Camps d'internement au Congo belge

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Lors des deux guerres mondiales du XXe siècle, des civils ressortissants de pays ennemis furent internés[1] au Congo belge et au Ruanda-Urundi[2] sur ordre des autorités coloniales.

1914-1918

Camp d'internement pour civils de Fort Napier WWI
Vue générale du camp d'internement de civils allemands et italiens de Ngulé en 1944.

Lors de la Première Guerre mondiale, le nombre de civils allemands dans la colonie était faible et ne justifiait pas l'ouverture d'un centre de détention. C'est pourquoi, en réponse à la demande du du Vice-gouverneur général du Katanga à l'Union Sud-africaine, 53 civils allemands d'Elisabethville (dont 5 femmes et 4 enfants) furent envoyés à Fort Napier près de Pietermaritzburg pour y être internés pendant la durée de la guerre aux frais de la colonie[3].

1940-1945

Vestiges du camp d'internement de Ngulé

À la suite de l’invasion de la Belgique le par les troupes allemandes, de l’entrée en guerre du Congo belge le et de l’abandon du statut de non-belligérance par l’Italie le , le Gouverneur général Pierre Ryckmans prit une ordonnance pour l’internement[4],[5] des civils masculins allemands, autrichiens et italiens, de 17 à 60 ans[6], et la mise sous séquestre de leurs biens[7].

Lettre envoyée le 30/3/1942 du camp d'internement d'Elisabethville

Localisation des camps

Lettre envoyée le 28/10/1947 du camp d'internement de Ngulé.
  • Usumbura : à l’extérieur de la ville dans un ancien site minier ; une vingtaine d’internés, la plupart italiens traités avec beaucoup de tolérances ()[8].
  • Stanleyville : à l'extérieur de la ville dans des maisonnettes ().
  • Coquilhatville : 5 internés dont 2 à l’hôpital ().
  • Léopoldville : 2 camps différents ().
  • Luebo : pour civils allemand et italiens[9].
  • Luluabourg : 12 internés dans une grande maison ().
  • Elisabethville : 197 internés italiens sur une population totale de 1 015 Italiens présents alors au Katanga ([10]).
  • Ngulé : seul camp situé loin de toute agglomération[11]. Le il fut inspecté par Monsieur Hirt, délégué du CICR, qui y dénombra une centaine d'internés civils allemands et italiens. Leur état de santé était satisfaisant et surveillé par un médecin italien et un médecin du Gouvernement. Ce camp était alimenté en eau par une source, et elle était filtrée avant d'être envoyée au réservoir principal. D'un barrage de la rivière Ngulé à 1 km en amont du camp, un canal amenait l'eau faisant tourner une centrale électrique pour l'éclairage du camp. Les hommes de confiance et d'autres internés ont spontanément reconnu que, par rapport au camp d'Elisabethville, les conditions de vie à Ngulé étaient beaucoup plus supportables[12].

Ces camps étaient gardés par des unités territoriales de la Force publique.

Durée de l’internement.

Début [13], tous les ressortissants ennemis hommes encore présents dans la colonie furent arrêtés[14].

Si les Allemands ne furent pas libérés avant la fin de la guerre (et certain pas avant ), il en fut autrement pour les Italiens. Au vu de leur nombre et pour des raisons économiques, la majorité d’entre eux furent relâchés sous le régime de la libération conditionnelle après quelques semaines. Seuls les partisans connus du régime fasciste de Mussolini restèrent internés jusqu’à la fin du conflit.

Restriction des libertés.

Tous les ressortissants ennemis non internés, y compris femmes et enfants, furent soumis à un couvre-feu de 20 h à h du matin tous les jours de la semaine[15]. De plus il leur était interdit de quitter leur endroit de résidence sans autorisation préalable[16].

La mise sous séquestre de leurs biens impliqua que les Italiens vécurent plus difficilement. Beaucoup de ceux-ci étaient des indépendants et certains ne récupérèrent leur fonds de commerce ou leur entreprise qu’à la fin de la guerre. Entre-temps ils durent trouver du travail pour nourrir leur famille[17].

Rôle du CICR

En le CICR avait sollicité l’ingénieur suisse Robert Maurice, travaillant à Kolwezi, pour devenir son délégué sur place[18]. En ce dernier fit une tournée d’inspection des camps situés hors du Katanga. À partir de , c’est l’ingénieur suisse Jean Hirt qui prit la relève pour la visite des camps de Ngulé et d’Elisabethville[19]. À cette époque la majorité des internés le sont au Katanga. Il intervenait aussi auprès des autorités belges pour l’amélioration des conditions d’internement, et pour les rapatriements pour raisons médicales.

Liens externes

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Références et notes

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