Bruno Le Roux

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Bruno Le Roux, né le à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine), est un homme politique français. Député socialiste de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis de 1997 à 2017, il préside le groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale de à . Il est ministre de l'Intérieur du au .

Élection17 juin 2012
Groupe politiqueSER
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Bruno Le Roux
Illustration.
Bruno Le Roux en 2017.
Fonctions
Député français

(1 mois et 29 jours)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 1re de la Seine-Saint-Denis
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique SER
Prédécesseur Yannick Trigance
Successeur Éric Coquerel

(19 ans, 6 mois et 25 jours)
Élection 1er juin 1997
Réélection 16 juin 2002
17 juin 2007
17 juin 2012
Circonscription 1re de la Seine-Saint-Denis
Législature XIe, XIIe, XIIe et XIVe (Cinquième République)
Groupe politique SOC/SRC/SER
Prédécesseur Raoul Béteille
Successeur Yannick Trigance
Ministre de l'Intérieur

(3 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Premier ministre Bernard Cazeneuve
Gouvernement Cazeneuve
Prédécesseur Bernard Cazeneuve
Successeur Matthias Fekl
Président du groupe SER à l'Assemblée nationale[N 1]

(4 ans, 5 mois et 15 jours)
Législature XIVe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Marc Ayrault
Successeur Seybah Dagoma (intérim)
Olivier Faure
Maire d'Épinay-sur-Seine

(5 ans, 8 mois et 21 jours)
Prédécesseur Gilbert Bonnemaison
Successeur Hervé Chevreau
Conseiller général de la Seine-Saint-Denis

(5 ans, 3 mois et 8 jours)
Circonscription Canton d'Épinay-sur-Seine
Président Georges Valbon
Robert Clément
Prédécesseur Serge Méry
Successeur Serge Méry
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Gennevilliers (France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Diplômé de Université Paris X-Nanterre
Profession Consultant en gestion et stratégie des organisations
Ministres français de l'Intérieur
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Biographie

Formation

Bruno Le Roux grandit à Épinay-sur-Seine, commune de l’ouest de la Seine-Saint-Denis, où il est élève du collège Roger-Martin-du-Gard.

Il est titulaire d'une maîtrise en sciences économiques, d'une maîtrise en gestion et d'un DEA en stratégie et management, délivré par l'université Paris X-Nanterre, « en partenariat avec HEC et l'ESSEC »[1],[2] alors que jusqu'au , les différents curriculums vitae de Bruno Le Roux sur des sites officiels indiquaient qu'il avait étudié dans ces deux écoles de commerce réputées. Son entourage parlant d'une erreur. L'information a été effacée sur toutes les plateformes, le lendemain[1],[2],[3].

Emergence au sein du Parti socialiste séquano-dyonisien

Bruno Le Roux est vice-président de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) de 1988 à 1991[4],[5].

Il commence sa carrière politique en 1989 lorsqu'il devient adjoint au maire socialiste d'Épinay-sur-Seine Gilbert Bonnemaison, chargé de la culture. Entre 1990 et 1992, Pierre Mauroy, alors premier secrétaire du Parti socialiste, le nomme directeur adjoint de son cabinet[6]. Il est alors également premier secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis. Il est élu conseiller général de la Seine-Saint-Denis en 1992, puis maire d’Épinay-sur-Seine en . Ayant perdu les élections municipales de mars 2001, il reste conseiller municipal d'Épinay jusqu'aux élections de 2008.

En 1995, alors qu'il est membre du conseil national du Parti socialiste, il devient délégué national du PS chargé des questions de sécurité et de police à la demande de Lionel Jospin. Ses travaux en matière de sécurité de proximité inspirent le programme du futur Premier ministre en 1997.

Il est élu député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis (incluant Épinay-sur-Seine) en juin 1997 avec l’arrivée de la Gauche plurielle au pouvoir.

Il préside depuis 2000 la Fédération Léo-Lagrange, réseau d'associations d'éducation populaire dans le domaine de la culture, des loisirs et de la formation professionnelle[7].

