Bruno Lafont
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Bruno Lafont, né le à Boulogne-Billancourt (Seine)[1], est un chef d'entreprise français. Il est le directeur général de Lafarge à partir du et son président du à 2015, lors de sa fusion avec Holcim. Il est ensuite vice-président du conseil d'administration jusqu'en .
En 2026, il est condamné à 225 000 euros d'amende et six ans de prison, avec incarcération immédiate dans l'affaire du financement de Daech en Syrie par l'entreprise Lafarge.
Formation
Après le lycée Saint-Louis-de-Gonzague[réf. nécessaire], Bruno Lafont sort diplômé de HEC Paris en 1977, puis de l'ENA en 1982[2][source insuffisante].
Carrière
Il commence sa carrière chez Lafarge dès 1983 en tant qu'auditeur interne à la Direction financière[3][source insuffisante]. L'année suivante, il intègre l'activité sanitaire du groupe (désormais externalisé) en tant que Directeur administratif et financier en Allemagne.[réf. nécessaire]
Il est ensuite successivement, de 1986 à 1988, directeur financier de cette branche puis de 1988 à 1989, directeur du développement international, basé en Allemagne. En 1990, il est nommé directeur des opérations Ciment, Granulats & Béton de Lafarge pour la Turquie et la région Méditerranée orientale.[réf. nécessaire] En 1995, il rejoint le comité exécutif de Lafarge comme directeur général adjoint finances du groupe, puis en 1998 au titre de président de l'activité plâtre. Entre 2003 et décembre 2005, il est directeur général délégué du groupe.[réf. nécessaire]
Il co-dirige l'activité Ciment et supervise l'activité Granulats & Béton ainsi que la région Amérique du Nord. Il accélère le développement du ciment en Asie, notamment grâce à la coentreprise conclue avec Shui On en Chine[4][réf. nécessaire].
Administrateur de Lafarge SA depuis le , il exerce la fonction de directeur général de Lafarge à partir du et lance le plan stratégique « Excellence 2008 » en [5][source insuffisante]. En 2006, deux opérations stratégiques sont menées : le rachat des intérêts minoritaires de Lafarge North America[6][réf. nécessaire] et la cession de l'activité Toiture[7]. Il devient président du conseil d'administration de l'entreprise le [8],[9]. En , il annonce l'acquisition d'Orascom Cement[10], leader cimentier du Moyen-Orient et du Bassin méditerranéen, qui marque une accélération décisive du développement du Groupe dans les marchés émergents à forte croissance. Il détient également des mandats dans différentes sociétés du groupe Lafarge comme Lafarge India Private Limited, Lafarge North America, Lafarge Shui On Cement Limited, ou encore de Cementia Holding AG.
En 2015, après la fusion Lafarge-Holcim, il devient co-PDG du nouveau groupe LafargeHolcim, jusqu'en [11],[12].
Autres mandats
Il est membre du comité exécutif du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD), dont il co-dirige le projet « Efficacité énergétique des bâtiments »[13] ; président de l'association EPE (Entreprises pour l'environnement)[réf. nécessaire] ; président de la commission Développement durable du Medef jusqu'à sa démission en 2018[14] ; président du groupe de travail « Énergie & climat » de l'European Round Table of Industrialists (ERT)[réf. nécessaire] ; membre du conseil d'administration de la Fnege et ancien président[15]. Il est conseiller du maire de Chongqing en Chine[2].
Il est aussi administrateur du groupe ArcelorMittal[2],[16] et du groupe EDF[1],[17].
Rémunération
Bruno Lafont a perçu 2,9 millions d'euros de rémunération en 2012 (+81,1 % vs 2011). Il est à la 11e place dans les classements des rémunérations du SBF 120[18].
Affaire judiciaire
- Financement de groupes terroristes en Syrie
Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ex-directeur général adjoint responsable de plusieurs pays dont la Syrie, sont mis en examen le pour « mise en danger de la vie d'autrui » et « financement d'une entreprise terroriste ». Pour continuer à faire tourner son usine en Syrie malgré la guerre, Lafarge Cement Syria a versé de à , environ 5,6 millions d'euros (ou 12,946 millions d'euros entre 2011 et 2015 selon Challenges) à des factions armées, dont l'EI, d'après un rapport interne commandité par le groupe français[19],[20],[21],[22],[23].
En 2018, à la suite de ces révélations, Bruno Lafont renonce à présider le pôle développement durable du Medef et remet sa démission à Pierre Gattaz[14].
Le procès se tient de novembre à décembre 2025[24],[25]. Le , le tribunal correctionnel de Paris reconnaît le cimentier Lafarge et huit anciens dirigeants de la société coupables de financement de groupes terroristes en Syrie en 2013 et 2014. Bruno Lafont est alors condamné à six ans de prison avec mandat de dépôt assorti de son exécution immédiate, et 225 000 euros d'amende[26], décision dont il fait appel, avec demande de mise en liberté[27]. L'entreprise est condamnée au maximum de l’amende encourue, soit 1,125 million d’euros[28].
