Classification internationale des maladies

principal outil international de diagnostic standard pour l'épidémiologie, la gestion de la santé et les applications cliniques From Wikipedia, the free encyclopedia

La Classification internationale des maladies ou CIM (en anglais, International Classification of Diseases ou ICD )[1] est une classification médicale codifiée classifiant les maladies et une très vaste variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies.

Couverture de la 11e version de la Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé.

Elle est publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et est mondialement utilisée pour l'enregistrement des taux de morbidité et des taux de mortalité touchant le domaine de la médecine[2].

La dernière version est la CIM-11 entrée en vigueur le [3].

Description

Les affections (symptômes, maladies, lésions traumatiques, empoisonnements) et les autres motifs de recours aux services de santé sont répertoriés dans la CIM avec une précision qui dépend de leur importance, c'est-à-dire de leur fréquence et de l'intensité du problème de santé publique qu'ils posent (par exemple, le chapitre des maladies infectieuses est le plus gros et le plus détaillé parce que ces maladies sont la première cause mondiale de morbidité et de mortalité).

La CIM est une classification statistique et mono-axiale. Elle est statistique en ce sens que l'entité faisant l'objet d'un codage ne peut être attribuée qu'à une et une seule catégorie de la classification. Cela découle des règles de codage pour le choix de l’affection principale ou de la cause de mortalité. Elle est mono-axiale en ce sens que chaque entité (maladie) ne correspond qu'à un seul code, les ambiguïtés de classement étant levées par les règles d'exclusion. La CIM attribue aux entités répertoriées un code alphanumérique comportant trois à cinq caractères.

Cette classification est soumise à révisions périodiques (5 de 1893 à 1948, 6 par l'OMS de 1949 à 2019). La 10e révision (CIM-10) a été adoptée en , et la 11e (CIM-11) en [3].

Historique

En 1893, un médecin français, Jacques Bertillon, intronise la Classification des causes de décès lors d'un congrès à Chicago, aux États-Unis[4]. Cette classification a fait l'objet de cinq révisions décennales jusqu'en 1938. À sa création en 1945, l'organisation mondiale de la santé (OMS) se vit confier l'évolution et la mise à jour de la classification de Bertillon. La sixième révision devint en 1948 la Classification statistique internationale des maladies, traumatismes et causes de décès : elle cessait en effet de ne répertorier que les causes de décès pour s'intéresser de façon plus générale à la morbidité.

En 1967, l'OMS stipule que les États membres doivent utiliser la dernière révision en cours pour leurs statistiques sanitaires de morbidité et de mortalité.

Après la 9e révision adoptée en 1975, le rythme décennal des révisions est rompu, et la 10e révision est adoptée en . L'un des motifs en est l'importance des modifications effectuées. L'OMS avait prévu que les révisions décennales seraient remplacées par des mises à jour. La première a été publiée en 1996, suivie d'autres selon un rythme annuel[5].

La CIM-10 comprend trois volumes, publiés respectivement en 1993 (vol. 1), 1995 (vol. 2) et 1996 pour le vol. 3. La CIM a été conçue pour « permettre l'analyse systématique, l'interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions à des époques différentes » (volume 2 p. 2).

Anciennes versions

CIM-6

La CIM-6, publiée en 1949, était le premier manuel contenant une classification des troubles mentaux.

CIM-7

C'est la première version, publiée en 1955, qui s'intitule officiellement « Classification internationale des maladies ». Une rubrique « Perversions sexuelles » y est intégrée, au sein de la catégorie « Personnalité pathologique » ; elle comprend entre autres l'homosexualité, la déviation sexuelle, l'exhibitionnisme, le fétichisme, le sadisme et la sexualité pathologique[6].

CIM-8

La huitième révision de cette classification est lancée à Genève en 1965, avec la participation de trente-six états, majoritairement européens, aux travaux. Les manuels diagnostiques sont plus détaillés, mais limités ; les descriptions cliniques sont absentes.

Le DSM II, version américaine de la CIM, est créé en 1968, pour assurer une homogénéité entre les deux classements.

L'homosexualité devient une sous-rubrique à part entière (comprenant la sodomie et le lesbianisme), toujours rattachée aux « Perversions sexuelles », désormais catégorisées en « Névroses, troubles de la personnalité et autres troubles mentaux non psychotiques »[7].

CIM-9

La CIM-9 termine sa neuvième révision en 1975[4] et est publiée par l'Organisation Mondiale de la Santé en 1977. Elle est finalement remplacée par la CIM-10 qui donne une plus grande expansion des données. Il est impossible de convertir les données exposées dans la CIM-9 avec les données exposées dans la CIM-10, bien qu'il existe certains guides d'utilisateur[8].

CIM-10

CIM-11

Problématiques

Le but de la CIM est de permettre l'analyse comparative internationale, mais cela se heurte à plusieurs difficultés.

Les révisions périodiques de la classification doivent concilier la continuité des définitions (stabilité) tout en l'adaptant à l'évolution du savoir médical (pertinence), ce qui peut rendre plus difficile la valeur comparative des statistiques sanitaires. Par exemple, lorsque différents pays adoptent les nouvelles révisions avec des décalages de temps différents ; ou encore lorsque l'on veut étudier les statistiques sur de longues durées (plusieurs décennies)[9].

De même, si la classification gagne en précision et en raffinement, cela accroit le besoin d'expertise sur le terrain (moyens et technique de diagnostic). Il peut alors se produire un décalage de qualité de collecte des données entre les pays selon le niveau de leur service de santé[9].

Critiques portant sur la psychiatrie

Cette classification qui globalement s'est alignée sur celle du DSM (particulièrement depuis la 4e révision, DSM-IV) est critiquée et pour les mêmes raisons : réductionnisme sous couvert de position a-théorique, développement en fonction d'une vision purement organique et pharmacologique, selon l'intérêt des laboratoires pharmaceutiques[10],[11].

Par ailleurs, le fait qu'elle ne reprenne pas les « axes » du DSM fait que la liste des diagnostics aurait tendance, selon certaines critiques[Lesquelles ?], à s'allonger sans fin et sans qu'on puisse clairement hiérarchiser ceux qui sont pertinents actuellement, ceux qui relèvent d'un aspect structurel.

Enfin, la partie des diagnostics pédopsychiatriques (enfants et adolescents) serait insuffisante, ce qui aurait tendance à confondre pédopsychiatrie et psychiatrie de l'adulte dans une vision « adultomorphe »[12].

Notes et références

Voir aussi

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