Buddenbrockia plumatellae

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Buddenbrockia plumatellae est une espèce de cnidaires vermiformes, endoparasite des bryozoaires d’eau douce.

L'espèce aurait été découverte au sein de colonies de bryozoaires dès 1850 par Dumortier et Van Beneden[1]. Sa classification taxonomique a toujours été mystérieuse, étant seulement établie en 2002. Longtemps d'affiliation incertaine en raison de sa morphologie vermiforme atypique pour un cnidaire, des études phylogénétiques au début du XXIe siècle ont confirmé son appartenance à ce phylum.

Schéma coupe transversale de Buddenbrockia mature.

La description de Buddenbrockia a été permise grâce à la combinaison de l'histologie, de la microscopie électronique et de la microscopie confocale.

B. plumatellae peut atteindre jusqu’à mm de longueur et le diamètre de son épithélium interne peut aller de 50 à 70 micromètres[2].

Il possède une structure en bicouche : une couche tissulaire épithéliale externe appelée l’épiderme ; une couche tissulaire épithéliale interne qui entoure une cavité centrale renfermant le lumen.

Entre ces deux couches se trouve une matrice extracellulaire contenant de nombreuses structures musculaires. Quatre muscles longitudinaux sont répartis le long de l’axe du ver, enchâssés dans cette matrice. L’ensemble de la musculature est constitué de cellules musculaires (myocytes) indépendantes. Ces blocs musculaires sont reliés par des cellules connectrices au rôle structurel et mécanique, possédant un cytosquelette d’actine développé[2].

Contrairement aux métazoaires classiques, Buddenbrockia présente une morphologie simplifiée (régressive), caractéristique de son mode de vie endoparasite : absence d'intestin ; absence de gonades ou de gamètes classiques (reproduction par spores) ; absence de cils et de centrosomes pour la locomotion ; absence de système nerveux clair (bien qu'une fonction neuronale soit suggérée pour certaines cellules connectrices)[1].

Motricité

Buddenbrockia est considéré comme un ver actif, capable de nager librement à l’intérieur de la cavité corporelle de son hôte. Sa motricité est permise par des fibres musculaires obliques[2]. Il use de deux types de mouvements[3] : dans l'hôte : un déplacement par torsion, créant un mouvement sinueux ; à l'extérieur : un déplacement lié à des étirements, créant des mouvements en tire-bouchon.

Cycle de vie et reproduction

Le cycle de vie débute par des stades de mitose au sein de l’hôte bryozoaire, sous sa paroi corporelle. Des cellules s'associent pour former une structure en forme de sac qui, en s'allongeant, acquiert la forme vermiforme typique de Buddenbrockia, ainsi qu'une polarité le long de l'axe corporel[2]. La croissance jusqu’au stade adulte mature s'effectue en moins de 31 jours.

Sporogenèse

La reproduction implique la formation de spores. Des cellules sporogoniques se détachent de la couche épithéliale interne. Elles subissent des mitoses et des méioses à l'intérieur de la cavité centrale (lumen). Ces cellules prolifèrent pour former des spores multicellulaires, dites spores malacosporéennes. Ces spores possèdent des capsules polaires situées à un pôle de leur structure, servant à la fixation.

Transmission

Les spores produites constituent le stade de transmission. Buddenbrockia quitte son hôte par une rupture des tissus ou via les pores coelomiques. Une fois dans l'environnement, les spores libérées infectent un nouvel hôte en utilisant leurs capsules polaires pour se fixer et injecter des sporoplasmes amiboïdes infectieux.

Impact écologique sur les hôtes

Buddenbrockia plumatellae  a été retrouvé à l’intérieur de différents bryozoaires d’eau douce comme Plumatelle repens, Plumatella fungosa, Hyalinella punctata. On observe ainsi un ralentissement du développement des colonies infectées, qui sont significativement plus petites. Un arrêt de la reproduction est également induit. En effet, les colonies infectées ne produisent plus de statoblastes, leurs structures de reproduction asexuée. Ces effets mènent à la mort des organismes au bout de 11 jours d’infection[3].

Toutefois les Bryozoaires possèdent des mécanismes de défense contre ces parasites. Ils créent un pincement interne de leur paroi corporelle externe afin d’isoler les régions qui ont été infectées[3].

Systématique

Notes et références

Liens externes

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