Campo del Moro

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PaysDrapeau de l'Espagne Espagne
Création1844 - fin du XIXe siècle
TypeParc historique
Campo del Moro

Bien d’intérêt culturel. Patrimoine historique de l’Espagne

Image illustrative de l’article Campo del Moro
Vue du Campo del Moro, depuis son côté occidental. À l’arrière-plan, le palais royal de Madrid.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Histoire
Création 1844 - fin du XIXe siècle
Caractéristiques
Type Parc historique
Coordonnées 40° 25′ 06″ nord, 3° 43′ 09″ ouest

Le Campo del Moro est un parc situé dans la ville de Madrid en Espagne. Déclaré d’intérêt historique et artistique en 1931, il couvre une superficie d’environ vingt hectares (200 266 m2), qui s’étendent d’est en ouest, de la façade ouest du Palais Royal jusqu’à la promenade de la Vierge du Port (paseo de la Virgen del Puerto). Du nord au sud, ses limites sont délimitées par la Cuesta de San Vicente (au nord) et par la Cuesta de la Vega ainsi que le parc d’Athènes (au sud).

Le parc est caractérisé par un important dénivelé, causé par le ravin qui existe entre le palais et les rives du fleuve Manzanares. Il fut tracé en 1844 par l’architecte Narciso Pascual y Colomer, qui conçut un ensemble de style formaliste. Cependant, les travaux d’aménagement paysager ne purent être réalisés qu’à la fin du XIXe siècle. Ceux-ci furent dirigés par Ramón Oliva, qui modifia le projet initial en lui donnant un style romantique, typique de cette période. Avant cette époque, la zone était pratiquement laissée à l’abandon.

Il s’agit de l’un des trois ensembles de parcs qui ornent les abords du Palais Royal, mais contrairement aux deux autres (les jardins de Sabatini et la place d’Orient), sa gestion ne relève pas de la Mairie de Madrid, mais de Patrimonio Nacional, l’organisme en charge des biens ayant appartenu à la Couronne espagnole.

Les terrains situés entre le Palais Royal de Madrid et la vallée du fleuve Manzanares n’ont été connus sous le nom de Campo del Moro qu’à partir du XIXe siècle. Cette dénomination provient des promoteurs des jardins, qui, à la recherche d’un nom, se sont inspirés d’épisodes historiques.

Ils ont pris comme référence l’attaque de la ville menée par le chef musulman Alí Ben Yusuf, qui, à la mort d’Alphonse VI en 1109, tenta de reconquérir la place de Madrid — alors aux mains des chrétiens — en attaquant l’Alcazar depuis le versant proche du fleuve. Il aurait, selon la tradition, campé avec ses troupes sur le site où se trouvent aujourd’hui le parc. C’est de cet épisode que le lieu tire son nom de Campo del Moro (le « champ du Maure »), le mot moro désignant alors, dans le contexte historique espagnol, un musulman d’origine nord-africaine.

Histoire

Origines

L'idée de créer une zone récréative dans l'endroit qui occupe aujourd'hui le Campo del Moro est antérieure à la construction du Palais Royal de Madrid. Les premières tentatives remontent au temps de Philippe II (1527-1598), qui commanda un projet pour surmonter le dénivelé existant entre le Real Alcázar, sur le site duquel le palais actuel fut construit, et le vallon du fleuve Manzanares. Cependant, cette initiative ne put être réalisée.

Plus tard, Philippe IV (1605-1665), qui utilisait le lieu à des fins de chasse, ordonna la plantation de différentes espèces d'arbres, principalement des ormeaux.

Un paon royal dans Campo del Moro, joyau historique de Madrid, où nature et histoire se rencontrent sous l'ombre du Palais Royal.

Avec la construction du Palais Royal, dont les travaux commencèrent en 1738, quatre ans après l'incendie de l'Alcázar, de nombreux projets d'aménagement du site furent proposés, mais ils ne purent être concrétisés en raison du manque d'eau, des difficultés posées par le terrain et de l'absence de ressources financières.