Au printemps 2001, il est le rapporteur du projet de loi sur la « sécurité quotidienne » pour le Parti socialiste. Il a également travaillé sur le dossier de la Corse sur laquelle il a rendu un rapport. Il est auteur d'un ouvrage intitulé La Sécurité pour tous ; une exigence de justice sociale, paru aux éditions Balland en .

Présidence de François Hollande

Il est réélu député dans la même circonscription en juin 2002, en juin 2007 et en juin 2012.

Il est élu président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale le . Fidèle du nouveau président de la République, il fait partie du dispositif initial imaginé par François Hollande lors de son installation à l'Elysée[8]. A ce poste, il parvient à contrôler l'aile gauche du PS durant les deux premières années, opposée à certaines décisions des gouvernements Ayrault. Surnommé dans la presse « Monsieur compliments », Le Roux ne cesse de défendre l'action du chef de l’État qu'il rencontre très régulièrement[8].

Il est candidat sur la liste « Une ambition nouvelle pour Saint-Ouen » aux élections municipales à Saint-Ouen en . La liste arrive en troisième position au premier tour et se retire au profit de la liste menée par la maire Front de Gauche sortante Jacqueline Rouillon, laquelle est battue au second tour par l'UDI William Delannoy.

Alors que la défaite socialiste aux municipales pousse Hollande à changer de Premier ministre, de secrétaire général de la présidence de la République et de Premier secrétaire du PS, Bruno Le Roux, malgré sa défaite à la mairie de Saint-Ouen, est maintenu à son poste, après avoir été pressenti pour devenir ministre de l'Intérieur[8].

Cependant, les tensions augmentent au sein du parti avec l'annonce du Pacte de responsabilité et de solidarité, l'échec aux municipales et la nomination de Manuel Valls à Matignon. La nomination de Jean-Marie Le Guen secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et l'élection de Jean-Christophe Cambadélis comme premier secrétaire doivent offrir au président un renforcement de son contrôle sur le parti, tiraillé par les Frondeurs (onze députés socialistes ne votent la confiance à Manuel Valls) que Le Roux peine de plus en plus à maitriser[8].

Il défend les réformes libérales menées par le gouvernement prenant même appui sur la victoire de David Cameron aux élections britanniques de 2015 pour affirmer qu'elles apporteront le succès électoral au PS[9]. Il ne semble plus en mesure de discipliner ni d'aplanir les tensions entre les composantes de sa majorité[6].

Figurant parmi les 89 personnalités européennes auxquelles la Russie a décidé d'interdire l'accès à son territoire en riposte aux sanctions européennes, il décrit comme « une honte pour le Parlement français » le voyage en de dix parlementaires français en Crimée, territoire annexé par la Russie[10].

Le , il est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement Cazeneuve[6]. Pendant la primaire citoyenne de 2017, il soutient Manuel Valls[11]. Il démissionne du gouvernement le , à la suite de révélations sur la signature de 24 contrats de collaboratrices parlementaires à ses filles dès l'âge de 15 ans, et redevient député. En , il laisse l'investiture socialiste pour la première circonscription de la Seine-Saint-Denis à son suppléant Yannick Trigance pour les législatives de juin[12].

Prises de position

Contrôle des armes à feu

Bruno Le Roux s'est beaucoup investi dans la lutte contre les armes légères. En 1998, il est l'initiateur d'une proposition de loi visant à interdire la possession de toute arme à feu aux civils, exception faite des tireurs licenciés FFTir et des chasseurs disposant d'un permis de chasse, estimant dangereux les civils armés : « C'est quand on a autour de soi des civils armés qu'on est en insécurité »[13]. Il a notamment travaillé sur les mesures du gouvernement Jospin pour renforcer le contrôle des armes détenues par les tireurs sportifs après la tuerie de Nanterre. En 2010, il rédige, avec deux députés de la majorité UMP, Claude Bodin et Jean-Luc Warsmann, la proposition de loi no 2773[14].

