Bête de Noth
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La bête de Noth est le surnom donné à un animal mystérieux en 1982, dans le département de la Creuse (anciennement région Limousin puis Nouvelle-Aquitaine). Après une série d'attaques sur des animaux d'élevage, et faute d'identification zoologique, l'affaire n'a jamais été élucidée [1],[2].
Attaques

Le 4 novembre 1982, un agriculteur de la commune de Noth aperçoit un animal couché dans un champ qui, voyant l'homme arriver, se lève et disparait. « À son approche, l’animal huma l’air, se leva et partit d’une allure féline se réfugier dans le bois voisin », relate un quotidien régional. Le lendemain, un employé du château de la Fôt, aussi appelé manoir de la Fôt ou château de la Cazine, est effrayé par le grognement d'un animal dans un hangar du domaine. Le maire de Noth et le lieutenant de louveterie de Dun-le-Palestel mobilisent une trentaine d'hommes. La bête est aperçue dans un bois par un chasseur, qui, trop impressionné, la manque et la laisse s’échapper [3].
Dans la nuit du 6 au 8 novembre, le département de la Creuse est alors secoué par une violente tempête qui endommage les lignes électriques et téléphoniques. La coupure d’électricité en cette fin d'automne contribue largement au climat d'angoisse [4].
Dans les jours qui suivent, « la bête de Noth » est de nouveau aperçue. Des attaques mortelles sont signalées sur le bétail, avec des traces de griffures et de morsures. Le 10 novembre, un taurillon de 400kg et une génisse au lieu-dit Maison-Neuve. Le 19, deux brebis à Châteauponsac. Le 3 décembre, une brebis à Maupas, puis une génisse déchiquetée à Le Grand-Bourg le 9. Gendarmes, gardes fédéraux et chasseurs se mobilisent encore pour traquer l'animal, qui leur échappe [5].
Un mystère zoologique
Les témoins parlent d'un grand félin, de type puma, ou un jeune lion de 80 à 100 kg, marchant tête basse, le dos arrondi, à la robe de couleur brun roux ou crème [6]. Michel Klein, vétérinaire et chroniqueur animalier pour de nombreux programmes télévisés, analyse des empreintes et en tire la même conclusion [3].
Selon Michel Meurger, le lynx a été réintroduit clandestinement dans la région début 1982 pour enrayer une maladie des chevreuils. Ce lâcher non officiel serait à l'origine de l'affaire [7].
On accuse bientôt le marquis de Vasselot de Régné, propriétaire du Château de la Cazine, de tenir une ménagerie exotique et illégale, et d'avoir égaré un prédateur dans la nature, sans qu’aucun élément ne vienne étayer ces rumeurs. Françoise Reumaux, professeur en sociologie de la connaissance à l'Université de Poitiers, y voit l'éternel rancœur entre paysans et aristocratie. Selon elle, les tensions historiques entre groupes sociaux se rejouent à travers la bête [8].
La bête de Noth disparaît début 1983 comme elle est apparue. Son identité zoologique n’a jamais été établie.
Bibliographie
- Michel Meurger (dir.), « Les félins exotiques dans le légendaire français », Communications, no 52 « Rumeurs et légendes contemporaines », , p. 175-196 (DOI 10.3406/comm.1990.1790)
- Françoise Reumaux, Toute la ville en parle : esquisse d'une théorie des rumeurs, Paris, Éditions L'Harmattan, , 205 p. (ISBN 2-7384-2419-8, lire en ligne)
- Pierre Louty, Sorcier, es-tu là ? : L'étrange en Limousin, éditions de la Veytizou,
- Thibaut Solano, « Mystère ou canular ? L'étrange Bête de Noth », La Montagne, (lire en ligne [archive du ])
- « Trente ans après, la bête de Noth n'a toujours pas été attrapée », La Montagne, (lire en ligne)