Buste d'homme accoudé
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Vers |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L × l) |
44 × 30 × 34 cm |
| No d’inventaire |
MOND 165 |
| Localisation |
Le buste d’homme accoudé est une sculpture en grès réalisée par Nicolas Gerhaert de Leyde vers 1463 pour le portail de la chancellerie de Strasbourg, dont il s’agit de l’un des rares fragments subsistants. Il est généralement admis depuis les années 1960 qu’il s’agit d’un autoportrait de l’artiste.
Le , la Ville de Strasbourg commande au sculpteur Nicolas de Leyde un portail monumental pour la nouvelle chancellerie de la ville. Le bâtiment abritant entre autres la salle d’audience de l’Ammeister et le secrétariat général de la Ville, il s’agit d’une commande prestigieuse, comme le confirme par ailleurs le paiement conséquent de 240 florins que reçoit l’artiste[1]. Le buste n’est pas mentionné dans le contrat, mais deux éléments indiquent qu’il en faisait partie : d’une part sa parenté stylistique avec les têtes du prophète et de la sibylle, dont l’appartenance au portail ne fait aucun doute ; d’autre part une description faite par de Philippe Louis Künast d’un dessin disparu du portail, dans laquelle il dit qu’il s’y trouvait un buste de l’architecte au-dessus du millésime 1463[2].
L’édifice est mis en vente le puis rasé et les sculptures dispersées ou détruites[3]. Le buste entre en possession de la famille Reuss dans des circonstances floues : selon la légende familiale, elle aurait été trouvée au pied de la cathédrale sur un tas de gravats destinés à servir de remblai, mais cette histoire est improbable, la sculpture ayant fait l’objet d’une dépose soignée, comme le montre son très bon état de conservation. Les Reuss la déposent au début du XXe siècle au musée archéologique de Strasbourg, puis elle passe en 1931 dans les collections du nouveau musée de l’Œuvre Notre-Dame fondé par Hans Haug[2].
Description

Le buste a été sculpté dans du grès rouge de la région de Strasbourg. Bien que paraissant être à première vue une sculpture en ronde-bosse, l’observation du dos montre que celle-ci n’est pas totale, l’œuvre ayant été reliée au mur par une moulure dont seul un fragment est encore visible. De même, le traitement sommaire de l’arrière du buste, la taille étroite et l’inclinaison par rapport à la base indiquent qu’il se trouvait probablement à l’origine sur un socle et dans un renfoncement en hauteur. L’œuvre est globalement dans un bon état de conservation, en dépit de quelques manques principalement localisés au niveau de la main gauche[4].
Le buste représente un homme vêtu d’un pourpoint et portant sur l’épaule gauche une écharpe à frange, peut-être un chaperon. Penché en avant, en appui sur son avant-bras gauche, il tient son menton de sa main droite, la tête penchée sur le côté et les yeux clos. Les chairs sont rendues avec une grande précision : les doigts appuyant sur la joue déforment la peau en créant des plis naturalistes et une grande attention a été portée à la figuration des rides sur le visage ou encore des veines saillant sur le dos de la main. En parallèle de l’écharpe reposant sur son épaule gauche, il porte sur son épaule droite une bande de tissu à double bordure de fourrure dont il agrippe l’autre extrémité de la main gauche après l’avoir enroulée sous son bras. Il tient également dans cette main un objet, dont seule subsiste l’extrémité[4].