Bolos de Mendès
écrivain grec de l'Antiquité
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Bolos de Mendès (Βῶλος) est un auteur de langue grecque (vers ou [1], originaire de Mendès en Égypte, et dont il ne nous reste que des titres d'ouvrages et quelques fragments. On lui a parfois attribué certains textes attribués dans l'Antiquité à Démocrite.
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Sources
La principale source concernant Bolos est constituée de deux entrées à ce nom de la Souda[2], d'origines différentes :
- [B481] : Bolos, philosophe démocritéen auteur d'une Enquête et d'un Art médical (ce dernier ouvrage renferme des remèdes ioniens tirés de certaines propriétés naturelles.
- [B482] : Bolos de Mendès, pythagoricien. Œuvres : Des questions tirées de la lecture des enquêtes qui attirent notre attention, Des prodiges et Les Drogues naturelles (Φυσικὰ δυναμερά). Ce dernier ouvrage comprend : le Traité des pierres [...] sympathiques et antipathiques <et> le Traité des signes tirés du Soleil, de la Lune, de l'ourse, de la lampe et de l'arc-en-ciel..
Provenant de sources différentes les deux entrées se réfèrent probablement à la même personne.
On dispose également de deux passages du De re rustica. (De l'agriculture) de Columelle (Ier siècle)[3]
- « Mais Bolos de Mendès, illustre auteur de nationalité égyptienne, dont les ouvrages intitulés en grec Ouvrages faits à la main [Χειρόκμητα - Cheirokmeta] sont attribués faussement à Démocrite, pense qu'à cause de cette maladie il faut examiner fréquemment et soigneusement le dos des moutons, pour que si par hasard l'un d'eux venait à souffrir de cette maladie, le mal soit dépisté dès le début et que l'on creuse un trou au seuil de l'étable afin d'y jeter vive à la renverse la bête atteinte d'érysipèle et de faire passer par-dessus l'ensemble du troupeau pour que, par là, la maladie se trouve chassée. (VII, V, 17) »
- « Nous avons relevé, chez l'auteur égyptien Bolos de Mendès, une pratique qui demande moins de travail : il conseille de planter, dans un terrain bien exposé et bien fumé, cannes et framboisiers en quinconce dans les jardins, puis, après l'équinoxe de les tailler légèrement au-dessus du niveau du sol... (XI,III,53 »
Occultisme
Bolos cherchait à retrouver les forces, ainsi que les éléments semblables ou opposés (sympathie et antipathie), qui agissaient sur la nature (pierres, plantes, animaux, humains). Il voulait les employer pour améliorer le bien-être physique et moral des hommes. Bolos appartient aussi au courant de la paradoxographie, genre littéraire qui traite des phénomènes anormaux ou inexpliqués. Il étudie les « vertus naturelles » (Φυσικὰ δυναμερά), les sympathies et les antipathies.
Il ne reste que des fragments de ses œuvres :
- Χειρόκμητα / 'Cheirokmeta' : Les tours de main (en médecine, magie, chimie ou alchimie, métallurgie, art vétérinaire, botanique magique), œuvre attribuée par Vitruve[4] et Pline l'Ancien[5] à Démocrite. Mais dès l'antiquité, Columelle[6] en attribue la paternité à Bolos de Mendès (cf. supra).
« Il est raisonnable de penser que la chimie était une part des Cheirokmeta, 'effets merveilleux' produits artificiellement, par opposition aux φυσικὰ, 'effets merveilleux' observés dans la nature[7] »
- Περι συμπαθειων και άντιπαθειων / 'Peri sumpatheiôn kai antipatheiôn' : Des sympathies et antipathies dans les pierres, plantes et animaux. Columelle[8] en cite un extrait :
« [les chenilles] périssent pour peu qu'une femme qui a ses règles fasse, les cheveux dénoués et pieds nus, trois fois le tour de chaque plate-bande »
- Περι Θαυμάσιων / 'Peri thaumasiôn' : Des prodiges
- Γεωργικα / 'Georgika', un traité sur l’agriculture dont Columelle a conservé quelques extraits. Par exemple un extrait qui illustre le mélange de technique et de magie :
« l'auteur égyptien Bolos de Mendès conseille de planter, dans un terrain bien exposé et bien fumé, cannes et framboisiers en quinconce dans les jardins, puis, après l'équinoxe de les tailler légèrement au-dessus du sol. »
Un des tout premiers textes de nature alchimique, le Physica kai Mystica, du pseudo-Démocrite, daté du premier ou deuxième siècle de notre ère, a souvent été attribué ou relié à Bolos de Mendès[9] ; Les études plus récentes ont conduit à rejeter cette hypothèse[10]
Bolos (ou Zosime de Panopolis) est peut-être l'auteur de la Mappae clavicula (Petite clé de tours de mains) selon l'hypothèse de Robert Halleux. Ce livre est un recueil de 300 recettes d'alchimie et de technologie.