Camp de regroupement
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Les camps de regroupement désignent des camps créés en temps de conflit, soit pour recueillir des réfugiés, soit pour contrôler une partie de la population civile, notamment de nationalité ou d'origine étrangère.

France
Algérie française
Les camps de regroupement pendant la guerre d'Algérie sont mis en place, pendant la guerre d'indépendance algérienne entre 1954 et 1962, par les autorités françaises. L'armée française a évacué des villages entiers en zone rurale pour isoler le Front de libération nationale (FLN) de ses bases de soutien et de ravitaillement[1],[2]..
Ainsi, plus de deux millions de personnes ont été déplacées par l’armée française et regroupées dans ces camps. L'historien Fabien Sacriste estime à 200 000 la surmortalité des regroupés au cours de la guerre d'Algérie[3]. Pour l'historien Benjamin Stora, les camps provoquent la mort de 350 000 à 400 000 morts, avec une majorité d’enfants[4].
Cameroun
À partir de 1957, pour isoler la rébellion de l'Union des populations du Cameroun (indépendantiste à tendance communiste) de la population civile bassa, cette dernière est déportée vers des camps situés le long des principaux axes routiers[5]. Les rapports militaires reconnaissent devoir compter avec l'opposition des villageois, « affectés d’être dans l’obligation d'abandonner leurs cases et leurs biens ». Le lieutenant-colonel Lamberton, responsable des forces françaises, ordonne : « Toute case ou installation subsistant en dehors des zones de regroupement devra être entièrement rasée et leurs cultures avoisinantes saccagées ». Au moins 156 camps sont organisés. Les villageois sont soumis au travail forcé pour le compte de la société Razel, notamment dans la construction de routes[5].
Les exactions des troupes coloniales, généralement des viols, y sont fréquentes. Le commandement militaire, outre l'identification et la neutralisation des rebelles à l'intérieur des camps, se préoccupe particulièrement de la question de la propagande. Des unités sont ainsi constituées avec pour mission de présenter auprès des regroupés la rébellion comme étant de nature terroriste et non indépendantiste, et de convaincre les Camerounais que la France a une influence positive dans le pays[5].