Sa vie avant d'être transportée à Cayenne depuis la Guadeloupe par le marchand d'esclaves suisse Siéger[1] ou Siégert[2], qui la vend à son ami Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, reste inconnue[1],[2]. Malgré le fait que le biographe français du politicien, Arthur Conte, la décrive comme ayant « rapidement conquis son cœur solitaire »[1], en réalité, elle est amenée sur un navire négrier alors qu'elle n'est encore qu'une enfant[1]. Elle tente de se suicider pendant le voyage en se jetant à l'eau[1]. Billaud en fait sa concubine, alors qu'il a trente ans de plus qu'elle[1]. Bien qu'il l'affranchisse théoriquement[1], il l'utilise pour effectuer toutes les tâches ménagères, y compris la cuisine, la gestion du bétail et du jardin[1], ainsi que la supervision des autres esclaves noirs qu'il a acquis de son ami[2]. Elle s'appelle Brigitte, mais il la nomme Virginie[3]. Elle accompagne Billaud-Varenne lors de son voyage aux États-Unis[4].
Cette situation est surprenante, étant donné que Billaud-Varenne est l'un des abolitionnistes pendant la Révolution française[2] et soutient l'abolition de l'esclavage en 1794, l'une des premières de l'histoire[5]. Cependant, il ne semble jamais exprimer de remords ou de préoccupations morales concernant son implication dans l'esclavage, que ce soit avec Brigitte ou plus généralement avec tous ses esclaves[2].
Après sa mort en 1819, dans son testament, il lègue tous ses biens à Brigitte et l'exprime ainsi : « Je donne ce surplus, quelle que soit sa valeur, à cette honnête fille; autant pour la récompenser des immenses services qu'elle m'a rendus depuis plus de dix-huit ans que pour reconnaître la nouvelle et plus complète preuve de son attachement sans faille, en consentant à me suivre où que j'aille »[6],[7]. Elle ne peut pas signer le testament car elle ne sait pas écrire et doit être remplacée par un notaire, qui signe en son nom[7]. Il semble qu'avec les quelques biens restants de Billaud-Varenne, elle parvienne à acquérir une petite maison à Port-au-Prince[7].
Bien plus jeune que lui, elle meurt après 1874[3],[6], année où elle est encore signalée comme vivante en Haïti[7]. Elle joue un rôle important dans la préservation des documents de son ancien maître, qu'elle vend à un collectionneur privé au cours du XIXe siècle[6].