Bruno Contrada
fonctionnaire, agent secret et policier italien
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Bruno Contrada, né le à Naples (Campanie, Italie) et mort le [1], est un policier italien.
Chef de la Squadra mobile de Palerme à la fin des années 1970 puis numéro 3 des services de renseignement italiens, il est condamné pour complicité avec une organisation mafieuse, sentence annulée par la Cour européenne des droits de l'homme.
Biographie
Carrière
Bruno Contrada intègre la police d'État italienne en 1958[2]. Son avancement dans les rangs de la police se fait en parallèle avec la prise de pouvoir dans le sang du clan des Corleonesi dans les années 1970 et 1980[3]. Dans les années 1970, il devient chef de la Squadra mobile de Palerme, et dirige avec son adjoint, Boris Giuliano, cette brigade fer de lance de la lutte contre la mafia sicilienne avant que la justice ne s'y engage pleinement[4]. Ainsi poursuit-il dans les rues de la Vucciria, le tueur de la mafia Pino Greco, et l'arrête spectaculairement avec le commissaire Vincenzo Speranza[4].
Il prend ensuite la tête de la section sicilienne de la Direction centrale de la police criminelle (Criminalpol)[2]. Il a été notamment en charge des assassinats par Cosa nostra du président de la région sicilienne Piersanti Mattarella, du juge Cesare Terranova et du secrétaire provincial démocrate-chrétien Michele Reina[3].
Il est intronisé dans l’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre dirigé par l'homme d'affaires corrompu Arturo Cassina, où se presse la bonne société palermitaine, et de premières rumeurs de sa proximité avec le clan des Corleonais bruissent dans les milieux policiers[4].
Il est ensuite directeur général de la police d'État, numéro trois du Service d'information et de sécurité démocratique (SISDE)[2].
Procès
Sur la base des déclarations de quatre mafieux repentis (Tommaso Buscetta, Francesco Marino Mannoia, Gaspare Mutolo et Giuseppe Marchese). Il est suspecté de liens avec les clans mafieux siciliens, notamment le parrain Rosario Riccobono[5], et arrêté dans la nuit du 23 au [3]. Gaspare Mutolo indique que Contrada aurait été logé, via Jung, aux frais du clan de Rosario Riccobono[4].
Il aurait joué l'intermédiaire entre Cosa nostra et les services corrompus de l’État italien, freinant les enquêtes contre les parrains siciliens et les investigations sur les crimes comme l'assassinat du commissaire Boris Giuliano[6]. Déjà en 1989, quand le juge antimafia Giovanni Falcone échappe à un attentat dans une villa d'Addaura, il indique aux enquêteurs son sentiment que Contrada est impliqué, mais celui-ci n'est pas inquiété[6].
Condamné en première instance en avril 1996[6], et acquitté en appel, il est définitivement condamné en 2007 à 10 ans de prison pour complicité extérieure à une association mafieuse[7]. Il purge huit ans de sa peine[1], mais la Cour européenne des droits de l'homme condamne l'Italie, le 14 avril 2015, jugeant que l'infraction de concours externe en association mafieuse ne pouvait être retenue pour des faits antérieurs à 1994[7]. En 2017, la Cour de cassation clôt l’affaire et il est réintégré comme retraité de la police d'État avec effet rétroactif à 1993[1].
En 2020, la deuxième chambre de la Cour d'appel lui accorde 667 000 euros pour détention injustifiée, tout en considérant qu'il « a objectivement contribué à renforcer la Cosa nostra mettant gravement en danger l’ordre public et portant gravement atteinte à la crédibilité même de l’État, pour la défense duquel d’autres fidèles serviteurs, devenus des obstacles gênants à éliminer, ont perdu la vie »[1].
Mais la Cour de cassation annule cette décision. Dans un nouveau jugement, les juges confirment la disponibilité de Contrada en faveur de Cosa nostra entre 1979 et 1988, à la préfecture de police de Palerme, à la tête du Haut-commissariat pour la lutte contre la mafia comme au SISDE, en fournissant des informations confidentielles sur les enquêtes et des opérations policières. Il lui accorde toutefois 285 000 € (103 000 € pour les 440 jours de prison et 181 000 € pour les 1 540 jours d’assignation à résidence)[1].