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Brutus (Catherine Bernard)

tragédie de Catherine Bernard From Wikipedia, the free encyclopedia

Brutus est une tragédie de Catherine Bernard créée le , et publiée pour la première fois en 1691.

GenreTragédie
Nb. d'actesCinq actes en vers
Date d'écriture
Faits en bref Auteur, Genre ...
Brutus
Illustration.

Auteur Catherine Bernard
Genre Tragédie
Nb. d'actes Cinq actes en vers
Date d'écriture
Lieu de parution Paris
Date de parution
Compagnie théâtrale Comédie-Française
Chronologie
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Sujet

Brutus est une tragédie axée sur un dilemme cornélien entre devoir patriotique et passion amoureuse, dans le contexte de la naissance de la République romaine. Si l’intensité destructrice de la passion est d’inspiration racinienne, l’héroïsme cornélien est déconstruit, car la « gloire » du héros ne triomphe pas, le laissant anéanti.

Personnages

  • Brutus, consul.
  • Valerius, consul.
  • Titius, fils de Brutus.
  • Tiberinus, fils de Brutus.
  • Octavius, envoyé de Tarquin.
  • Aquilius, parent de Tarquin.
  • Valerie, sœur de Valerius.
  • Aquilie, fille d'Aquilius.
  • Plautine, confidente de Valerie.
  • Albine, confidente d'Aquilie.
  • Marcellus, confident de Titus.

Trame

Après avoir chassé le roi Tarquin de Rome, Brutus devient consul et œuvre à l’établissement de la République. Les deux fils de Brutus, Titus et Tibérinus, sont tous deux épris d’Aquilie, fille du chef d’une conspiration visant à restaurer la monarchie. Promise à Tibérinus, Aquilie lui préfère Titus. Pour la conquérir ou par désespoir amoureux, les deux frères rejoignent le complot visant à rétablir Tarquin sur le trône. Tibérinus agit par conviction monarchique et jalousie, tandis que Titus ne trahit la République que par amour. Lorsque la conspiration échoue, Titus, saisi de remords avoue sa participation à son père et réclame lui-même la mort. Pour éviter de prendre parti, Le Sénat, laisse le soin de juger ses propres enfants à Brutus lui-même. Plaçant le devoir civique avant l’amour paternel, Brutus condamne ses deux fils à mort. Malgré sa victoire politique, sa décision en fait un homme brisé.

Attribution

Registre des comptes pour Brutus de Catherine Bernard.

Quarante ans après la pièce de Catherine Bernard, et une vingtaine d'années après la mort de cette dernière, Voltaire rédige à son tour une pièce intitulée Brutus. Il est cependant accusé par la critique d'avoir plagié plusieurs vers sur la pièce de Catherine Bernard[1]. Certains partisans de l'écrivain, et Voltaire lui-même, accusent Catherine Bernard de ne pas être la véritable autrice de ce Brutus de 1690, et qu'il s'agirait de Bernard de Fontenelle[2],[3]. Il n’existe aucune contestation de la maternité de l’œuvre du temps de l’autrice.

En l'absence de preuve d'une prétendue coopération littéraire entre Catherine Bernard et Bernard de Fontenelle, et encore moins de son importance dans le cas où elle aurait existé, cette accusation incertaine, dont il convient de rappeler qu’elle a eu deux décennies après la mort de l'autrice, et trente ans après la première représentation de la pièce, est discutée aujourd'hui[4]. Elle a néanmoins valu à Bernard son effacement de l'histoire littéraire jusqu'au XXe siècle[5].

Déconstruction de l'héroïsme masculin

La primauté des deux personnages féminins souligne la modernité de la pièce. Alors que les hommes (Brutus, Titus, Tibérinus) sont souvent décrits comme passifs, déchirés ou falots face à leurs émotions, ce sont les femmes prennent les décisions qui font avancer l'intrigue. Aquilie choisit de parler et de tenter le tout pour le tout par amour, tandis que Valérie choisit d'espionner et de dénoncer par jalousie. Le destin de Rome ne dépend donc pas de la raison d'État masculine, mais des soubresauts du cœur féminin[6].

Réception

La pièce connut un certain succès critique et commercial, elle fut représentée vingt-cinq fois à la Comédie-Française lors de sa création[7].

Éditions modernes

  • Œuvres, textes établis, présentés et annotés par Franco Piva, Paris, Nizet, coll. « Biblioteca della ricerca. Testi stranieri », t. II, Théâtre et poésie, p. 595, 1993-1999.
  • Théâtre de femmes de l'Ancien Régime, dir. Aurore Évain, Perry Gethner et Henriette Goldwyn, vol. 3, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2011.
  • Théâtre de femmes de l'Ancien Régime, dir. Aurore Évain, Perry Gethner et Henriette Goldwyn, vol. 3, Classiques Garnier, 2022.

Liens externes

Notes et références

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