Burcard d'Oltigen
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Henri de Lenzbourg (d) |
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Burcard ou Bouchard d'Oltigen est un évêque de Lausanne et chancelier pour l'Italie de la seconde moitié du XIe siècle.
Origines
La date de naissance de Burcard ou Bouchard — les variantes orthographiques sont Burcardus, Borcardus, Burchardus[1] — n'est pas connue en l'état actuel de la recherche[2]. Sa première mention remonte à l'année de son élection sur le trône épiscopal de Lausanne, en 1056[3],[2].
Burcard est considéré comme le fils de Bucco, comtes d'Oltigen[3],[2],[4] (Fuit autem filius comitis Bucconis de Oltudenges, selon le Cartulaire de Lausanne[1]). Il a un frère, Cono († av. )[4].
Selon la chronique ou Cartulaire de Lausanne de Conon d'Estavayer, Burcard est marié[1],[2]. Elle semble être morte avant sa montée sur le siège de Lausanne[1].
Évêque au service du Saint-Empire
Burcard est élu évêque de Lausanne au cours de l'année 1056[2] ou peu avant[3]. Il est mentionné pour la première fois dans les textes le , selon le Cartulaire de Lausanne[5]. Il est, peu de temps après, ordonné évêque par l'archevêque de Besançon, Hugues Ier de Salins[3],[6].
Tout comme son frère, il est partisan de l'empereur Henri IV[3],[4]. Gilbert Coutaz rappelle que « Les divers évêques qui occupèrent le siège de Lausanne depuis 1038 eurent des liens étroits et privilégiés avec les empereurs de la dynastie franconienne jusqu'en 1125 »[7].
Au cours de cette période opposant la papauté au Saint-Empire romain germanique, appelée querelle des Investitures, il est l'un des deux derniers évêques bourguignons, avec Ermenfroi, évêque de Sion, à rester fidèle à Henri IV[2],[8]. Ce dernier les fait chanceliers, Burcard pour l'Italie (1079-1089) et Ermenfroi pour la Bourgogne (1082-1088)[2],[8].
Lors du diète de Worms, en 1076, où sont réunis les évêques du Saint-Empire, il participe à la destitution du pape Grégoire VII[2], qui voulait réformer et mettre en place le célibat des prêtres. En réponse, le pape excommunie le roi et les prélats[3],[2]. Burcard fait partie de la délégation qui accompagne l'empereur qui se rend auprès du pape pour demander pardon, à Canossa, en 1077,[3],[2]. Burcard reçoit séparément de l'Empereur le pardon[3].
Toutefois, il rejoint rapidement les « partisans de l'empereur désirant se venger de l'humiliation de Canossa »[3] et participe à la lutte contre Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe, beau-frère d'Henri IV, qui a été élu antiroi[3],[2].
En 1079, Henri IV lui donne des terres entre les Alpes et le Jura[2],[9], probablement des droits et des biens entre la Sarine, le Léman et les Alpes, Cugy et Morat[10], qui ont notamment appartenu au duc de Souabe[1].
À partir de la décennie 1080, il participe aux assemblées, Bressanone (1080), qui destitue le pape[11], et à Mayence (1085), où la paix pour tout l'Empire est proclamée, convoquées par l'empereur[1],[2].
Mort
Burcard meurt le , au château de Gleichen, dans le duché de Saxe[1],[12],[2]. Il est tué lors du siège du château, par l'armée de Egbert/Ecbert II, margrave de Misnie[1],[2].
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Helvetia Sacra, p. 108.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Alexandre Pahud, « Oltigen, Burcard d' » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Helvetia Sacra, p. 107.
- 1 2 3 Franziska Hälg-Steffen (trad. Elena Vuille-Mondada), « von Oltigen » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Helvetia Sacra, p. 107, 108.
- ↑ Bernard de Vregille, Hugues de Salins, archevêque de Besançon, 1031-1066, Besançon, Cêtre, , 484 p., p. 181.
- ↑ Helvetia Sacra, p. 30.
- 1 2 Louis Jacob, Le Royaume de Bourgogne sous les empereurs franconiens (1038-1125) : Essai sur la domination impériale dans l'est et le sud-est de la France, Honoré Champion, Paris, 1906.
- ↑ Santschi 1975, p. 106.
- ↑ « 2017-05-30 » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
- ↑ Peter Frankopan, La Première Croisade, Les Belles Lettres, 2019 p. 38
- ↑ Santschi 1975, p. 191.
Voir aussi
Bibliographie
- Patrick Braun, Helvetia Sacra : Section IV : Le diocèse de Lausanne (VIe siècle–1821), de Lausanne et Genève (1821–1925) et de Lausanne Genève et Fribourg (depuis 1925), Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-0998-X, lire en ligne [PDF]), p. 107-109.
- Catherine Santschi, Les évêques de Lausanne et leurs historiens, des origines au XVIIIe siècle, Société d'histoire de la Suisse romande, , 453 p. (ISBN 978-2-60004-494-3, lire en ligne).
Articles connexes
Liens externes
- Gilbert Coutaz, « Lausanne (diocèse) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du