criant : « À bas les Juifs ! ». D'autres personnes se précipitent dans le café et le saccagent[3].
De là, les émeutiers se dirigent vers la maison de Jakob Rosenfelder. Ils ne trouvent que sa sœur, mais peu de temps après, deux membres de la SA le découvre pendu à une poutre dans un hangar. La foule déchainée pénètrent alors dans d'autres maisons juives où les occupants sont battus et arrêtés.
A la recherche de l'homme d'affaires Max Rosenau, qu'ils n'ont pas trouvé dans son appartement, les membres de la SA font irruption dans l'appartement de son voisin, le Juif Lehmann. La fille Lehmann est battue, tandis que son père et son frère sont arrêtés. Max Rosenau est ensuite retrouvé mort dans une pièce de l'appartement des Lehmann avec cinq blessures au couteau dans le corps.
Ce jour-là, 35 Juifs sont emprisonnés à Gunzenhausen, dont six femmes. Ils sont forcés de faire de la gymnastique et maltraités par les nazis. Les femmes sont relâchées peu de temps après; les hommes restent en garde à vue jusqu'au soir du lendemain « pour les protéger de la foule en colère ». Ce n'est qu'une fois le pire passé qu'une force de police arrive dans la ville pour mettre fin aux violences. On estime qu'entre 1 000 et 1 500 personnes sont impliquées dans les émeutes (sur une population totale de 5 600)[3].
