Canon de 21 cm SK « Peter Adalbert »

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Le canon de 21 cm SK « Peter Adalbert » (SK pour Schnelladekanone, « canon à chargement rapide ») était un canon ferroviaire allemand utilisé pendant la Première Guerre mondiale. Il a servi sur le front de l'Ouest et à Gallipoli entre 1916 et 1918. Onze exemplaires furent construits, utilisant deux types différents de canons navals de surplus partageant le même affût. Seuls quatre exemplaires sont connus pour avoir survécu à la destruction après la fin de la guerre.

Faits en bref Caractéristiques de service, Type ...
Canon de 21 cm SK L/40 et SK L/45 « Peter Adalbert »
Image illustrative de l'article Canon de 21 cm SK « Peter Adalbert »
Caractéristiques de service
Type Artillerie lourde sur voie ferrée
Service 1916-1918
Utilisateurs Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Conflits Première Guerre mondiale
Production
Année de conception 1915-1916
Constructeur Krupp
Production 1916-1917
Exemplaires produits 11
Variantes Canon de 21 cm SK L/40
Canon de 21 cm SK L/45
Caractéristiques générales
Poids du canon et de l'affût 110,44 tonnes (SK L/40 en Bettungsschiessgerüst)
104,66 tonnes (SK L/45 en Bettungsschiessgerüst)
Longueur du canon seul environ 8,4 mètres (SK L/40)
environ 9,45 mètres (SK L/45)
Longueur du canon et de l'affût 15,85 mètres (E. u. B.)
Calibre 209,3 millimètres
Vitesse initiale 770 à 790 m/s
Portée maximale 25580 à 26400 mètres
Azimut +0° à 45°
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Conception

La perte du croiseur cuirassé SMS Blücher (1908) lors de la bataille du Dogger Bank en janvier 1915 rendit inutiles ses quatre canons de 21 cm SK L/45 C/06 de réserve, aucun autre navire ne les utilisant. Une commande fut passée en mai 1915 auprès de Krupp pour concevoir une Bettungsschiessgerüst (plateforme de tir) pouvant utiliser les canons en surplus. C’étaient des affûts transportables pouvant être installés n’importe où, après plusieurs semaines de travail pour préparer la position. Ils tournaient sur un pivot situé à l’avant de l’affût. L’arrière était soutenu par des rouleaux reposant sur un rail semi-circulaire. Ils étaient généralement équipés d’un bouclier[1]. Un changement visible apporté pour le service terrestre fut la mise en place d’un petit contrepoids juste devant les tourillons pour compenser la prépondérance du poids vers la culasse. Celui-ci, bien que lourd, était plus simple que d’ajouter des équilibreurs pour remplir la même fonction.

Gros plan du pivot sous un affût « Peter Adalbert » E. u. B.

La perte précoce de trois croiseurs cuirassés des classes Prinz Adalbert et Roon à cause des mines et des sous-marins permit également de mettre à disposition leurs canons de réserve. Ils utilisaient l’ancien canon de 21 cm SK L/40 C/01, aux performances moindres, mais il pouvait être adapté pour utiliser le même affût que les canons plus récents, malgré son poids et un tube plus court. Les canons du SMS Roon devinrent également disponibles lorsqu’il fut désarmé en 1916[1]. Des numéros de série pour quatre canons 21 cm SK L/45 C/06 et sept canons 21 cm SK L/40 C/01 ont été identifiés[2].

Les Allemands étaient mécontents du long délai nécessaire à la construction du Bettungsschiessgerüst. en 1918, ils décidèrent de transférer les canons à l'Eisenbahn und Bettungsschiessgerüst (E. u. B.) (supports ferroviaires et plateformes de tir) utilisés avec succès par d’autres canons ferroviaires allemands. Seuls cinq canons avaient été transférés aux nouveaux affûts avant la fin de la guerre[1].