Il en va de même pour les projets promus par les rois Philippe V (1683-1746) et Charles III (1716-1788), confiés à différents architectes du palais (Juan Bautista Sachetti, Francisco Sabatini et Ventura Rodríguez), ainsi qu’au jardinier espagnol Esteban Boutelou. Ce dernier, fort de son expérience à la tête des jardins d'Aranjuez (Madrid) et de La Granja de San Ildefonso (Ségovie), conçut deux tracés de conception classique en 1746 et 1747, très difficiles à réaliser, car ils ne s'adaptaient pas pleinement aux caractéristiques topographiques du sol.

En revanche, le design de l'architecte Juan de Villanueva (1739-1811) fut exécuté. Ce dernier reliait, par une grotte artificielle (dénommée : tunnel de Bonaparte), le Palais Royal aux jardins de la Casa de Campo, situés de l'autre côté du fleuve Manzanares.

Il fut creusé en 1810, pendant le règne de José I, un an avant la mort de Villanueva.

En 1891, il fut remodelé, avec l’ajout de rocaille comme élément décoratif. Plusieurs sections de ce passage souterrain subsistent encore, les plus significatives étant situées dans le propre Campo del Moro et sous l'ancien Camino de Castilla.

Tracé définitif

L'impulsion définitive pour la réalisation des jardins eut lieu en 1844, lorsque Agustín Argüelles Álvarez (1776-1884), précepteur de la reine Isabelle II pendant sa minorité, et Martín de los Heros (1783-1859), intendant du Real Patrimonio, chargèrent l'architecte en chef du palais, Narciso Pascual y Colomer (1808-1870), de concevoir un nouveau projet.

Cet architecte, également auteur du tracé de la Place de l'Orient, prévoyait comme point central la construction d'une grande avenue reliant le Palais Royal au paseo de la Virgen del Puerto. Celle-ci ne permettait pas seulement de surmonter la forte pente, mais elle mettait également en valeur la vue panoramique de la façade occidentale du bâtiment. Pour niveler le terrain, on utilisa notamment les débris provenant des églises et des habitations démolies lors de l'agrandissement de la Puerta del Sol.

L'importance de cet axe fut soulignée par l'installation de deux fontaines monumentales : la fontaine des Coquillages (Fuente de las Conchas), provenant du palais de l'Infant don Luis (Boadilla del Monte, Madrid), et la fontaine des Tritons (Fuente de los Tritones), dont l'emplacement initial était les Jardins d'Aranjuez (Aranjuez, Madrid).

Les travaux des jardins furent suspendus après le triomphe de la révolution de 1868, connue sous le nom de La Glorieuse, et l'exil consécutif de la reine Isabelle II. Ils purent être repris définitivement dans la dernière décennie du XIXe siècle, pendant la régence de Marie-Christine d'Autriche, lorsqu'on procéda à la plantation de près de 9500 arbres (dont 400 palmiers) et 20 800 arbustes (parmi lesquels 12 000 rosiers), sous la direction du jardinier Ramón Oliva.

En 1898, diverses maisons en bois de style tyrolien furent construites à l'intérieur du parc. Elles sont l'œuvre de l'architecte et jardinier Enrique Repullés Segarra, également responsable de l'ornementation de la grotte conçue par Juan de Villanueva.

Pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), en raison de la proximité du front madrilène, le Campo del Moro subit des dommages importants. Il fut restauré dans les années 1940 et, en 1960, un nouveau bâtiment fut construit à l'intérieur, abritant le Musée des Carrosses de Madrid.

Peinture de Fernando Brambila du début du XIXe siècle, à l'époque où les jardins, dans leur configuration actuelle, n'étaient pas encore tracés. À l'arrière-plan, on aperçoit la façade méridionale du Palais Royal.

Description

Panoramiques

Liens

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