Capitale de la douleur
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| Capitale de la douleur | |
| Auteur | Paul Éluard |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Poésie |
| Éditeur | Gallimard |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1926 |
| Nombre de pages | 152 |
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Capitale de la douleur est un recueil de poèmes du poète surréaliste français Paul Éluard, paru pour la première fois en [1].
Il se classe à la 60e place de la liste des 100 meilleurs livres du XXe siècle établie par la Fnac et Le Monde[2].
Titre et composition
Son titre était à l'origine L'Art d'être malheureux[3]. C'est lors de la correction des épreuves qu'Éluard trouve le titre de Capitale de la douleur, où se superposent de riches ambiguïtés : on pense au sens géographique, mais aussi à la peine capitale, et à un témoignage capital sur la douleur ainsi qu'à la capitale où convergent les malheureux. Éluard dit sa douleur en lettres capitales. Il entend, grâce à l'utilisation du « Je universel » faire en sorte que chacun puisse se reconnaître en lisant ces poèmes.[réf. nécessaire]
Jean-Charles Gâteau parle d’« autobiographie poétique » concernant la rédaction de ce recueil.[réf. nécessaire] Paul Éluard vit alors avec Gala et Max Ernst. Gala pose pour Max Ernst, sous les yeux d'un Éluard malheureux (dans le poème liminaire « Max Ernst », le dernier vers est : « La première montre ses seins. ») qui a des yeux trop pleins d'amour « pour dépeupler un monde dont [il est] absent » (dernier vers du poème Giorgio De Chirico).
Le recueil comprend quatre sections :
- Répétitions (pp. 7-46 de l'édition originale) : Il s'agit de la reprise intégrale des trente-cinq poèmes[4] du recueil homonyme paru en 1922[5], réalisé en pleine période dada en collaboration avec Max Ernst. Capitale de la douleur - édition sans illustration - ne reprend pas les dessins de 1922. A en croire les indications données par Éluard dans une lettre à Jacques Doucet[6], les plus anciens poèmes datent de 1914.
- Mourir de ne pas mourir (pp. 47-76) : là aussi il s'agit de la reprise d'un recueil précédent, celui de même nom publié en 1924, à l'exclusion des poèmes de la section intitulée Les petits justes (isolés dans la section suivante). Le titre est emprunté à un vers que muero porque no muero de la glose du cantique Vivo sin vivir en mí de Thérèse d'Avila . Eluard exprime l'amour profane sous les mêmes termes que l'amour mystique de la Sainte d'Avila - le poète souffre tellement qu'il se meurt de ne pas mourir de la douleur ressentie...
- Les Petits justes (pp. 77-90) : cette courte section (onze poèmes) reprend les 6 poèmes publiés dans Mourir de ne pas mourir (1924) (désormais numérotés I-V, XI) augmentés de 5 nouveaux poèmes (VI-X). Éluard expérimente ici diverses formes poétiques.
- Nouveaux poèmes (pp. 91-145). Avant d'écrire cette dernière section, Éluard fait une fugue de plusieurs mois (mars-[7]). Il parcourt le monde, ne souhaitant plus rester avec le couple Gala - Max Ernst. Le groupe surréaliste le prend alors pour le nouvel Arthur Rimbaud. Gala le convainc de revenir et laisse Max Ernst. Pour Éluard, elle est « celle de toujours, toute », sa muse. Éluard évoque autant Gala qu'une idée de la pureté de la poésie : « Tu es pure, tu es aussi pure que moi-même ». André Breton écrit dans son Manifeste du surréalisme : « le haut et le bas ne sont plus perçus contradictoirement », c'est ce que l'on peut constater en analysant de près le célèbre poème « La Courbe de tes yeux ». Cette section comporte également quelques reprises de recueils précédents : cinq poèmes du recueil Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves (1921)[8] et quatre du recueil Au défaut du silence (1925)[9].