Bombyx mandarina est une espèce d'insecteslépidoptères, de la famille des Bombycidae. C'est l'espèce sauvage la plus proche de Bombyx mori, le Bombyx du mûrier (uniquement domestique). Les larves (chenilles) des deux espèces sont appelées vers à soie, célèbres pour la production du cocon fibreux dont la soie est récoltée par l'homme.
Contrairement à son cousin domestique, qui a perdu la capacité de voler et dépend trop des humains pour survivre hors d'un élevage, B. mandarina est un papillon assez ordinaire. La principale différence entre B. mandarina et B. mori est que le premier possède un corps plus fin avec des ailes bien développées chez les mâles, et une couleur gris-brun terne.
Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Bombyx mandarina Moore, 1872[1].
Phylogénie
Bombyx mandarina et Bombyx mori sont deux des huit espèces du genre Bombyx. L'origine du Bombyx du mûrier domestique reste énigmatique. Il s'agirait du survivant d'une espèce éteinte qui aurait divergé des ancêtres de Bombyx mandarina il y a des millions d'années. Toutefois, cette théorie repose sur l'hypothèse de l'horloge moléculaire, qui suppose que les Bombyx du mûrier sauvages et domestiques ont évolué à la même vitesse après la divergence de leurs lignées. En réalité, les effets de la sélection artificielle ont accéléré l'évolution de la forme domestique au point qu'il est difficile de retracer l'origine des nombreuses races de Bombyx du mûrier domestiques, même avec les méthodes de phylogénie moléculaire les plus modernes[2]. Il est possible que tous les Bombyx du mûrier domestiques descendent d'un groupe initial de B. mandarina collecté il y a 5000 ans[2]. Bien que la soie sauvage ait pu être collectée et utilisée pour la fabrication de fils depuis plus longtemps, la technique d'élevage et d'utilisation des vers à soie issus d'une souche domestiquée n'existait pas avant le Néolithique tardif.
Il a toutefois été possible de retracer l'origine géographique du Bombyx du mûrier domestique. L'espèce sauvage est présente sur une vaste aire de répartition, de l'intérieur de la Chine à la Corée et au Japon, et présente une variation subtile mais importante: les spécimens chinois possèdent 56 chromosomes et les spécimens japonais 54. Les populations de l'extrémité nord-est de l'aire de répartition diffèrent par leur caryotype de celles de l'intérieur de la Chine[3],[4].
Les Bombyx du mûrier domestiques sont plus proches de ces dernières pour les données de séquence d'ADNmt et sont dépourvus de certaines apomorphies génétiques de l'espèce B. mandarina du nord-est. Ainsi, le groupe domestique initial provient de l'intérieur de la Chine.
Bombyx mandarina peut s'hybrider avec Bombyx mori. Tant à l'état sauvage qu'en élevage, les femelles libèrent des phéromones et attendent que les mâles soient attirés et viennent à elles. Cependant, les mâles de Bombyx mori ne peuvent pas voler. L'hybridation à l'état sauvage implique donc inévitablement le croisement entre des mâles sauvages (B. mandarina) et des femelles domestiques (B. mori). L'hybridation est possible dans les deux sens en élevage.
Par conséquent, les deux Bombyx du mûrier ont été réunis en tant que sous-espèces d'une seule et même espèce; dans ce cas, le nom Bombyx mori, qui fut publié en premier, s'applique aux deux. Cependant, il est généralement admis que le Bombyx du mûrier domestique dépend entièrement des soins humains pour sa survie et qu'il est donc isolé reproductivement de ses congénères sauvages.
12(en) Narumi Yoshitake, «Phylogenetic aspects on the origin of Japanese race of the silkworm, Bombyx mori L.», The Journal of Sericultural Science of Japan, vol.37, no2, , p.83–87 (DOI10.11416/kontyushigen1930.37.83, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Kenji Yukuhiro, Hideki Sezutsu, Masanobu Itoh et Koichi Shimizu, «Significant Levels of Sequence Divergence and Gene Rearrangements have Occurred Between the Mitochondrial Genomes of the Wild Mulberry Silkmoth, Bombyx mandarina, and its Close Relative, the Domesticated Silkmoth, Bombyx mori», Molecular Biology and Evolution, vol.19, no8, , p.1385–1389 (ISSN1537-1719 et 0737-4038, DOI10.1093/oxfordjournals.molbev.a004200, lire en ligne, consulté le )
↑(en) K. P. Arunkumar, Muralidhar Metta et J. Nagaraju, «Molecular phylogeny of silkmoths reveals the origin of domesticated silkmoth, Bombyx mori from Chinese Bombyx mandarina and paternal inheritance of Antheraea proylei mitochondrial DNA», Molecular Phylogenetics and Evolution, vol.40, no2, , p.419–427 (ISSN1055-7903, DOI10.1016/j.ympev.2006.02.023, lire en ligne, consulté le )