Bruno Tertrais
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| Directeur adjoint (d) Fondation pour la recherche stratégique (en) | |
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Commission du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (d) (- Commission du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (d) (- Cercle de l'Oratoire Terra Nova International Institute for Strategic Studies Institut Montaigne Fondation pour la recherche stratégique (en) |
| Directeur de thèse | |
| Distinctions |
Prix Vauban () Chevalier de la Légion d'honneur () Prix du livre géopolitique (d) () |
Bruno Tertrais (né le à Paris) est un politologue français spécialisé dans l'analyse géopolitique et stratégique.
Ses domaines de spécialisation sont la géopolitique et les relations internationales, les crises et les conflits, la stratégie américaine et les relations transatlantiques, la sécurité au Moyen-Orient et en Asie et la dissuasion nucléaire.
Il s'est aussi fait connaître pour ses positions jugées climatosceptiques.
Jeunesse et études
Bruno Tertrais est diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris (1984, section Service Public)[1]. Il est également titulaire d'une maîtrise en droit public obtenue à l'université Paris-Nanterre en 1984 et d'un DEA de politique comparée de la même université, obtenu en 1985[2].
En 1994, il soutient, à l'IEP de Paris, une thèse de doctorat en science politique, intitulée « La stratégie nucléaire de l’OTAN : dissuasion élargie et rôle des armes nucléaires américaines en Europe, 1949-1992 », sous la direction de Pierre Hassner[3].
Parcours professionnel
Bruno Tertrais commence sa carrière au sein de la direction des Affaires stratégiques du ministère de la Défense (1993-2001)[2]. Il travaille ensuite au sein de l'assemblée de l'OTAN avant de rejoindre en 2001 la Fondation pour la recherche stratégique (en) (FRS), dont il est aujourd'hui directeur adjoint[4].
En 2017, lors de la campagne présidentielle, Bruno Tertrais fait partie du groupe d'experts qui conseillent Emmanuel Macron sur les questions diplomatiques et militaires[5],[6].
Travaux
Bruno Tertrais a publié diverses analyses et opinions dans le domaine de la géopolitique (relations internationales, stratégie, dissuasion nucléaire et migrations). Il a aussi publié des essais plus médiatiques sur l'environnement ou l'appréhension des risques.
Géopolitique
Dans son ouvrage de 2023 La Guerre des mondes, il décrit une ère géopolitique qu'il qualifie de « guerre tiède », caractérisée par une confrontation entre autocraties et démocraties[7]. Selon lui, des « néo-empires » révisionnistes tels que la Russie, la Chine, la Turquie ou l'Iran veulent remettre en question l'ordre international face à un ensemble euro-atlantique accompagné d'États indo-pacifiques, à travers des conflits indirects et des crises sur divers terrains, incluant l'espace, le cyberespace et les océans[7]. Il compare cette situation à différentes périodes historiques : la compétition des empires des années 1910, la menace des États fascistes des années 1930 et la guerre froide naissante des années 1950, tout en soulignant que les blocs actuels sont moins figés que pendant la guerre froide et correspondent davantage à des « familles »[7].
Climat, écologie et risques
Dans son ouvrage de 2011 L’Apocalypse n’est pas pour demain, Bruno Tertrais se fait, comme d'autres intellectuels médiatiques et dans un style pamphlétaire, le critique de l'écologie, qu'il accuse de faire peser sur la collectivité des coûts exorbitants, et qu'il considère comme un danger politique fondamental pour la démocratie[8].
Mettant en doute l'origine anthropique du réchauffement climatique, il s'attache, dans des positions jugées climatosceptiques par Quentin Hardy et Pierre de Jouvancourt dans Socio, à disqualifier le consensus sur le changement climatique par des arguments épistémologiques, et s'oppose au principe de précaution[8].
Ces auteurs signalent un changement d'approche en 2015 avec la reconnaissance du caractère anthropique du changement climatique, accompagnée toutefois d'un soutien la même année à l'Association des climato-réalistes[8],[9].
Au contraire, pour Alain Frachon dans Le Monde, le livre, qui dénonce un catastrophisme ambiant est salutaire, en proposant une série d'indicateurs montrant que le monde va de mieux en mieux, et « mieux qu'on ne le croit », avec un « avenir […] beaucoup moins sombre qu'on ne le dit », qu'il s'agisse de la situation sanitaire, de l'éducation, de la démographie ou des risques de guerre. Selon lui, Bruno Tertrais « ne sous-estime aucun des risques actuels, environnementaux, stratégiques ou sanitaires », même s'il reconnaît que l'évaluation qu'il en fait puisse être critiquée[10].
Positions sur la guerre d'Irak (2003)
Bruno Tertrais a soutenu l'intervention militaire américaine en Irak en 2003, à contre-courant de la position française officielle d'opposition à l'ONU[11]. L'année suivante, dans La Guerre sans fin : l'Amérique dans l'engrenage (Seuil, 2004), il nuance en critiquant les biais stratégiques de Washington et les effets déstabilisateurs à long terme[12].
