Cantou
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Le cantou est une cheminée plus ou moins monumentale utilisée dans le sud-ouest de la France. Du Moyen Âge au XXe siècle, cette cheminée constitue l’élément central de la maison paysanne et le centre de la vie de la famille.
En occitan, les termes cantóu ou contóu désignent un coin, un recoin, un morceau, un lopin et par extension, « le coin du feu » (contóu del fioc) mais aussi le « cœur de la famille » et le « chez-soi ».
Préparation des repas
Dans la maison paysanne, le cantou[1] est l’unique élément de chauffage et le principal élément d’éclairage. Il sert aussi à la préparation des repas, au fumage des aliments et même à la lessive. Ce coin du feu peut parfois avoir la taille d’une véritable petite pièce.


Parfois, une potence pivotante soutient une chaine munie d’un crochet auquel est suspendu un chaudron, une marmite. Jambons, saucisses et saucissons sèchent, suspendus très haut dans un coin du manteau. Divers ustensiles de cuisine sont présents : louche, hachoir, poêle, poêle percée pour la cuisson des châtaignes, etc.
Le cantou est parfois muni d'un four fermé par une porte métallique. Cette porte doit être ouverte pendant la chauffe par un feu de bois intense. Quand la température est atteinte (on l'évalue en jetant une poignée de farine dans le four), on vide la braise, on enfourne le pain, les fouaces, les flaunes, etc., et on ferme la porte.
Éclairage
Une plaque de fer ouvragée dans les demeures bourgeoises ou une simple pierre plate (lauze) dans les maisons paysannes irradie la chaleur du foyer. Une niche dans la maçonnerie accueille souvent un bougeoir ou une lampe à huile ou à pétrole.
Lessive et repassage
Les jours de lessive, la lessiveuse est posée sur un trépied placé directement dans l’âtre. La cendre tamisée, utilisée comme détergent, est placée dans un sac de toile qu’on fait infuser dans l’eau bouillante de la lessiveuse. L’eau obtenue est utilisée pour laver le linge. Les fers à repasser sont aussi conservés à proximité et chauffés dans le foyer.
Rangement
Au-dessus du cantou, une étagère supporte divers objets, profanes ou sacrés. Des objets religieux sont ainsi placés au centre de la vie familiale : fiole d'eau bénite, statuette de la Vierge, crucifix, etc. D’autres objets profitent simplement de la source de chaleur (savons ou fromages qui sèchent). D'autres sont placés là pour être gardés au sec : fusils, tisane. D’autres encore servent à la préparation des repas (épices, sucre ou farine).
Entretien du feu
Un tisonnier, un soufflet ou un bouffadou servent à entretenir le feu. Un balai en genêts permet de nettoyer les cendres. Une réserve de buches est disponible. Une niche dans la maçonnerie sert à conserver une réserve de cendres. Les cendres sont utilisées comme détergent, pour nettoyer les cuivres ou pour fertiliser le jardin.
L'archabanc
Archabanc, archebanc, archibanc, etc., sont des francisations orthographiques absentes des dictionnaires français de termes rouergat et auvergnat comme archibánc, orchibánc, archibónc, boncál, bónco, bonquéto. Ces termes désignent tous un coffre-banc à une ou deux places. On conserve le sel dans cet endroit bien sec et il sert de siège pour l'aïeul. Il arrive qu'une partie du dossier se rabatte pour former une tablette sur laquelle il peut prendre un repas. Le terme cantóu, par extension, ou « chaise de cantou », peut parfois désigner ce « banc d'honneur ».
