Briefcam
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Transformer la vidéosurveillance en intelligence active |
| Type |
|---|
| Propriétaire |
Canon (depuis ) |
|---|---|
| Site web |
(en) www.briefcam.com |
BriefCam est un système informatique de vidéosurveillance algorithmique doté (pour certaines versions) de fonctionnalités de système de reconnaissance faciale et de recherche accélérée de formes, objets, couleurs de vêtements, etc. dans un flux vidéo (de caméra de surveillance notamment). Cet outil est édité par la société israélienne Briefcam, propriété du groupe Canon.
Ce logiciel est resté en France sans catégorisation juridique claire durant 8 ans, puis a été officiellement classé en 2023, après publication d'une enquête de Disclose, comme « logiciel de rapprochement judiciaire » soumettant son usage à autorisation et contrôle judiciaire. Sa fonctionnalité de reconnaissance faciale et d'analyse automatique a fait l'objet de plusieurs décisions de justices car son usage est interdit en France, sauf cas particulier expérimental.
Ce logiciel de vidéosurveillance algorithmique[1], utilisé en France à des fins de « rapprochement judiciaire » (relevant du décret no 2012-687 du ), permet notamment de parcourir des heures de vidéo en quelques minutes pour y détecter des formes, des objets, des couleurs de vêtements, des visages, etc.[2],[3]. La première version du logiciel visait à détecter, taguer et horodater automatiquement tous les objets/personnes en mouvement dans une vidéo, et à les retrouver en quelques minutes, grâce à un système breveté (Vidéo SYNOPSIS)[4] qui « présente simultanément des objets qui sont apparus à différents moments de la vidéo ». En 2024, selon le fabricant, un système de recherche avancée multi-caméras distingue hommes, femmes, enfants, véhicules d'intérêt, etc. « en utilisant la reconnaissance faciale, la similitude d'apparence, l'habillement, la couleur, la taille, la vitesse, la vitesse, la direction, le temps de séjour et les filtres de changement d'éclairage »[4].
BriefCam propose trois modes à son logiciel[4],[5] :
- mode REVIEW : peut repérer et horodater automatiquement, 'a posteriori, tous les objets et personnes visibles sur des vidéo, à partir de critères prédéfinis dites "sur étagère" ; l'utilisateur ne peut pas introduire ses propres critères dans le logiciel. cette version ne peut pas non plus créer de base de données spécifique alimentée par le logiciel, qui n'est pas non plus connecté à aucune base de données extérieure car installé sur un ordinateur dédié ;
- mode RESPOND : des fonctionnalités plus avancées permettent de traiter des vidéos en temps réel et de déclencher des alertes selon des règles définies par l’utilisateur ;
- mode RESEARCH : il produit en outre des tableaux de bord et des analyses statistiques, peut vérifier le respect par les personnes filmées de normes définies (ex. : port du masque, traversée sur passage piéton…), et peut retracer le parcours d’un individu sélectionné dans une zone donnée.
En France, Certains services de police depuis 2015 et de la gendarmerie depuis 2017 n'ont accès qu'à la version 8 REVIEW 9, et selon un rapport (), « ils n’ont jamais envisagé l’acquisition de solutions de niveau supérieur, contrairement, sans doute à d’autres opérateurs ou collectivités territoriales, qui n’étaient pas dans le champ de la mission »[4].
Limites : le logiciel perd en précision quand la caméras est motorisées, rotatives ou mobiles ; il n'accepte que certains formats vidéo (les formats propriétaires, doivent être préalablement converti en un format reconnu par Briefcam ; il est limité en termes de quantité de vidéos pouvant être injectées dans l’application ; et le traitement du flux peut prendre un certain temps[4].
Usage dans le monde
Le logiciel est utilisé par les services de police en Israël, aux États-Unis sur des systèmes de surveillance privés[6], au Brésil, à Taïwan ou à Singapour[1] et en France depuis 2015 environ par la police et la gendarmerie, et par une centaine de collectivités en 2023.
Il est utilisé illégalement et dans un flou juridique durant 8 ans par les services de police et de gendarmerie français entre 2015 et 2023. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur, son usage est alors largement répandu, sans archivage systématique ni supervision judiciaire. Après la révélation de cette utilisation par Disclose, le logiciel est désactivé en France[7] puis régularisé pour une partie des services qui l'utilisaient.
À l’approche des jeux olympiques d'été de 2024, le gouvernement français soumet au parlement[8] une loi qui autorise depuis l’expérimentation de Briefcam par la police nationale à une large échelle, et ce, jusqu’au [1].
Histoire
L'entreprise est fondée en 2008 par des enseignants de l’école d’informatique et d’ingénierie de l’Université hébraïque de Jérusalem[1].
En 2011, la technologie Briefcam est utilisée par la Norvège pour identifier le parcours du terroriste d’extrême-droite Anders Behring Breivik et en 2013 lors de l’attentat du marathon de Boston aux États-Unis[6].
En 2012, les communes de Vals-les-Bains et Aubenas utilisent les services de la société pour la sécurité publique[9].
En 2015, le logiciel Briefcam est expérimenté par la direction départementale de sécurité publique (DDSP) de Seine-et-Marne[1].
En 2017, l’application est déployée dans les services de police du Rhône, du Nord, des Alpes-Maritimes, et de Haute-Garonne, ainsi qu'au service interministériel d’assistance technique, l'unité de police chargée des infiltrations, de la mise sur écoute et de la surveillance de la grande criminalité[1]. Le logiciel est également utilisé par 200 communes françaises parmi lesquelles Roubaix, Vannes[3], Vitrolles, Nice, Vienne, La Baule-Escoublac, Vaulx-en-Velin, Roanne, Aulnay-sous-Bois, Perpignan, Deauville, Nîmes et Aix-les-Bains[1],[6],[10].
En 2018, la société est rachetée par la multinationale japonaise Canon[11].
En 2020, selon une brochure du lobby de la vidéosurveillance, l'AN2V, la commune de Moirans a recours à la vidéosurveillance automatisée pour l’analyse algorithmique à partir des images captées par les caméras[12].
En , le groupe Eiffage énergie systèmes remporte la mission de service public liée à la surveillance de l'Assemblée nationale au Palais Bourbon. L'entreprise sous-traite une partie du marché à la société BriefCam[13].