Camille Lhuissier
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10 novembre 1946
IIe Constituante
Ire (Quatrième République)
| Camille Lhuissier | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (2 ans, 2 mois et 12 jours) |
|
| Élection | 21 octobre 1945 |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 |
| Circonscription | Mayenne |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire (Quatrième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Camille, Jean, Marie Lhuissier |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Vautorte (France) |
| Date de décès | (à 68 ans) |
| Lieu de décès | Laval (France) |
| Nationalité | Française |
| Profession | Enseignant |
| modifier |
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Camille Lhuissier, né le à Vautorte et mort le à Laval, est un instituteur, syndicaliste, homme politique socialiste et résistant français. Il est député de la Mayenne de 1945 à 1948.
Origine
Son père, cabaretier anticlérical, animateur d'un cercle républicain était connu comme un « rouge », et avec sa femme tenait l'hôtel Lhuissier au centre du village de Vautorte[1],[2].
Il va au cours complémentaire de Gorron, puis rejoint avec une dispense d'âge[3], l'Ecole Normale de Laval[4]. Il se maria en 1901 avec Marie-Lucie Guyonnet (Rachel), institutrice[5]
Instituteur et syndicaliste
Il fut instituteur dans le département de la Mayenne de 1897 à 1933[6]. Il est un des piliers du mouvement syndical des instituteurs. Il est membre de l'Amicale des Instituteurs de la Mayenne, fondée en 1902[7]. En 1902, il participe avec Félicien Challaye à la création de l'Université populaire de Laval[5] installée à la Bourse du travail.
Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s’engagea activement, aux côtés de ses camarades, dans la défense et l’expansion du mouvement syndical en Mayenne[8]. Ensemble, ils résistèrent aux pressions et aux mesures répressives exercées par le gouvernement et l’administration, en particulier en 1908, en 1910 et en 1912[8]. Cette année-là, il fut poursuivi, avec seize autres militants, pour avoir signé le Manifeste de Chambéry, qui revendiquait le droit syndical pour les fonctionnaires[8].
Instituteur à Bouère de 1906 à 1928, lors de la Guerre scolaire et de la « seconde guerre des manuels », lui et sa famille subissent les assauts du curé de Bouère[5], parce qu'ils entendent conserver l'usage du livre de Gauthier et Dechamps qui n'a pas recours aux délires de la religion pour expliquer l'histoire[9]. Il participa en 1910 au lancement du premier bulletin syndical des instituteurs du département de la Mayenne : l’Émancipation de l’instituteur[8]. Délégué de l'École émancipée, il donne une grande audience à ce mouvement. Il a de nombreux engagements en dehors de son métier.
Il est sociétaire de la Coopérative ouvrière de Renazé, et l'un des responsables de la Maison du Peuple de Laval.
Il est l'un des principaux promoteurs de l'ouvrage Nouvelle Histoire de France, publiée en 1927. Cet ouvrage, qui ne sera autorisé que dans 3 départements : les Bouches-du-Rhône, le Cantal et la Mayenne, fit aussi partie des ouvrages détruits sous le régime de Vichy.
Sa carrière d'enseignant se termine en 1933, à l’école annexe de Laval[2].
Première Guerre mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dès les premiers jours d’ dans le 25e régiment d'infanterie territoriale comme sous-lieutenant, il fut bientôt promu lieutenant[8]. Il est blessé à la tête en juin 1915[10], il a été fait chevalier de la Légion d'honneur et croix de guerre avec palme, et grand invalide de guerre réformé à 100 %. Il reprend alors ses activités syndicales et milite à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Il s'occupe aussi en Mayenne des activités de la Ligue des droits de l'homme.
Politique
Camille Lhuissier militait à la Section française de l'Internationale ouvrière avant le Congrès de Tours en [8].
Il est initié à la franc-maçonnerie à la Loge Volney de Laval le [11]. Après avoir rejoint le Parti communiste français, il y demeura probablement jusqu’à ce que celui-ci interdise à ses adhérents d’appartenir à la franc-maçonnerie, à laquelle il était affilié[8].
Nommé en 1930 secrétaire de la fédération socialiste de son département, il affronte pour la première fois le suffrage universel aux élections cantonales de 1931 dans le Canton de Laval-Est[12]. Il mène la liste de la SFIO aux élections municipales en à Laval[8]. En 1936, il ne se présenta pas aux élections législatives, la Fédération socialiste de la Mayenne ayant choisi de soutenir les candidats républicains ou radicaux. Candidat en Sarthe, il échoue aux élections législatives de 1936[13] où il n'est battu que de quelques centaines de voix[14]. Il se présente aux élections cantonales de 1937 dans le Canton de Laval-Est[12] En 1937, il commença à collaborer aux Nouvelles mayennaises, hebdomadaire du Rassemblement populaire en Mayenne. En 1939, il défendit la motion Léon Blum contre la motion Paul Faure au 36e congrès national de la SFIO[8].
