Bombardement du gymnase de Lamerd
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Le bombardement du gymnase de Lamerd est une attaque menée par l'armée de terre des États-Unis contre le complexe sportif Shahid Naimi situé à Lamerd, dans la province de Fars, au sud de l'Iran, le , premier jour de la guerre israélo-américaine contre le pays. L'installation sportive est touchée par deux missiles alors qu'une équipe féminine de volley-ball joue dans les locaux, causant la mort d'au moins 21 personnes, dont cinq mineurs, et faisant une centaine de blessés[1].
| Bombardement du gymnase de Lamerd | ||
Image de l'explosion enregistrée par une caméra de surveillance située à l'extérieur du complexe sportif. | ||
| Date | 28 février 2026 c. 17 h 10 (UTC+3:30) |
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|---|---|---|
| Lieu | Lamerd (Iran) | |
| Victimes | Civils | |
| Type | Bombardement | |
| Morts | 21 à 24 | |
| Blessés | 100 à 130 | |
| Auteurs | Armée américaine | |
| Guerre | Guerre d'Iran de 2026 | |
| Coordonnées | 27° 19′ 46″ nord, 53° 10′ 56″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Iran
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Le bombardement a lieu quelques heures après celui de l'école primaire Shajarah Tayyebeh, à Minab. Bien que le Commandement central de l'armée américaine au Moyen-Orient (CENTCOM) nie toute responsabilité et accuse l'Iran, les enquêtes menées par The New York Times, BBC Verify (en) et des analystes indépendants concluent à un tir américain[1],[2],[3].
Bombardement
Le , vers 17 h 10 heure locale (13 h 40 en temps universel), trois missiles frappent la ville iranienne de Lamerd. Le premier missile touche une zone résidentielle voisine du complexe sportif Shahid Naimi, le deuxième explose au-dessus du gymnase et le troisième atteirit à proximité du périphérique en construction de Lamerd, distant de 200 m[4]. La cible visée par cette frappe pourrait être une base du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), séparé du complexe sportif par un mur[1]. Au moment des frappes, le gymnase est utilisé par une jeune équipe féminine de volley-ball, composée de 26 joueuses, encadrées par une entraîneuse et son adjointe[4]. Les locaux sont publiquement identifiés comme une installation à usage civil.
Selon des images vidéo, les ondes de choc provoquées par le missile brisent les fenêtres du bâtiment et noircissent de suie tout un côté du gymnase, tout en causant des dommages à la toiture.
Le Commandement central de l'armée américaine au Moyen-Orient (CENTCOM), par la voix de son porte-parole Tim Hawkins, nie toute responsabilité dans l'attaque. Il affirme que « les forces américaines n'ont mené aucune frappe » dans la zone à ce moment-là et que « la munition visible sur la vidéo semble être deux fois plus longue » qu'un Precision Strike Missile (PrSM), « ce qui correspond aux dimensions et à la silhouette d'un missile de croisière iranien Hoveyzeh »[2].
Selon la BBC, cette affirmation est contestée par de nombreux spécialistes de l'armement, qui soulignent que le missile Hoveyzeh (en) possède plusieurs caractéristiques distinctives qui, selon eux, n'apparaissent pas dans la vidéo du bombardement de Lamerd[2].
Hawkins insiste également sur le fait que « les forces américaines ne ciblent pas les civils, contrairement au régime iranien »[2].
Israël nie également avoir mené des frappes sur Lamerd le [2].
Victimes

L'attaque fait 21 morts, dont 5 mineurs, la plus jeune étant une fillette de 2 ans nommée Avina Barzegar[5],[6]. Une centaine de personnes supplémentaires sont blessées, dont 67 doivent être hospitalisées[7].
