Forces françaises à Djibouti
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) constituent le contingent militaire français numériquement le plus important hors de France. Les troupes françaises restent présentes à Djibouti lors de l'accession du territoire à l'indépendance, d'abord dans le cadre d'un protocole provisoire de juin 1977 fixant les conditions de stationnement des forces françaises, valant accord de défense. Le traité est renouvelé accord en 2014 puis le 24 juillet 2024 pour une durée de vingt ans[1].
| Implantation militaire française à Djibouti | |
Insigne des Forces françaises à Djibouti | |
| Lieu | |
|---|---|
| Fait partie de | Ministère des Armées (France) |
| Utilisation | base aérienne, régiment interarmes. |
| Appartient à | Armée française |
| Contrôlé par | |
| Effectifs | 1 500 militaires (2025) |
| modifier |
|
Historique
De 1896 et jusqu’en 1977, Djibouti était une colonie française appelée la côte françaises des Somalis puis le territoire français des Afars et des Issas.
L’escadrille de la côte française des Somalis (CFS) est constituée le 1er avril 1933, sur le terrain des Salines, avec trois Potez 25 TOE et un Potez 29 sanitaire détachés du 39e régiment d’aviation stationné au Levant. La base aérienne de Djibouti est transférée sur le terrain de Gabode en 1935[2].
Le dragueur de mines Jasmin (M663) appartenant à l'US Navy est transféré en 1944 à la marine nationale. Il est stationné à Djibouti de 1955 à 1962.
La Légion étrangère est présente à Djibouti entre 1962 et 2011 avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère. Le , le 5e régiment interarmes d'outre-mer est recréé à Djibouti sur le territoire français des Afars et des Issas par changement d'appellation du 57e RIAOM, arrivé en 1965, dont il conserve la devise « Fier et fort ». À cette date, il reçoit en héritage le fanion et les traditions du bataillon somali.
En 1977, la république de Djibouti déclare son indépendance mais la signature d'un accord de défense implique que les forces militaires françaises restent sur le territoire[3]. Un nouvel accord est en vigueur depuis 2014[4].
Les effectifs sont en début de 2015 de 1 950 personnes. En 2018, ils sont, selon les sources, entre 1 350[5] et 1 450 personnels[6]
En , l'Assemblée nationale française adopte le projet de loi autorisant la ratification du Traité de coopération en matière de défense entre la République française et la république de Djibouti[7], l'accord la restitution du terrains de la base navale du Héron à Djibouti[8].
Dans le contexte du conflit américano-israélo-iranien de 2026, un E-3F AWACS et un Airbus A330 MRTT viennent renforcer les capacités de surveillance et de soutien logistique de l'armée[9].
Dispositif
Le général commandant les forces françaises stationnées à Djibouti dispose d'un état-major interarmées. La base de Défense est gérée par le Groupement de soutien de la base de défense de Djibouti.
La Direction d'infrastructure de la Défense de Djibouti assure l’ensemble des missions de soutien spécialisé dans le domaine infrastructure.
Composante Terre


Le 5e RIAOM est aujourd'hui le dernier régiment interarmes de l'Armée de terre française. Sa localisation, ainsi que les missions qui sont confiées en république de Djibouti, région du Globe en perpétuelle évolution et aux multiples soubresauts, lui imposent une posture opérationnelle permanente. C'est également le régiment de tradition de Djibouti.
Regroupé au quartier Brière de l'Isle, il est composé de:
- La CCL assure la logistique opérationnelle ainsi que la mise en œuvre du poste de commandement du régiment. Elle arme également le Centre d'entraînement au combat d'Arta Plage et le Centre d'aguerrissement et d'instruction au désert de Djibouti qui forment le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement de Djibouti (CECAD). Ce centre accueille les unités permanentes ou en mission de courte durée du 5e RIAOM, les autres unités des FFDj, les unités ou écoles de métropole, les forces djiboutiennes et étrangères.
- La 1re compagnie d'infanterie en mission de courte durée, équipée de 17 véhicules de l'avant blindé (VAB) et de missiles antichars ;
- Le 3e escadron blindé, équipé de 9 AMX-10 RC et de 15 véhicules blindés légers ;
- La 6e compagnie d'appui, unité du génie et d'artillerie sol - sol, équipée 9 VAB, de 4 CAESAR et de 4 mortier de 120 mm.
Depuis le 1er août 2008, le bataillon de l'aviation légère de Djibouti (BATALAT) est rattaché au 5e RIAOM. Devenu depuis un Détachement de l’Aviation légère de l'Armée de terre (DETALAT) avec 70 militaires, il est équipé de quatre hélicoptères Caïman qui ont remplacés en 2025, les Puma et trois Gazelle-Hot[10].
Composante Air
La BA 188 accueille une quinzaine d'aéronefs, et étant une base de soutien à vocation interarmées, elle accueille aussi de nombreuses unités de support dont une section de défense sol-air armée de 8 bitubes de 20 mm et 8 postes de tir de missiles Mistral. Elle accueille également deux escadrons :
- Escadron de chasse 3/11 Corse[11] avec trois Mirage 2000-5F et deux Mirage 2000 D
- Escadron de transport 88 Larzac volant sur un C-160 Transall, puis en juillet 2019, sur un CASA CN-235 et deux Caracal qui ont remplacés en 2025, les trois SA330 Puma[12].
Par ailleurs, un détachement permanent de l'aéronautique navale (Breguet Atlantic, puis Breguet Atlantique 2) y stationnent en permanence.
Composante Mer
La Marine nationale française maintient des forces spéciales pour l'entraînement et la lutte contre la piraterie autour de la Corne de l'Afrique. La base navale a pour mission principale d’accueillir et de soutenir les éléments de forces maritimes (EFM) de passage à Djibouti et déployés en opérations en zone Indopacifique. Chaque année, entre 40 et 50 bâtiments français font escale à Djibouti. La marine française dispose de deux chalands de transport de matériel, trois vedettes rapides et deux remorqueurs-pousseurs.
Le navire Jules Verne fut basé les deux tiers de sa carrière à Djibouti, de 1976 à 1997 (il figura même sur le billet de 10 000 francs djboutiens), affecté à la flotte française en océan Indien. Le Dague, chaland de débarquement du type EDIC (engin de débarquement d'infanterie et de chars) de la Marine nationale française, est basé à Djibouti le 6 juin 1988. Il porte le numéro de coque L9052. Il est transféré à la marine de Djibouti en juin 2012 et océanisé le 23 mai 2020.