Bonjour Toubib
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Jean Cosmos
Louis Cuny
Noël-Noël
| Réalisation | Louis Cuny |
|---|---|
| Scénario |
Serge de Boissac Jean Cosmos Louis Cuny Noël-Noël |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie |
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 1957 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Bonjour Toubib est un film français réalisé par Louis Cuny, sorti en 1957.
Dans un quartier populaire de Paris, le docteur Forget est une figure respectée, un médecin de famille dévoué, patient, profondément humain, le confident de toutes les misères du quotidien. Pour lui, la médecine n’est pas seulement une profession, mais un engagement total envers ceux qui n’ont souvent ni moyens, ni connaissances, ni soutien pour faire face aux difficultés de la vie. Sa clientèle se compose de travailleurs pauvres, de familles nombreuses, de personnes âgées isolées, et de toute une galerie de personnages que la misère matérielle ou morale frappe de plein fouet.
Le docteur Forget nourrit un espoir : voir son fils prendre un jour sa succession. Il imagine déjà ce jeune homme, formé aux techniques modernes et animé d’un sens du devoir, poursuivre ce travail difficile mais essentiel au sein du quartier. Le fils, ayant été recalé à l’examen, ne sait comment l’annoncer à son père. Une suite de quiproquo laisse entendre que le jeune est reçu, à la plus grande joie du praticien. Il commence donc à accompagner son père lors des visites à domicile. Le film se transforme alors en un parcours initiatique où le jeune homme découvre les réalités du terrain, bien loin des salles de cours.
À travers leurs tournées médicales, une multitude de scènes savoureuses et poignantes se succèdent. L’on passe de l'appartement sombre d’une veuve atteinte d’un mal incurable à celui d’une mère débordée qui minimise la maladie de son enfant. On rit parfois devant les peurs irrationnelles d’une patiente hypocondriaque ou devant les pouvoirs surnaturels d’un « guérisseur de quartier » qui applique des remèdes farfelus. Mais l’on s’émeut aussi des conditions précaires dans lesquelles vivent certains habitants : logements insalubres, solitude, ignorance des règles élémentaires d’hygiène, peur du médecin perçu comme une autorité inaccessible.
Le docteur Forget, avec une patience tissée par des années d’expérience, trouve les mots justes, rassure, conseille, sermonne parfois, mais toujours avec bienveillance. Son fils, lui, apprend à apprivoiser ces situations humaines complexes, à écouter davantage qu’à parler, à comprendre que le diagnostic ne se limite pas au corps mais s’étend à l’âme, au psychisme, aux inquiétudes, et aux circonstances de vie comme pour cet enfant atteint de surdité somatique, suite aux bombardements durant la guerre. Les visites à domicile deviennent alors autant d’épreuves professionnelles que de moments de complicité, d’apprentissage et parfois de confrontation douce entre les deux êtres.
À mesure que l’histoire avance, le fils avouera à son père son échec et son désir de changer de profession. Le père n’aura pas le temps de s’exprimer qu’il devra intervenir d’urgence auprès d’une jeune fille ayant tenté de se suicider. Le film s’achève sur une note douce, à la fois tendre et réaliste : le fils , ayant aidé son père a soigner la désespérée, sera désormais convaincu de poursuivre ses études dans ce métier.