Bruno-Xavier Rostand, né le à Marseille où il est mort le , est un négociant, financier et armateur français.
Bruno Rostand est le fils d'Alexis Rostand (1726-1789), négociant et conseiller de la ville de Marseille, et de Marguerite Lions. Il est le frère du maire de MarseilleAlexis-Joseph Rostand.
Ayant perdu son père jeune, il s'embarque pour Constantinople, en 1803, comme commis dans la maison de commerce d'Antoine-Ignace Anthoine[1], et mène une carrière de négociant en Méditerranée orientale. D'opinions royalistes marquées, il ne rentre à Marseille qu'à la Restauration, après la chute de Bonaparte. Il y fonde une maison d'armement, «Bruno Rostand & Compagnie», spécialisée dans les affaires avec le Levant et constituée d'une véritable flotte marchande.
Portrait de Marie-Thérèse Eglé Jourdan, l'épouse de Bruno Rostand.
En 1817, il épouse Marie-Thérèse Eglé Jourdan, fille du négociant Pierre Auguste Jourdan et de Marie Thérèse Colomb. Ils sont les parents de:
Albert (1818-1891), banquier, armateur et homme d'affaires, époux d'Elisa Chancel
Jules (1820-1889), négociant, financier et armateur, conseiller municipal de Marseille, gendre de Wulfran Puget
Henri (1824-1870), négociant, époux de Clotilde Perret
Alfred (1836-1907), industriel savonnier, époux d'Angélique Richard-Paul.
Membre de l'intendance sanitaire de 1818 à 1840, il prend part à la réalisation des plans du Frioul et de l'agrandissement du Lazaret.
Lamartine s'embarque sur son brick l'Alceste en 1832, afin d'effectuer son Voyage en Orient, rentrant l'année suivante sur la Bonne Sophie, également armée par Rostand.
Il est membre du Tribunal de commerce de la ville de 1832 à 1836, puis de la Chambre de commerce, dont il est le président de 1843 à 1845. Légitimiste, il s'y trouve en opposion avec la majorité orléaniste.
Il fonde une société d'armement maritime entre Marseille et Constantinople et constitue la «Lloyd Marseillais», compagnie d'assurances contre les risques de la navigation maritime et intérieure, en 1845 et la Compagnie des bateaux à vapeur du Levant en 1849. Ses fils seront associés à ses affaires.
Il est administrateur de la Caisse d'épargne, ainsi que trésorier de la Compagnie chrétienne pour la Civilisation de l'Afrique.
Notes et références
↑ Georges Dioque, «Un Haut-Alpin à Marseille: le baron Anthoine, 1749-1826: du grand négoce à la mairie», 1991
Dominique Barjot, «Les patrons du second Empire: Marseille», 1999
Paul Bois, «Le grand siècle des Messageries maritimes», 1992
Jean Lambert-Dansette, «Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France:Le temps des pionniers, 1830-1880. Condottiere et bourgeois, Volume 1 ;Volume 4», 2009
«Correspondance d'Alphonse de Lamartine (1830-1867), Volume 3 ;Volumes 1838 à 1841», 2001
Laurence Américi, Xavier Daumalin, «Les dynasties marseillaises: de la Révolution à nos jours», 2010
Hubert Bonin, Un exemple de dynastie de «riches»: les Rostand de Marseille