Adap Béchir Madet naît le à Kolobo dans la région du Moyen-Chari au sud du Tchad. Après avoir fait ses études primaires et secondaires à Kolobo, son village natal, il poursuit ses études supérieures à l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM) de N’Djaména où il obtient le diplôme de greffier[2]. De 1994 à 1997, il poursuit ses études en France, à l'école notariale de Nîmes. Après ses études, il rentre au pays et ouvre son propre cabinet notarial 1998 à N'Djaména, devenant ainsi le premier notaire du Tchad.
Carrière politique
Béchir Madet est un membre éminent du Mouvement patriotique du Salut (MPS)[3], le parti fondé par le président du Tchad Idriss Deby. En , Adap Béchir Madet est nommé ministre de la Justice au sein du gouvernement de Kalzeubé Payimi Deubet[4]. À partir de , un bras de fer s'engage entre Adap Béchir Madet et une partie du corps judiciaire qui réclame sa démission[5],[6]. Il lui est notamment reproché de s'ingérer dans les affaires judiciaires, en ayant fait libérer des prisonniers détenus sans jugement; ses partisans y voient plutôt la conséquence de sa lutte contre la corruption et la crainte qu'elle suscite parmi les personnes qui se sentent visées[5]. Les observateurs locaux émettent également l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'un règlement de comptes entre les partisans de l'ancien garde des Sceaux Jean-Bernard Padaré et les partisans de Adap Béchir Madet[5]. Il est démis de ses fonctions moins d'un an après sa nomination, en , et sans que le gouvernement ne communique de raison officielle à ce limogeage[4].
En , il est nommé ministre du Pétrole, de l’Énergie et de la Promotion des énergies renouvelables au sein du gouvernement d'Albert Pahimi Padacké[7], et ce malgré son absence totale d'expérience professionnelle dans ce secteur-clé de l'économie tchadienne. Dans le cadre de ses fonctions, il est notamment chargé d'accroître les dividendes perçues par l'État tchadien pour la vente de son pétrole. En , il confie la commercialisation du brut du bassin pétrolier de Doba à Esso et exige un paiement en espèces et non plus en nature[8]. En , il annonce une hausse importante du prix du pétrole vendu à la pompe, ce qui provoque un regain de tension sociale, dont une grève de 48 heures des transporteurs à N'djamena[9],[10]. Il reste à cette fonction un peu moins de 2 ans, son ancien collaborateur Michel Boukar se voyant confié ce même ministère en [11].
Parallèlement à ses activités politiques, Adap Béchir Madet publie en 2017 une autobiographie intitulée Itinéraire du paysan notaire[12]. Il meurt à Paris le à la suite d'une crise cardiaque, à la veille de son cinquante-quatrième anniversaire[2]. Il laisse une veuve et quatre enfants. Son corps a été rapatrié au Tchad pour y être inhumé dans son village natal à Kolobo. Le président Idriss Déby lui a publiquement rendu hommage devant ses proches, le [13].