Calendrier simplifié des saints

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Exemple de calendrier simplifié : le mois de janvier des Heures d'Egerton (folio 6). Enluminure sur parchemin, 1410, 22x16,5 cm, British Library.

À la fin du Moyen Âge, apparaissent en Occident des calendriers simplifiés qui sont une expression populaire du culte des saints. Ces calendriers, à l'usage des laïcs, sont un élément constitutif des Livres d'Heures. Ils ont en commun plusieurs caractéristiques.

Ce sont des calendriers à l'usage des laïques qui ont été élaborés par des laïques en dehors du contrôle d'une Église. Ils comprennent systématiquement un et un seul saint (ou fête) par jour. Paul Perdrizet[1] donne l'explication suivante : « Si les Livres d'Heures avaient été contrôlés par l'Église, leur calendrier aurait reproduit celui du diocèse à l'usage duquel les Livres d'Heures auraient été destinés. Certains jours auraient comporté (...) plusieurs noms chacun, d'autres par contre n'en auraient comporté qu'un, ou pas du tout. Il en va ainsi dans les Bréviaires et dans les plus anciens Livres d'Heures qui ont été établis par des clercs. Mais bientôt, la confection des Livres d'Heures étant devenue une industrie de laïques, ceux-ci crurent mieux faire en inscrivant à chaque jour de l'année un nom de fête ou de Saint (...) » [2].

Les caractères communs des calendriers simplifiés

Des calendriers religieux

Ils sont tous dérivés des calendriers ecclésiastiques du lieu ou d'une institution de référence. Mais l'appartenance confessionnelle n'est pas affichée car d'une part ces calendriers ne sont pas contrôlés par les Églises, et d'autre part, en un lieu donné, l'appartenance confessionnelle est censée aller de soi.

Un seul saint par jour

Ils ne donnent qu'un seul saint, ou une seule fête, par jour. À titre tout à fait exceptionnel on peut trouver deux noms différents, mais dans ce cas ils sont abrégés pour tenir dans l'espace limité dévolu à une journée[3].

Une forme litanique

Chaque nom de saint est précédé d'une abréviation du mot « saint », si bien que la liste des saints du mois se présente sous la forme d'une litanie.

Les déterminants sont omis

Les déterminants de lieu ou de titres départagent habituellement les homonymes dans les calendriers liturgiques établis par des clercs : Memoria Sancti Martini ep. Turon. Mais dans les calendriers simplifiés à usage des laïcs, les déterminants sont omis et la formulation, plus simple, n'est pas destinée à être lue à l'office : Scts Martinus ou Scti Martini.

Les calendriers simplifiés se réfèrent en effet à une ville donnée où les usages liturgiques sont connus de tous. Chaque saint du calendrier simplifié a son église dans la ville ou sa chapelle dans une église de la ville. Les déterminants de lieu ne sont qu'exceptionnellement nécessaires : Scts Germanus Aux., Scts Germanus Prat. Il en va de même lorsque le calendrier simplifié est celui d'une institution comme l'Université de Paris ou la Nation allemande de l'Université de Paris.

Des calendriers locaux

Ils sont révélateurs des usages liturgiques d'un lieu donné et plus particulièrement des plus populaires de ces usages locaux.

La fabrication des calendriers simplifiés

Avant l'invention des caractères mobiles par Gutenberg, ils étaient soit calligraphiés et enluminés dans des Livres d'Heures pour des clients fortunés, soit imprimés sur du papier au moyen de planches de bois gravées (xylographie). Une planche correspondait à un mois et toute la liste des saints du mois y était sculptée à l'envers de manière que l'écriture imprimée apparaisse à l'endroit.

Des pictogrammes, ou des images plus élaborées, accompagnaient souvent le nom du mois, en haut, ou le nom de chaque fête ou même celui de chaque saint. Sainte Catherine était accompagnée d'une roue, saint Pierre d'une clé et saint Paul d'une épée[4].

Les survivances actuelles des calendriers simplifiés

Les études de ces calendriers

Références et notes

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