Boixos Nois
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| Boixos Nois | |
Les supporters d'Almogavers et des Boixos Nois au stade olympique de Rome en 2011. | |
| Devise : « Todavía aquí, todavía fuertes (Toujours là, toujours forts) » |
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| Situation | |
|---|---|
| Région | |
| Création | 7 juillet 1981 |
| Type | Groupe de supporters ultras / hooligan |
| Domaine | Football |
| Coordonnées | 41° 23′ 48″ N, 2° 09′ 36″ E |
| Langue | Espagnol |
| Organisation | |
| Membres | Plusieurs centaines[1] |
| Pays | |
| Stade | Camp Nou (IDS depuis 2003) |
| Club | FC Barcelone |
| Idéologie | Extrême droite Ultranationalisme espagnol Catalanisme Antisémitisme Néonazisme |
| Rivaux | Ultras Sur, Brigadas Blanquiazules, Biris Norte, Ultras Yomus, Bukaneros, Indar Gorri, Herri Norte Taldea |
| Site web | boixosnois.com |
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Les Boixos Nois (« Gamins » ou « Garçons fous », d’après le mot catalan bojos signifiant « fous ») constituent un groupe de supporters ultras fondé en 1981, organisé autour du club de football du FC Barcelone (en Catalogne), club historique jouant en Liga. Au cours des années 1980, leur orientation politique évolue. Pendant de nombreuses années, les Boixos Nois entretiennent une relation étroite avec le FC Barcelone, jusqu’à ce que le président Joan Laporta interdise leur présence aux matchs en 2003.
Ils sont connus en Espagne pour leurs comportements violents et leurs affrontements fréquents avec les autorités, certains de leurs membres ayant été condamnés pour menaces de mort, homicide, possession illégale d’armes à feu, extorsion et trafic de stupéfiants[2].
« Boixos Nois » signifie littéralement « garçons fous » en français. L’expression comporte une orthographe incorrecte du pluriel du mot « fou » (boig au singulier, bojos au pluriel) en catalan, ainsi que nois, qui signifie « garçons ».
Historique

Fondés en 1981, les Boixos Nois constituent une penya catalane, une forme de groupe mêlant soutien financier et club de supporters, où l’aide financière, politique et sociale se combine[3]. La penya des Boixos Nois débute comme un petit groupe de jeunes fans, au nombre de cinquante au maximum, fortement attachés au nationalisme catalan indépendantiste et au socialisme de gauche. Ils exigent à plusieurs reprises la démission du président Josep Núñez, qu’ils considèrent comme autoritaire, et défient ouvertement sa présidence par des chants et des banderoles lors des matchs.
Dans les années qui suivent, la ville de Barcelone connaît une montée des skinheads, qui s’identifient au séparatisme de droite. Ces skinheads rejoignent les Boixos Nois, déplaçant progressivement l’orientation politique du groupe du social-libéralisme vers le fascisme, ce qui provoque des divisions internes[4],[5]. Inspirés par les hooligans britanniques, les Boixos Nois restants adoptent un comportement violent, provoquant des désordres ayant conduit à des arrestations massives[6]. Le groupe devient alors un mélange de partisans de néo-fascistes anti-indépendance et de nationalistes catalans indépendantistes , s’illustrant dans des violences à caractère raciste[7],[8].
Ils entretiennent également des conflits avec un autre groupe de supporters du FC Barcelone, la Penya Almogàvers, qui soutient l’indépendance catalane mais se revendique antifasciste et non-violente, avec des idéologies libérales, sociaux-démocrates et socialistes démocratiques, en contraste avec la position des Boixos Nois.
Le groupe connaît alors une forte augmentation de ses membres et les liens entre le club et les Boixos Nois se renforcent. Le club leur fournit des billets gratuits pour les matchs, des facilités de transport et un espace de stockage pour leurs banderoles au stade, le Camp Nou[9].
En 1985, après la catastrophe du Heysel, où 39 personnes périssent à la suite d’émeutes de hooligans et de l’effondrement d’un mur, les Boixos Nois affichent une banderole au virage sud du Camp Nou portant le texte « ¡Gracias Liverpool ! » et remplacent la traditionnelle Senyera catalane par une croix gammée. L’ancien président Núñez réagit en reléguant le groupe au troisième niveau du stade. Les Boixos Nois adoptent alors un slogan prônant la non-violence à l’intérieur du stade, tout en revendiquant leur liberté à l’extérieur. Cette promesse fonctionne et ils sont ensuite replacés derrière le but sud[9].

