Caméra Technicolor
From Wikipedia, the free encyclopedia
| TECHNICOLOR | |
Caméra Technicolor trichrome (1935-1953) | |
| Marque | Technicolor Motion Picture Corporation |
|---|---|
| Visée | Viseur reflex et viseur clair |
| Format | Format 35 mm |
| Chargement | Magasin coplanaire à 3 galettes de 300 m de pellicule noir et blanc |
| modifier |
|
La caméra Technicolor est une caméra argentique 35 mm, fabriquée par Mitchell Camera Corporation, pour utiliser le procédé Technicolor de prise de vues noir et blanc à sélection tri-chrome (3 pellicules, deux panchromatiques pour le rouge et le vert ainsi qu'une orthochromatique pour le bleu) chargées en même temps dans la caméra). Le prix de la caméra et sa triple consommation de métrage, bien qu’en noir et blanc, limita son utilisation de 1935 à 1953 en tant que matériel de prise de vues. Le tirage des copies Technicolor — qu’on pourrait qualifier « d’imprimerie » — restera en usage beaucoup plus longtemps[1].

Trois associés américains, tous trois ingénieurs, créent en 1915 la société Technicolor Motion Picture Corporation : Herbert Kalmus, Daniel Frost Comstock et W. Burton Westcott. Ils centrent d’abord leurs recherches sur un brevet Comstock et Westcott, qui est presque une contrefaçon du procédé bi-chrome Kinémacolor, inventé par le Britannique George Albert Smith (c’est à lui que l’on doit les premiers gros plans du cinéma et le premier montage[2]) et l’Américain Charles Urban. De cette étude ne sort qu’un court-métrage en 1917 : The Gulf Between, dont il ne reste que des fragments. Ce procédé bi-chrome est basé sur une double impression de photogrammes noir et blanc pris en même temps grâce à un prisme qui divise l’image filmée en deux flux : l’un d’eux passe au travers d'un filtre rouge et impressionne les composantes bleues et vertes de l'image. Le deuxième flux passe au travers d'un filtre bleu et impressionne les composantes rouges de l'image. Les deux images sont disposées l'une au-dessus de l'autre sur un film 35 mm qui défile à deux fois la cadence normale de l’époque du muet, soit 32 images par seconde mais prend à chaque fois deux photogrammes. Il est tiré un positif dans lequel les images alternent : une image du premier flux (l’image du second flux correspondante est supprimée), une image du second flux (l’image du premier flux correspondante est supprimée), etc. Une image sur deux étant « oubliée », la cadence est ainsi diminuée de moitié et rejoint la normale (16 images par seconde). Le « tri » chromatique est effectué à la projection, par l’alternance de filtres adéquats disposés entre les pales de l’obturateur de l’appareil de projection (rouge, vert, rouge, vert, etc) spécialement construit pour cela. Cependant, la qualité laisse à désirer. Herbert Kalmus présente alors un nouveau procédé début 1920, qui relève de la synthèse soustractive : on colle dos à dos deux positifs qu’on a préalablement virés en couleur (rouge et vert). Ce procédé présente lui aussi des imperfections, mais est utilisé par plusieurs longs-métrages : The Toll of the Sea (1922), Wanderer of the Wasteland (1923) et surtout Le Pirate noir (1926), avec Douglas Fairbanks, qui est un énorme succès. L’inconvénient majeur du procédé est sa fragilité, les deux couches de pellicule collées ayant tendance à gondoler et à évoluer chimiquement. Ainsi, Le Vagabond du désert s’est autodétruit au fil du temps. Enfin, après une autre version du Technicolor, qui ne rencontre pas la faveur du public, le procédé définitif trichrome est mis au point.