L’E. u.B. pouvait tirer depuis n’importe quelle section appropriée de la voie ferrée après que des coins courbes aient été boulonnés à la voie derrière chaque roue pour absorber tout recul résiduel après le recul du berceau du canon. Il y avait aussi un pivot intégré sous l’avant du support. Deux grands rouleaux étaient fixés sous la monture arrière. Sept wagons pouvaient transporter une plateforme de tir métallique portable (Bettungslafette) dotée d’un support pivot central et d’un rail extérieur. Il était assemblé à l’aide d’une tour de train ou d’une grue, ce qui prenait entre trois et cinq jours, et des rails de chemin de fer étaient posés légèrement au-delà de la plateforme de tir pour accueillir les bogies avant du canon. Le canon était déplacé sur la plateforme de tir puis abaissé en position après le retrait de la section centrale du rail. Après que le pivot du canon ait été boulonné au support pivotant de la plateforme de tir, tout le chariot était soulevé afin que les bogies et leurs sections de rail puissent être retirées. Le chariot était ensuite abaissé de sorte que les rouleaux arrière reposent sur la voie extérieure. Des versions en béton ont également été utilisées. Il pouvait avoir jusqu’à 360° de rotation. L’E. u. B. conservait 2° 15' de rotation intégrée pour des réglages fins de visée[3].

Le système de culasse et de chargement d’un « Peter Adalbert ».

Les munitions sur l’E. U.B. étaient transportées au moyen d’un plateau à obus muni de deux anses pour deux hommes, un joug au-dessus avec un œil et des roues permettant de déplacer les obus à la main, roulés ou transportés par le treuil de chariot qui longe la rambarde aérienne. Un rail extensible pouvait être soulevé et renforcé pour atteindre les obus placés au sol dans un wagon de munitions derrière le support. Le plateau à obus pouvait être accroché à la culasse pour maintenir la poudre et l’obus en place pendant qu’ils étaient enfoncés manuellement[4]. Le canon devait être chargé à zéro élévation et devait donc être re-orienté après chaque tir. Le « Peter Adalbert » tirait plusieurs obus différents avec des poids compris entre 113,5 et 115 kilogrammes. Il utilisait le système naval allemand de munitions, où la charge de base était placée dans un étui métallique, et complétée par une autre charge dans un sac de soie qui était enfoncé en premier[2].

Historique des combats

Le baptême du feu du Peter Adalbert eut lieu le 21 février 1916 lors de la bataille de Verdun, lorsqu’un SK L/45 à Bettungsschiessgerüst ouvrit le feu au début de la bataille. Un SK L/40 à Bettungsschiessgerüst fut envoyé renforcer les défenses de Gallipoli en 1917 et y resta jusqu’à la fin de la guerre sous le commandement du Kommando FR 17. Deux canons SK L/45 et cinq canons SK L/40, tous montés en affûts Bettungsschiessgerüst, furent produits en 1916[1]. Ils étaient organisés en batteries, chacune avec un canon. Les désignations connues étaient 408, 428, 684, 717, 746 et 790[5]. Un « Peter Adalbert » sur Bettungsschiessgerüst a participé à la bataille de la Somme en octobre 1916. Deux « Peter Adalbert » en Bettungsschiessgerüst participèrent à la bataille de Passchendaele en juillet 1917 et deux furent stationnés en face de Verdun en août 1917. Sept canons « Peter Adalbert » soutinrent les offensives de printemps allemandes de 1918, bien que leurs types d’affûts ne soient pas mentionnés. L’un d’eux bombarda les Français lors de la seconde bataille de la Marne[6]. Un SK L/45 en affût E. u.B. fut capturé par les Américains en novembre 1918 et les Français capturèrent un SK L/40 à Bettungsschiessgerüst ce même mois[1]. Seuls deux canons furent détruits après l’Armistice. Quatre autres ont échappé à la destruction par la Commission militaire interalliée de contrôle car ils étaient affectés à la Batterie Plantagen pour des missions de défense côtière à Swinemünde[7].

Notes et références

Bibliographie

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