Légalisation du cannabis

Confronté à l'important trafic de drogue qui ronge Saint-Ouen et aux limites de la répression (« depuis 20 ans, je constate que chaque fois que les policiers réussissent une belle opération, le trafic repart les jours suivants. L’ordre public n’arrive pas à régler la question du trafic dans notre pays »), il propose d’« ouvrir le débat » sur la légalisation ou la dépénalisation du cannabis[15].

Controverses

Condamnation pour emplois fictifs concernant ses filles

Cette affaire prend place pendant l'élection présidentielle de 2017, en parallèle de l'affaire Fillon. Elle débute le . Edwy Plenel, dans l'émission C à vous sur France 5, annonce des « révélations » sur un membre du gouvernement[16], tandis que l'émission Quotidien sur TMC révèle les emplois des deux filles de Bruno Le Roux comme collaboratrices parlementaires de leur père, alors député de la Seine-Saint-Denis, lorsqu'elles étaient lycéennes et étudiantes entre 2009 et 2016. Ces faits sont confirmés par le cabinet du ministre le même jour dans l'émission de Yann Barthès. L'affaire concerne respectivement 14 et 10 CDD conclus avec ses filles (âgées de 15 et 16 ans le jour des premières signatures), pour un montant total de 55 000 euros. Des soupçons d'emplois fictifs concernent des CDD qui auraient été effectués en même temps que des stages en entreprises ou sur du temps universitaire, respectivement pendant l'été 2013 pour une des filles et 20 jours en pour l'autre[17].

Cette affaire renvoie aux révélations du Canard enchaîné sur les contrats d'attachée parlementaire de Penelope Fillon. « [Il] devrait y avoir une règle simple, [l'emploi d'un conjoint par un parlementaire] ne devrait pas être autorisé, […] ça peut prêter à suspicion », avait alors réagi Bruno Le Roux, dénonçant ensuite « les turpitudes de François Fillon »[18].

Bruno Le Roux est convoqué le à Matignon par Bernard Cazeneuve pour s'expliquer sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée[19]. En fin de journée, depuis Bobigny, il annonce en conférence de presse « avoir adressé [sa] démission au président »[20]. Il est remplacé par Matthias Fekl, alors secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger[21].

Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire le jour même[22]. Il est ensuite entendu par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), le [23].

Il est jugé les 12 et par le tribunal correctionnel de Paris pour détournements de fonds publics[24]. Deux ans de prison avec sursis probatoire et 40 000 euros d’amende sont requis contre l’ancien ministre. Le représentant du parquet national financier demande également qu’une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire, soit prononcée. Le tribunal correctionnel de Paris le condamne, le , à deux ans de prison avec sursis, 70 000  d'amende, cinq ans d'inégibilité et 159 929  de réparation à l'Assemblée nationale, décision dont il déclare faire appel[25] .

Pratiques de lobbying

Bruno Le Roux a été plusieurs fois attaqué dans les médias pour être à l'initiative d'amendements à l'Assemblée Nationale en faveur d'une "sulfureuse société suisse" active sur la traçabilité des produits du tabac (SICPA). Pour le journaliste Matthieu Pechberty sur BFM TV, "L'éphémère ministre de l'Intérieur a largement participé à cette bataille de lobbying menée de longue date par la société suisse Sicpa", en particulier en déposant des amendements ou en faisant soutenir ces amendements par des députés. Et le journaliste d'insister : "La présence de Bruno Le Roux sur ce sujet ne date pas d'hier. Président du groupe socialiste à l’assemblée nationale, il avait déjà tenté de supprimer le système de traçabilité du tabac à deux reprises, en novembre et , lors de la loi de finances 2016. Son initiative s’était heurtée au secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert."[26]. Le Nouvel Observateur avait aussi attaqué Bruno Le Roux sur ses pratiques de lobbying en 2016[27], propos repris aussi dans d'autres médias[28].

Mandats et fonctions

Mandats

  • Communauté d'agglomération Plaine Commune
    • 1999-2008 : conseiller communautaire

Fonctions

Notes et références

Liens externes

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