Mentionné pour la première fois en 1244, il succède à son père comme baron de Castellane le .
En 1248, Boniface et le comte Barral des Baux mènent une rébellion contre Charles d'Anjou, parti pour la septième croisade. Charles réprime le soulèvement à son retour en 1250[1]. La carrière politique mouvementée de Boniface peut être retracée à travers ses trois sirventès survivants, des œuvres poétiques lyriques sur des thèmes politiques en langue occitane, chacune écrite à différents moments de son conflit avec Charles d'Anjou[2]. Dans la seconde moitié de 1252, il écrit Era, pueis yverns es e'l fil (Maintenant, puisque c'est l'hiver et que les ruisseaux), une attaque contre l'Église (un soutien de Charles), HenriIII d'Angleterre (parent de Charles par alliance) et même JacquesIer d'Aragon (coupable de n'avoir pas vengé la mort de son père PierreII d'Aragon à Muret).
Le pacte entre Charles et plusieurs villes du Piémont en 1260 inspire un autre poème satirique dans le style de Bertran de Born, Guerra e trebailh e brega'm plaz (La guerre, les efforts et le tumulte me plaisent). Au début de 1262, Boniface mène une nouvelle révolte contre Charles d'Anjou dans la ville de Marseille. Cette fois, Barral des Baux reste fidèle à Charles, mais son cousin Hugues des Baux se joint à Boniface[3]. En représailles, Charles détruit Castellane et force Boniface à l'exil. Celui-ci s'enfuit à la cour du roi JacquesIer d'Aragon à Montpellier. Il y écrit Si tot no m'es fort gaya la sazos (Bien que la saison ne soit pas très gaie), identique en métrique et en rimes à Humils e francs e fis soplei ves vos de Pons de Chapteuil. De Montpellier, il se rend en Espagne. En , il est à Huesca, à la cour du prince PierreIII d'Aragon, organisant une alliance contre Charles. Il est à Valence en juillet, mais il disparaît des sources après cette date et meurt probablement peu de temps après.
(en) Steven Runciman, The Sicilian Vespers: A History of the Mediterranean World in the Later Thirteenth Century, Londres, Cambridge University Press, 1958.