CMH et choix du partenaire sexuel

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Chez les Vertébrés, le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) est largement connu pour son rôle immunitaire dans la reconnaissance du soi et du non-soi (notamment pour ses implications dans le rejet de greffes). L'utilisation du CMH comme marqueur moléculaire dans le choix et la reconnaissance du partenaire sexuel est une autre hypothèse actuellement émise.

En 1975, lors d'un congrès d'immunologie, Lewis Thomas formule le début de ce qui allait devenir une théorie: l'implication du CMH dans la reconnaissance des individus. Un an après, en 1976, Kunio Yamazaki et ses collaborateurs publient un article fondateur[1]. Il observait en effet que des souris respectivement issues de lignées consanguines et congéniques pour trois haplotypes différents montrent (mâles comme femelles) des préférences significatives pour un CMH différent du leur.

Par la suite, beaucoup d'autres laboratoires ont validé l'existence d'un tel choix du partenaire sexuel médié par un CMH différent chez ces mêmes lignées congéniques et consanguines. C'est-à-dire des souris partageant le même fond génétique et différant uniquement par leurs allèles au locus du CMH[2],[3],[4]. Néanmoins, aucune preuve n'existe à l'heure actuelle qu'un tel choix du partenaire sexuel se produit dans les populations sauvages de souris[5],[6].

Mais d'autres arguments en faveur de la reconnaissance par le CMH chez la souris ont alors fait leur apparition. La reconnaissance réciproque parent-enfant grâce à un CMH identique et l'inversion des préférences d'un jeune adopté en faveur d'un CMH différent de celui de ses parents adoptifs et non pas du sien[7], comme si le choix du partenaire sexuel était déterminé par opposition de l'haplotype parental, ont permis d'avancer le concept d'empreinte familiale.

Importance évolutive

L'utilisation de ce marqueur polymorphe pour lutter contre la consanguinité fut la première hypothèse formulée. Une autre interprétation fait référence au rôle immunologique du CMH, ce marqueur servirait à promouvoir l'hétérozygotie de la descendance afin d'augmenter sa survie[8],[9]. L'idée sous-jacente est que la variabilité génétique (conférée par les différents allèles du CMH) confère une meilleure valeur sélective à la descendance et donc un avantage face à la sélection naturelle.

Choix du partenaire sexuel

Chez les Vertébrés

Des données récentes chez d'autres espèces sont venues enrichir ce modèle de choix du partenaire sexuel chez les Vertébrés. Ces études sont partagées quant à l'influence réelle du CMH.

Chez l'Homme

Chez l'Homme, des études de génétique des populations ont tenté de mettre en évidence une corrélation entre couples établis et possession d'haplotypes de CMH différents dans des populations humaines de faible taille  : Hutterites et tribus sud-américaines. Autant on trouve une corrélation chez les premiers, mais pas chez les deuxièmes. Une étude récente de Raphaëlle Chaix et de ces collaborateurs[10] revisite cette question avec la puissance génomique de la banque de SNP humains (HapMap II) chez les populations de Mormons américains et chez les Yorubas d'Afrique. Elle trouve une corrélation positive (effet significatif du locus HLA face à l'effet total du génome) pour les Mormons seulement. Cette étude met en avant l'importance de facteurs tels que l'organisation sociale et l'origine africaine des populations humaines[11],[12].

Mécanisme moléculaire

Notes et références

Voir aussi

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