De plus en plus violents, les Boixos Nois sont au centre de plusieurs controverses en 1991 : le 22 août, un membre du groupe tue Frederic Rouquier, supporter de l’équipe rivale de l’Espanyol, et est condamné à 26 ans de prison[9],[10]. La même année, une enquête débute sur le meurtre de Sonia Rescalvo Zafra (en), survenu le 6 octobre. Ces événements, largement relayés par les médias espagnols, suscitent un climat de peur au sein du public, principalement en raison de l’irrationalité supposée de ces actes[11].
Plusieurs mesures sont prises par le gouvernement espagnol pour tenter de résoudre les problèmes posés par les Boixos Nois et d’autres groupes de supporters dans le pays. Un décret royal crée la Comisión Nacional Contra la Violencia en Espectáculos Deportivos (Commission nationale contre la violence lors des manifestations sportives), chargée d’enquêter sur la violence dans le football espagnol et d’imposer des sanctions aux supporters ou aux clubs. Ne parvenant à aucune solution contraignante, la commission souligne « l’urgence pour les clubs de ne fournir aucun soutien direct ou indirect aux groupes dépourvus de statut associatif ». Cette mesure ayant peu d’effet sur le comportement des supporters lors des matchs, l’exigence de l’UEFA en 1993 d’installer des stades entièrement assis restreint la liberté des Boixos Nois, car elle gêne leur participation active, qu’ils considèrent essentielle à leurs activités[12].
Selon une organisation de protestation, en partie fondée par Joan Laporta, L’Elephant Blau, l’ancien président Núñez aurait favorisé l’émergence des skinheads au sein des Boixos Nois et leur permet de circuler librement dans le stade, les utilisant à ses propres fins politiques[13],[14]. Lorsque Núñez démissionne en 2000, son vice-président Gaspart devient président. Gaspart exprime publiquement sa sympathie pour les Boixos Nois, affirmant qu’il rejoindrait le groupe dès sa démission. Ce commentaire amène les membres des Boixos Nois à être parfois surnommés « les garçons du président »[15].
La même année, le vice-capitaine du Barça, Luís Figo, est transféré de manière controversée chez les rivaux historiques du Real Madrid. Lorsqu’il revient au Camp Nou avec le Real Madrid en novembre 2002, les Boixos Nois réagissent à ce qu’ils perçoivent comme une trahison en sifflant et en huant chaque fois qu’il s’approche du ballon. Les abus culminent lorsque les Boixos Nois jettent une tête de cochon tranchée à côté de Figo alors qu’il tire un corner. L’arbitre suspend le match pendant 13 minutes et fait sortir les joueurs du terrain par crainte pour leur sécurité. La rencontre se termine sur un score nul de 0–0[16],[17],[18].
Lorsque Joan Laporta remporte l’élection présidentielle en 2003, il se présente face au favori Lluis Bassat (de confession juive), dont la campagne est marquée par un harcèlement répandu de la part des Boixos Nois, incluant des cris fréquents de « Putain de juif »[19]. Après sa victoire, Laporta interdit au groupe d’assister aux matchs et retire les privilèges qu’il leur avait accordés précédemment. Les Boixos Nois réagissent en peignant des menaces de mort sur les murs de sa maison et, en février 2004, deux membres du groupe l’attaquent à sa sortie. Plus tard dans l’année, en mars, une écoute téléphonique de la police révèle qu’un agent de sécurité du Camp Nou déclare : « Il y a de l’argent pour quiconque veut donner une bonne raclée à Laporta »[20],[21].
Bien que formellement interdits au Camp Nou, les Boixos Nois assistent toujours aux matchs, se rassemblant désormais derrière le but nord[22]. Ils présentent traditionnellement une composition sociale mixte[23]. En 2010, plusieurs membres des Casuals FCB, faction ultranationaliste espagnole d’extrême droite la plus violente du groupe, sont arrêtés dans sept villes espagnoles, accusés de voler des drogues à des trafiquants marocains et colombiens dans le but de les revendre[2]. En 2014, des membres des Boixos Nois poignardent deux supporters du PSG, relançant le débat sur l’éradication des Ultras en Espagne, déjà vif en décembre de la même année.
