Bon citoyen
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Un bon citoyen ou une bonne citoyenne est une personne physique disposant de la citoyenneté et usant de ses savoir-être, savoir-faire et savoirs pour rendre meilleure la collectivité publique à laquelle il appartient et en faire un environnement harmonieux et respectueux pour tous et toutes. L'ingénieure chez Hydro-Québec Chantal Bernatchez définit le bon citoyen comme celui qui est capable d’être heureux dans ce que nous sommes pour donner autour de nous. Cette personne est selon elle capable de partage et de résilience[1].
Même si le philosophe Aristote reconnaît que le bon citoyen et l’homme bon recherchent tous deux la justice, se modèrent et cherchent la béatitude personnelle comme finalité, il affirme que les deux termes ne sont nullement synonymes : l'homme de bien est caractérisé par agathos, mais le bon citoyen par spoudaios[2].
En effet, le bon citoyen selon lui est celui qui possède la capacité de gouverner et d'être gouverné à son tour, alignant sa conduite personnelle sur les principes constitutionnels du régime politique et promouvant la vertu civique parmi ses membres afin de préserver la stabilité et le bon fonctionnement de la cité. Aristote essaie d'établir que la vertu du citoyen n'est pas absolue ni teleia, mais relative car elle se révèle variable selon le type de constitution[2],[3]. Selon Agnès Bezevengui, la vertu du bon citoyen ne coïncide même pas avec celle de l'homme de bien dans l'État idéal d'Aristote: c'est seulement chez le chef, le dirigeant, l'archon que nous verrons cette coïncidence se manifester[2]. Alors que l'homme de bien est ainsi nommé à cause d'une excellence dans sa vertu, qui est absolue et parfaite, car indépendante de tout régime politique. Aristote estime donc qu'il est possible d'être un bon citoyen sans posséder l'excellence qui est la qualité de l'homme de bien (et inversement). Pour être un bon citoyen, il convient de choisir le bien commun lorsqu’on est confronté à des questions d’intérêt personnel par opposition à l’intérêt public[4].
Constituant plus une obligation spéciale écrite qu'une vraie règle de droit de par l'absence de son caractère coercitif, l’article 4 de la Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen de 1795 qui disait : « Nul n'est bon citoyen, s'il n'est bon fils, bon père, bon frère, bon ami, bon époux »; faisait de la bonne citoyenneté le reflet de la moralité privée et des vertus domestiques, sous-entendant qu'un homme français ayant la citoyenneté et exercer au mieux ses devoirs civiques doit d'abord savoir honorer son père et sa mère («bon fils»), maintenir l'ordre dans sa famille et disposer du pouvoir sur sa propriété («bon père»), tenir en respect tous ses collatéraux qui hériteront avec lui de leurs parents qui pouvaient autant être ses frères que ses cousins germains par exemple («bon frère »), être fidèle et ne pas divorcer ( «bon époux»)[5], honorer ses contrats et ses promesses («bon ami»).
Dans son Discours à New York tenu le 11 novembre 1902, Theodore Roosevelt avait déclaré : The first requisite of a good citizen in this Republic of ours is that he shall be able and willing to pull his weight; that he shall not be a mere passenger, but shall do his share in the work that each generation of us finds ready to hand; and, furthermore, that in doing his work he shall show, not only the capacity for sturdy self-help, but also self-respecting regard for the rights of others. (« La première qualité requise d'un bon citoyen dans cette République qui est la nôtre est d'être capable et d'être disposé à assumer ses responsabilités; qu’il ne se contente pas d'être un simple résident, mais qu’il apporte sa contribution à la tâche que chaque génération d'entre nous a à accomplir ; et, de plus, qu'en accomplissant sa tâche, il fasse preuve non seulement d'une capacité réelle à subvenir à ses propres besoins, mais aussi d'un respect envers lui-même et envers les droits d'autrui. ») [6]
L'enseignant-chercheur américain en éducation civique Joel Westheimer (en) distingue trois types de « bons citoyens » : le citoyen personnellement responsable (qui agit de manière responsable au sein de sa communauté, par exemple en donnant son sang), le citoyen participatif (qui est un membre actif d'organisations collectives et/ou d'initiatives visant à améliorer la vie locale) et le citoyen soucieux de justice (qui porte un regard critique sur les structures sociales, politiques et économiques afin d'aller au-delà des causes superficielles et de comprendre les causes profondes)[7].
Incitations
Le désir de bénéficier d'avantages personnels tend parfois à l'emporter sur la gratification d'être un bon citoyen. Par exemple, beaucoup de gens pourtant citoyens dans leur pays refusent de témoigner devant les tribunaux parce qu'ils ne veulent pas avoir à faire face aux formalités administratives et aux désagréments que cela implique[8].