Bombardements de l'Ennedi
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| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Plateau de l'Ennedi |
| Issue | Victoire franco-tchadienne |
| UFR |
| Ousmane Tegeun |
7 avions Mirage 2000[1] 1 drone MQ-9 Reaper[2] inconnues |
400 hommes[3] 50 véhicules[2] |
aucune aucune |
10 morts[4] 267 prisonniers[5] 20 à 40 véhicules détruits[2],[4] |
| Coordonnées | 17° 02′ 30″ nord, 21° 51′ 46″ est | |
|---|---|---|
Les bombardements de l'Ennedi ont lieu du au et sont menés par les forces aériennes françaises contre une colonne de rebelles tchadiens de l'Union des forces de la résistance (UFR), dans le plateau de l'Ennedi.
En , l'Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar lance une offensive visant à prendre le contrôle du sud de la Libye, devenue une base arrière de groupes djihadistes, de groupes rebelles tchadiens et de groupes rebelles soudanais[6],[7],[8],[9]. L'opération se fait alors en coordination avec le gouvernement tchadien et avec le soutien de la France[7],[8],[3].
Les rebelles tchadiens de l'Union des forces de la résistance (UFR), alors basés au sud de Mourzouq, préfèrent quitter le sud de la Libye plutôt que de combattre les troupes d'Haftar, et débutent un voyage d'une semaine pour regagner le territoire tchadien[10],[11]. L'UFR n'a alors plus la puissance qu'elle avait lors de la guerre civile tchadienne de 2005-2010 et son objectif semble d'établir un nouveau sanctuaire dans le désert de l'Ennedi, plutôt que de lancer une offensive contre le gouvernement d'Idriss Déby[10],[12]. Cependant la France, active dans la région sahélienne dans le cadre de l'opération Barkhane, dont l'état-major est basé à N'Djaména, ne tient pas à ce que le Tchad, allié efficace contre les djihadistes, soit déstabilisé[10],[13],[2],[14].
Déroulement

Dans la nuit du au , une colonne d'environ cinquante véhicules de l'UFR franchit la frontière entre la Libye et le Tchad[2],[12]. Les 1er et , les forces aériennes tchadiennes effectuent des frappes et des avertissements dissuasifs auxquels les rebelles ne répondent pas[2]. La colonne tchadienne est alors prise pour cible par l'Armée de l'air française dans le désert de l'Ennedi[10]. Le , après un survol d’avertissement, l'aviation française bombarde à partir de 18 h la colonne à deux reprises afin d'entraver sa progression et de la disperser[2],[12]. D'autres frappes ont ensuite lieu le 5 et le [10]. Les Français mobilisent au total sept chasseurs Mirage 2000 — cinq basés sur la base aérienne 172 Fort-Lamy de N'Djaména et deux à la base aérienne 101 Niamey — ravitaillés par deux C-135 et un drone d'observation MQ-9 Reaper[15] et effectuent une vingtaine de frappes[1],[13].
Le ministère français des Affaires étrangères déclare alors dans un communiqué que « la France est intervenue à la demande des autorités tchadiennes pour contrer l’incursion d’éléments armés venant de Libye »[10].
Les forces de l'Armée nationale tchadienne basées dans les bases d'Ounianga Kébir et de Fada se déploient alors dans la région de Bao, là où les frappes aériennes françaises ont été menées[4].
Le , plusieurs rebelles se rendent aux forces gouvernementales à Amdjarass[16]. Le chef de la colonne, le lieutenant Ousmane Tegeun, et ses éléments à bord d'une dizaine de pick-up se réfugient dans une grotte, près de Bao Bilia, avant de se rendre à leur tour[16]. D'autres combattants se cachent dans les montagnes de Hadjer Marfaïn[4].
Après les frappes, le porte-parole de l'UFR, Youssouf Hamid, réagit : « Une bataille est perdue, mais pas la guerre. On ne savait pas que la France interviendrait. Normalement, ils font du renseignement, ça on le sait. On ne s'attendait pas à des frappes. Il n'y a pas eu un seul combat entre (les combattants de l'UFR) et l'armée tchadienne. C'est la France qui a combattu, pas les Tchadiens »[17].
Pertes
Le , l'armée française affirme dans un communiqué avoir mis hors de combat une vingtaine de pick-up[2]. Le , le gouvernement tchadien affirme que 250 rebelles ont été faits prisonniers, dont le lieutenant Ousmane Tegeun, qui commandait la colonne, et qu'une quarantaine de véhicules ont été détruits[16],[4]. RFI indique pour sa part que selon plusieurs sources, une centaine de combattants se sont rendus[16]. Une source de l'AFP au sein de l'UFR affirme également que dix combattants de l'UFR ont été tués par les frappes[4].
Les prisonniers sont rassemblés à Amdjarass, puis conduits au bagne de Koro Toro[18]. Les autorités tchadiennes annoncent qu'ils ne seront pas jugés par un tribunal militaire, mais par un tribunal civil et qu'ils seront poursuivis pour « terrorisme »[18].