Bornage étrusque
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Le bornage étrusque est le principe du « bornage des biens » instauré par les augures étrusques, très respectueux du droit de propriété.
Comme les autres coutumes de la vie quotidienne chez les Étrusques, il est intimement lié aux pratiques rituelles, sacrées, divinatoires et sociales de leur culture. Pour la fondation de leurs villes, ils appliquaient un modèle géométrique.
« Une prophétie menace ainsi des pires catastrophes quiconque déplacerait les bornes. »
— Jean-René Jeannot, La Religion dans l'ancienne Étrurie.
Emplacement des tombes

Les premières tombes villanoviennes sont pour la plupart des tombes à fosse et leur emplacement souterrain n'est repérable que par leur pierre de surface. Ces cippes peuvent être très simples (en forme de bouchons ou sphériques comme à Orvieto et Sarteano).
Dans les tombes plus récentes des époques orientalisante, archaïque, classique et hellénistique, les objets accompagnant le défunt sont souvent accompagnés d'« inscriptions parlantes[1] » épigraphiques et sont autant d'indications de propriété et de leurs limites (et autant de la fonction du défunt : « J'appartiens à… », « Untel m'a donné… »).
Limites de propriétés, juridiques et religieuses

Le bornage (l'arpentage, le cadastre) chez les Étrusques est en partie issu de la culture grecque côtoyée par leurs échanges commerciaux fructueux et réinterprété comme rite religieux par l'haruspice étrusque armé de son lituus.
L'institution de la propriété privée est un des rites fondateurs comme l'annonce la prophétie de la nymphe Vegoia (« la proto-sibylle étrusque ») qui jette un sort sur tous ceux qui ont l'intention de changer les limites d'un champ illégalement confirmant le mythe de Tagete sorti d'un sillon tracé par la charrue de Tarchon.
Le templum même qui définit chaque section du ciel placé sous la protection d'une divinité spécifique, permet aux haruspices et augures de considérer comme acte sacrilège l'enlèvement d'une pierre de bornage sans un contrat officiel de vente.
Les cippes sont autant d'indications de limites territoriales et comportent quelquefois les textes complets de l'acte juridique faisant foi du droit comme ceux du cippe de Pérouse.
Les divinités Lares étaient chargées de surveiller ces bornes.
Certains cippes étrusques ont été retrouvés en Tunisie avec la dédicace à Tins[2].