Théâtre et U.P.L.
Le groupe théâtral de l'Université populaire de Laval va à travers le département donner des représentations au profit des Pupilles de l'Ecole Publique, au bénéfice de la Caisse de chômage. Notamment sous la direction de Camille Lhuissier, devenu président en 1934 de l'U.P.L., ils jouent une dizaine de fois : Un gars de ferme, pièce sociale et paysanne de Marcel Cheurin. L’U.P.L. redémarre à zéro après la Libération. Dès , Camille Lhuissier reconstitue rapidement chorale et groupe théâtral. Camille Lhuissier dirige la chorale, et le metteur en scène et même l'acteur qui donne l'exemple aux jeunes. Devenu député, il reste Président de l'U.P.L. jusqu'à sa disparition en 1948.
Résistance et Libération
Camille Lhuissier fait partie de la liste établie par la loi du qui ordonne la publication au Journal officiel[15] des noms et rangs des dignitaires et hauts gradés de la franc-maçonnerie[16]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe activement à la Résistance intérieure française[17]. Il est affilié au mouvement Libération-Nord[18].
Il fait partie en 1944 du Comité départemental de libération de la Mayenne et redevient secrétaire fédéral de la SFIO.
En 1945, la Mayenne fut la seule fédération à oser se montrer indisciplinée en présentant une liste commune avec le PCF[8]. Aux Élections constituantes de 1945, il est élu député à la première Assemblée constituante le [19] où il siège à la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. La fédération locale et Camille Lhuissier furent blâmés par le comité directeur du pour cette alliance avec les communistes[8].
Il est à l'origine avec 4 autres députés SFIO d'une proposition de loi portant sur l'organisation de la recherche agronomique, qui sera à l'origine de l'Institut national de la recherche agronomique. Il soutient le projet constitutionnel rejeté par référendum le . Il est réélu le suivant. Il fut désigné par le groupe socialiste pour siéger à la Haute-Cour de Justice le [8].
L’Université populaire de Laval redémarre à zéro après la Libération. Dès , Camille Lhuissier reconstitue rapidement chorale et groupe théâtral. Camille Lhuissier dirige la chorale, et le metteur en scène et même l'acteur qui donne l'exemple aux jeunes. Devenu député, il reste Président jusqu'à sa disparition en 1948. Il est président de la Fédération des œuvres laïques de la Mayenne en 1947.
Après l'adoption de la constitution de la Quatrième République, il est une nouvelle fois élu député et le reste jusqu'à sa mort le .
Une rue de Laval porte son nom.
Notes et références
- ↑ Des cartes postales des années 1900 encore disponibles montrent l’enseigne de l’hôtel Lhuissier. L’établissement devient ensuite la Belle étoile, exploité jusqu’aux années 1990 par la famille Boyer.
- 1 2 « Vautorte. Camille Lhuissier, l’instituteur devenu député », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Il était âgé de 15 ans.
- ↑ Il en sort major.
- 1 2 3 Thierry Flammant, L'école émancipée : une contre-culture de la Belle Époque, p. 274, 1999
- ↑ Il est instituteur à Évron, Bouère, puis dans les dernières années, il enseigne à l'Ecole Annexe de Laval, où il forme les futurs instituteurs à la pédagogie.
- ↑ Il participe en 1905 à la première campagne syndicaliste des instituteurs dans le département.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 notice LHUISSIER Camille, Jean, Marie par Jacques Omnès, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.
- ↑ Archives départementales de la Mayenne, 1 T 208, lettre de Rachel Lhuissier à l'Inspection Académique. .
- ↑ Il doit subir une trépanation.
- ↑ Histoire de la franc-maçonnerie en France, p.400
- 1 2 Il obtient plus du tiers des suffrages exprimés.
- ↑ Il se présente dans la 2e circonscription du Mans.
- ↑ Il est battu par Paul Goussu.
- ↑ Journal officiel de l'Etat français, Lois et décrets, 1941.
- ↑ Cette loi prive des milliers de francs-maçons de leur emploi et de leur mandat d'élu.
- ↑ Il assure des liaisons et accueille des résistants traqués.
- ↑ C'est un mouvement d'inspiration à la fois syndicale et socialiste. Pour la Mayenne, il voit le jour à Laval, au printemps de 1943, à la suite d'une réunion clandestine à la Maison du Peuple, 14, rue Noémie-Hamard, où se retrouvent d'une part, venant de Paris, François Tanguy-Prigent et Pierre Neumeyer, d'autre part des Mayennais parmi lesquels Pierre Boursicot, Auguste Beuneux, Pierre Coste.
- ↑ Il recueille, à la tête de la liste d'union de la gauche, 19 993 voix sur 124 109 suffrages exprimés ; il doit au système de la répartition des restes à la plus forte moyenne de remporter, aux côtés de Jean-Marie Bouvier O'Cottereau, Jacques Soustelle et Robert Buron, l'un des quatre sièges à pourvoir.