Buvette de la Renaissance
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| Type |
Maison à pans de bois |
|---|---|
| Destination initiale |
Habitation urbaine |
| Destination actuelle |
Habitation privée |
| Style |
Fin XVe siècle (gothique tardif et première Renaissance) |
| Construction | |
| Propriétaire |
Propriété privée |
| Patrimonialité |
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| Département | |
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| Quartier |
| Coordonnées |
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La Buvette de la Renaissance est une maison urbaine à pans de bois (ossature en bois avec hourdis, c’est-à-dire remplissage entre les bois) située au 21, rue Beauvoir, dans le Bourg-Neuf de Blois (Loir-et-Cher). Édifiée à la fin du XVe siècle[1], elle combine un décor encore gothique (engoulants – têtes animales sculptées servant de larmier –, pinacles parfois à crochets) et un vocabulaire de première Renaissance. La façade est connue pour sa résille de losanges (panneaux en diamant assurant aussi le contreventement – stabilité latérale) et pour une travée à croix de Saint-André (contreventement en X) lisible jusque dans le surcroît (partie verticale du comble)[2]. La façade et la toiture sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 23 novembre 1946[3].
La maison se situe dans le centre ancien de Blois, au cœur du Bourg-Neuf, secteur qui a conservé un corpus notable de maisons en pan de bois malgré les alignements des XVIIIe–XIXe siècles et les destructions de 1940[2]. La parcelle, mitoyenne et étroite, borde la rue Beauvoir dans un parcellaire long et profond typique du quartier.
Histoire
Origine et construction (fin XVe siècle)
La demeure est édifiée dans le dernier quart du XVe siècle, période d’intense activité constructive à Blois. La notice d’Inventaire attribue l’ensemble de la construction à la fin du XVe siècle et décrit un décor extérieur encore fortement gothique (engoulants, pinacles à crochets, moulurations prismatiques)[1]. La densité de la résille losangée et l’abondance du décor en relief traduisent l’aisance du commanditaire et l’influence des chantiers princiers blésois[2].
Transformations et restaurations
Au XIXe siècle, le rez-de-chaussée et la toiture sont remaniés (reprises du niveau bas, réfection de la couverture), tout en conservant la trame de façade[1]. Au XXe siècle, des interventions de conservation stabilisent l’ossature et préservent le décor sculpté. L’édifice est inscrit au titre des MH en 1946 (façade et toiture)[3].
Contexte urbain et typologique
Le 21, rue Beauvoir relève du type blésois rive-sur-rue (façade sur rue prise entre deux murs pignons mitoyens en maçonnerie), sans encorbellement, dans un alignement serré[2]. La trame losangée, fréquente à Blois, fait écho aux motifs damassés (briques noires en losanges) de l’aile Louis XII du Château de Blois et à un répertoire aristocratique diffusé dans le Val de Loire[2].
Architecture
La Buvette de la Renaissance fournit un exemple lisible de maison urbaine à structure bois et décor sculpté.
Trame et contreventement
La façade est ordonnée par un maillage serré de losanges ; l'extrémité gauche adopte des croix de Saint-André jusque dans le surcroît. Particularité relevée par l’Inventaire et la bibliographie : ici, les X ne sont pas séparés par des entretoises et se lisent comme de grands losanges[2].
Ouvertures (étage)
Au premier étage, subsiste la traverse d’une croisée (fenêtre à meneau vertical et traverse horizontale) ; une seconde baie du même niveau est encadrée de colonnettes en bois sculpté, ornées de fleurons[3],[2].
Décor sculpté
Des bandeaux moulurés (lattes continues) à têtes animales ponctuent la façade ; les sablières (poutres horizontales de niveau) portent des larmiers engoulés (têtes d’animaux engoulant l’extrémité du larmier), motif blésois récurrent[2]. Des pinacles (petits piliers décoratifs), parfois à crochets feuillagés, rythment poteaux et piédroits ; leurs fûts présentent imbrications/écailles et torsades, vocabulaire actif à Blois vers 1500–1530[3],[1].
Plan, niveaux et distribution
L’édifice comprend un sous-sol voûté (voûte en berceau), un étage carré et un étage de comble. La desserte verticale se fait par un escalier en vis sans jour, en charpente (colimaçon en bois sans puits éclairant), implanté dans-œuvre[1].
Matériaux, hourdis et couverture
Gros-œuvre associant charpente de chêne et maçonneries en calcaire (pierre de taille et moellon). Le hourdis (remplissage entre les bois) est documenté en brique sur la façade avant la restauration de la fin du XXe siècle, disposition courante à Blois au XVIe siècle[2]. Couverture en ardoise sur toit à longs pans (deux versants) avec pignon couver'[1].
Lecture stylistique et valeur
Le 21, rue Beauvoir concentre les traits locaux : trame losangée à forte valeur visuelle et structurale, décor de première Renaissance (colonnettes à fleurons, pinacles à torsades/écailles, engoulants) et correspondances directes avec l’ornement princier voisin (aile Louis XII). L’édifice illustre clairement la transition du gothique tardif à la première Renaissance dans l’habitat blésois[2].
État de conservation
Lors de l’enquête d’Inventaire de 1986, l’état a été noté mauvais (mention historique ne préjugeant pas de l’état actuel)[1].
Comparaisons locales
- 5, rue Beauvoir : losanges centrés et croix de Saint-André latérales (composition en miroir par travées)[2].
- 18, rue Beauvoir : pilastres corinthisants (pilastres à chapiteaux de type corinthien) au 1er étage, vocabulaire italianisant plus marqué[2].
- 32, rue de la Chaîne : façade à losanges avec corniche d’oves-et-dards et denticules (répertoire Renaissance) – parallèle décoratif utile[2].