En 2019, la Commission contre la violence dans le sport les déclare « groupe violent »[24]. Bien qu’ils ait commencés comme anarchistes et fervents catalanistes, ils sont aujourd’hui considérés idéologiquement comme d’extrême droite, avec certaines tendances proches de l'ultranationalisme espagnol et d’autres plus favorables au catalanisme, mais toujours centrées sur des idéaux nationalistes exaltés[25],[26].
Notes et références
- ↑ « Ultras de la liga española » [archive du ] (consulté le )
- 1 2 « La mafia de boixos nois se especializó en atracar a narcos »,
- ↑ Ball, Phil pp. 110–112
- ↑ Spaaij, Ramón; Vinãs, C. p. 84
- ↑ Spaaij, Ramón p. 291-292
- ↑ Spaaij, Ramón p. 293
- ↑ Blamires, Cyprian; Jackson, Paul p. 240
- ↑ Burns, Jimmy p. 111
- 1 2 3 Rius-Sant, Xavier, « ¿El fin de los 'boixos nois'? », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Cia, Blanca, « Un 'ultra' azulgrana afirma que la muerte de un joven francés fue rigurosamente planeada », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Spaaij, Ramón; Vinãs, C. p. 87
- ↑ Spaaij, Ramón; Vinãs, C. pp. 88-89
- ↑ and which the then president of FC Barcelona Josep Lluis Nunez
- ↑ King, Anthony p. 242
- ↑ Spaaij, Ramon p. 304
- ↑ Sarah Edworthy, « Running gauntlet of hate in Spain's gran clasico », Telegraph, London, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ball, « The Year of the Pig » [archive du ], ESPN, (consulté le )
- ↑ Tom Shields, « Catalans steel themselves for the worst; Defeat tonight will cap a truly horrific seven days », The Herald, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Eaude, Michael pp. 218–219
- ↑ Quetglás, Gregorio Martín; González-Corroto, Anabel Blancas; Benítez, Gregorio Martín p. 30
- ↑ Burgen, Stephen, « Figo faces up to banishment from the Real Madrid family », The Sunday Times, London, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Simonis, Damien p. 17
- ↑ F. Cass, The International Journal of the History of Sport, vol. 24, Routledge, , chap. 1–6
- ↑ (es) Rebeca Carranco, « Antiviolencia declara grupos violentos a Boixos, Casuals y Cachorros », sur El País, (ISSN 1134-6582, consulté le )
- ↑ (es) « Los Mossos sepraran a los Boixos Nois de los independentista de lo que iba a ser una pelea multitudinaria », sur La Vanguardia, 25 de enero de 2020
- ↑ « Los Boixos Nois sacaron la bandera de España entre las esteladas »,
Voir aussi
Articles connexes
- Hooliganisme dans le football
- Supporters du FC Barcelone
- Liste d'organisations néonazies
- Liste d'organisations nationalistes
Bibliographie
- Phill Ball, Morbo: The Story of Spanish Football, WSC Books Limited, (ISBN 0-9540134-6-8, lire en ligne
) - Burns, Jimmy, When Beckham went to Spain: power, stardom and Real Madrid, Michael Joseph, (ISBN 0-7181-4747-2)
- Simon Chadwick et Dave Arthur, International cases in the business of sport, Butterworth-Heinemann, (ISBN 978-0-7506-8543-6)
- Stephen Dobson et John A. Goddard, The economics of football, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-66158-7)
- Michael Eaude, Barcelona: the city that re-invented itself, Five Leaves, (ISBN 1-905512-03-1)
- Grant Farred, Long distance love: a passion for football, Philadelphia, Temple University Press, (ISBN 978-1-59213-374-1)
- Peter Fisk, Business Genius: A More Inspired Approach to Business Growth, John Wiley and Sons, (ISBN 978-1-84112-790-3)
- Ramón Spaaij, Understanding football hooliganism: a comparison of six Western European football clubs, Amsterdam University Press, (ISBN 90-5629-445-8)
- (es) Quetglás, Gregorio Martín, González-Corroto, Anabel Blancas et Benítez, Gregorio Martín, Lo que el fútbol se llevó: Hacienda y el fútbol: una asignatura pendiente, Universitat de València, (ISBN 84-370-5869-4)
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