Le gouverneur du comté de Lamerd (en), Ali Alizadeh, communique le les noms de 18 personnes ayant perdu la vie lors de l'attaque[8] :
- Zahra Gholami, 16 ans, volleyeuse[9] ;
- Elham Zaeri, 11[10] ou 12 ans, volleyeuse[5] ;
- Robab Dehdashti, technicienne en radiologie à l'hôpital de Lamerd (fa)[11] ;
- Siavash Shahbazi, ingénieur pétrolier[12] ;
- Ilia Hatami, 11 ou 12 ans[13], footballeur[10] ;
- Jafar Hatami, 23 ans, soudeur dans la zone économique spéciale de Lamerd (fa)[14] ;
- Abedin Gharibdoost ;
- Ebrahim Hosseini, 31 ans[7] ;
- Mohammad (ou Mahmoud) Najafi, entraîneur de football[10] ;
- Rahman Mansouri ;
- Seyed Asghar Mousavi ;
- Sakineh Shabani ;
- Zahra Asadinejad ;
- Alireza Abbasi ;
- Helma Ahmadizadeh, 10 ans[10], volleyeuse et cousine de Zahra Ahmadizadeh, joueuse de l'équipe d'Iran féminine de football[4] ;
- Masoumeh Monfared, sportive[15] ;
- Abouzar Amiri ;
- Farhad Najafi.
À ces noms viennent s'ajouter ceux de Hamid Amini et d'Avina (ou Aïssa) Barzegar, décédés le lendemain à l'hôpital[16],[17], ainsi que celui d'Abdul Mosavar Rahmani, jeune immigré afghan absent du bilan initial[10],[18].
Une cérémonie funéraire en hommage aux victimes est organisée le à Lamerd, entre la place de la Révolution et la place de l'Imam Khomeini. Tout au long du cortège, les participants scandent des slogans tels que « Mort à l'Amérique », « Mort à Israël (en) » ou « Gardiens de la Révolution, armée : vengeance, vengeance »[18].
Après une rencontre avec Seyyed Moussa Moussavi (fa), qui représente les comtés de Mohr (en) et Lamerd au Parlement iranien, Esmaïl Baghaï (en), porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, évoque le un nouveau bilan de « 24 personnes [...] ayant atteint le martyre » et de « 130 [...] blessées », dont un « nombre important » souffrent désormais d'un « handicap permanent »[19]. Seyyed Moussa Moussavi parle quant à lui de « 170 [...] tués et blessés »[20].
Enquêtes
Des experts, relayés par BBC Verify (en), identifient la munition avant son explosion comme étant probablement un missile américain, en se fondant sur ses caractéristiques visuelles, l'ampleur de l'explosion et la distance par rapport aux sites de lancement américains répartis au Moyen-Orient. Un expert en armement de McKenzie Intelligence souligne que le missile ne possède ni ailes ni moteur externe, mais présente des « ailettes canard » distinctives, compatibles avec un missile américain de type Precision Strike Missile (PrSM). Les experts relèvent également l'explosion en vol au-dessus de Lamerd, ce qui indique la présence de la fonction de détonation aérienne (airburst (en)) caractéristique du Precision Strike Missile[2].
Selon le New York Times, l'explosion du missile en plein vol est conforme à la conception du PrSM, conçu pour détoner au-dessus de sa cible et disperser des projectiles en tungstène. Un responsable américain, cité anonymement par le journal, confirme que le missile utilisé lors de l'attaque est bien un PrSM. Le journal ajoute qu'il s'agit d'une première utilisation du PrSM dans un contexte de combat réel et donc il qu'il est « difficile d'évaluer si les frappes [...] étaient intentionnelles, découlaient d'un défaut de conception ou d'un défaut de fabrication, ou étaient le résultat d'une sélection de cible inappropriée. »[1]
Réactions
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï (en), déclare sur X que l'attaque « n'est pas un acte isolé de cruauté », mais qu'elle s'inscrit dans un « modèle systématique et brutal de guerre illégale contre l'Iran. »[21] Il la qualifie également de « crime de guerre abject »[22].
Le représentant des comtés de Mohr (en) et Lamerd (en) au Parlement iranien, Seyyed Moussa Moussavi (fa), demande aux autorités iraniennes de saisir les Nations unies pour enquêter sur le bombardement[20].