Béatrice de Rodellec du Portzic
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New York (Etats Unis)
Castel Régis Brignogan-Plages (France)
| Nom de naissance | Béatrice Charlotte Antoinette Denys de Keredern de Trobriand |
|---|---|
| Naissance |
New York (Etats Unis) |
| Décès |
(à 90 ans) Castel Régis Brignogan-Plages (France) |
| Nationalité | Française, Américaine |
| Profession |
Châtelaine, mécène |
| Famille |
Philippe Régis de Trobriand (père) |
Béatrice Charlotte Antoinette de Rodellec du Portzic, née Béatrice de Trobriand le à New York et morte le à Brignogan, est une figure de la haute société brestoise de la Belle Époque.
Riche héritière, sa vie et notamment « l'affaire du diamant bleu » ont inspiré l'écrivain Maurice Leblanc pour l'une des aventures d'Arsène Lupin.
Origines et famille
Béatrice de Trobriand est la fille de Philippe Régis de Trobriand (1816-1897), aristocrate français, avocat et général dans l'armée de l'Union durant la Guerre de Sécession, et de Mary Jones (1819-1907), héritière d'une riche famille immobilière de New York[1].
Mariages et vie privée

Elle épouse en premières noces, en 1872, John Burnett Stears (1842-1888), fils du fondateur de l'usine à gaz de Brest. Le couple aura quatre enfants, mais aucun ne survivra à leur mère. Leur fille cadette décède à l’âge de sept ans, tandis que les trois autres enfants meurent entre dix-neuf et trente-sept ans. Même ses trois petits-enfants, issus de sa fille aînée, périssent de son vivant, dont sa petite-fille, Marie Antoinette Lydia Béatrice de Maleyssie, figure parmi les victimes de la catastrophe de l’abri Sadi Carnot[2]..
Après son veuvage, elle se remarie en 1900 avec Olivier de Rodellec du Portzic (1875-1961), son cadet de vingt-cinq ans. Ce mariage tumultueux se solde par une séparation de fait après un scandale judiciaire retentissant en 1907 [3].
L'affaire du Diamant bleu et postérité littéraire
En , un diamant bleu d'une valeur de 50 000 francs or est dérobé lors d'une réception au château de Ker-Stears. L'enquête et le procès qui s'ensuit occupent la une de la presse nationale de l'époque[4].
L'écrivain Maurice Leblanc s'inspire directement de ce fait divers pour le deuxième chapitre de son roman Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908), intitulé « Le Diamant bleu », où Béatrice apparaît sous les traits de la « comtesse de Crozon »[5].
Une comtesse engagée
Pendant la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, la comtesse se consacre activement à diverses œuvres caritatives, notamment au sein de la Croix-Rouge[6]. À l’arrivée des troupes américaines, elle ouvre les portes de son domaine de Ker Stears pour les accueillir. En récompense, le ministre de la marine, la décore de la légion d'honneur.
Dans l’entre-deux-guerres, elle soutient financièrement la fête annuelle de Poul-ar-Bachet, manifestation locale qu’elle contribue à pérenniser.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les autorités allemandes réquisitionnent Ker Stears pour y loger leurs officiers. La comtesse se retire alors dans sa propriété de Castel Régis, à Brignogan, où elle décède le .
En 1906, la Comtesse fait don au musée des Beaux-Arts de Brest d’une grande partie de la collection d’arts premiers de son mari.
Patrimoine architectural
Disposant d'une fortune immense, elle fait construire ou transformer plusieurs édifices majeurs dans le Finistère :
- Le Château de Ker-Stears[7] à Brest (actuelle institution Fénelon), de style néogothique ;
- Le Château de Leuhan[8] à Plabennec avec son parc inscrit monument historique ;
- La villa Castel-Régis à Brignogan, nommée en hommage à son père[9].
Elle est inhumée au cimetière Saint-Martin de Brest (carré 13) dans un tombeau monumental en forme de triptyque[10].
- Le château de Ker Stears.
- Le château de Leuhan
- Tombeau.
Hommages
- Une voie de Brest porte le nom de Rue de la Comtesse de Rodellec du Portzic [11].